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Dimanche 7 septembre 2014 : découverte de Florence

mercredi 24 septembre 2014, par Yvette Prigent

Dimanche 7 septembre 2014

Ce matin nous prenons la route de Florence. Dans le car notre guide Francesca nous parle un peu de son pays, de ses superstitions comme le chiffre XVII, équivalent de notre 13 mais qui pour eux est l’anagramme de VIXI (j’ai vécu, donc je suis mort). Elle nous parle aussi des cornetto, ce geste que l’on fait en fermant le poing et en dressant l’index et l’auriculaire. Pour conjurer le sort on fait le geste en dirigeant les deux doigts vers le sol. Les doigts dirigés vers le haut ont une toute autre signification …

Francesca nous parle aussi de la civilisation étrusque, apparue vers le 8° siècle AV JC dans la région de Toscane, C’est la plus importante civilisation en Italie, avant celle de Rome. La langue n’a pas encore été complètement élucidée. L’alphabet étrusque est dérivé de l’alphabet grec et il est à l’origine de l’alphabet latin.
On ne sait rien de certain sur les origines de ce peuple, mais l’hypothèse la plus vraisemblable serait qu’ils viennent d’Asie Mineure. Attirés en Toscane par les gisements métallifères, ils s’y installent, fabriquent des outils pour l’agriculture, cultivent la vigne (qu’ils savent greffer), l’olivier et font du commerce, en particulier avec Massalia (Marseille).
Vaincus par les Romains au 4° siècle AV JC, ils continuèrent à exercer leur influence dans la construction des villes et dans l’art.
Dans cette société la femme tient une place éminente : elle participe aux banquets, assiste aux spectacles, et dans les classes supérieures, elle donne son nom aux enfants.

En arrivant à Florence nous rencontrons Marina qui sera notre guide locale pour la découverte de cette ville. Un petit circuit en car nous mène à la place Michel-Ange d’où nous avons une vue d’ensemble de la ville.

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Avec plus de détail elle nous présente les bâtiments que nous verrons plus tard.

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Le Dôme avec le baptistère et la tour Giotto

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La bibliothèque

La tour du Palazzo Vecchio

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La maison Napoléon et …

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…bien sûr le Ponte Vecchio

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Sur cette place, une copie du David de Michel Ange dont l’original est dans un musée de Florence : la galerie de l’Académie.

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Après cette vue panoramique de la ville, notre car nous dépose le long de l’Arno, ce fleuve qui traverse Florence et Marina commence avec nous la visite.
Premier arrêt à la bibliothèque nationale, située sur les quais de l’Arno. Marina en profite pour nous parler des inondations de 1966 où la ville de Florence s’est retrouvée sous les eaux.

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Des pluies diluviennes sont tombées et le 4 novembre l’Arno sort de son lit et un torrent d’eau et de boue balaie tout sur son passage. Sur le parvis de la bibliothèque un panneau indique le niveau de la montée des eaux, faisant beaucoup de dégâts au rez de chaussée du bâtiment, endommageant plusieurs milliers de livres.
Après la bibliothèque, direction la place de Santa Croce et son église
Sur la place, l’église

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et la plus vieille maison.

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Puis direction la place de la Seigneurie avec son Palazzo Vecchio, son musée Gucchi, sa statue équestre de Cosmes 1er de Médicis, la fontaine de Neptune, la loggia des Lanzi avec ses statues, une copie du David de Michel-Ange,

Le palazzo vecchio a été conçu comme un palais forteresse. C’est un grand bloc carré, couronné de créneaux, caractérisé par sa tour. Cette tour construite en 1310 est haute de 94 m. Sur sa façade, sous les arcatures de la galerie, on remarque les armoiries de la ville
L’horloge a un mécanisme qui date de 1667.
Certaines salles sont louées pour des manifestations

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Au début du XVI° siècle fut placé au dessus du portail d’entrée l’emblème représentant le monogramme du Christ entre deux lions avec une inscription inspirée de Savonarole « Roi des rois et Seigneur des puissants »

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La statue équestre de Cosmes 1er

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La Fontaine de Neptune

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Le David de Michel-Ange (copie)

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Sur la même place la loggia dei Lanzi. Elle fut construite en 1380 dans le but d’abriter les hauts personnages en visite dans la ville. Lorsque qu’elle n’eut plus cette fonction, elle abrita des ateliers d’artistes auxquels on commandait des œuvres colossales à la gloire de la dynastie des Médicis.

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Ce n’est que plus tard qu’y trouvèrent place des statues comme le Persée de Benvenuto Cellini

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et l’enlèvement des Sabines de Jean Bologne.

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Après cette visite de la place, direction le Ponte Vecchio.

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Actuellement il y a dix ponts à Florence, mais le Ponte Vecchio est le plus ancien de la ville parce qu’il se trouve à l’endroit même où avaient été construits les trois ponts qui l’ont précédé : le pont romain emporté par une crue de l’Arno en 1117, le pont construit en pierre mais à nouveau détruit en 1333. Le pont que nous voyons aujourd’hui a été édifié en 1345 et présente une structure solide, à trois arches. Sa caractéristique est la présence de maisonnettes sur ses deux côtés dans lesquelles au départ on faisait commerce de boucherie. Mais au XVI° siècle, en raison des nuisances que pouvaient entrainer ce type d’activité, Ferdinand 1er de Médicis réserva l’emplacement aux orfèvres.

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Au milieu du pont il y a un espace ouvert d’où l’on peut admirer le fleuve et les autres ponts.
Au centre on peut voir aussi un buste en bronze du sculpteur Raffaele Romanelli, représentant Benvenuto Cellini, celui qui sculpta le Persée de la Loggia dei Lanzi et fut à son époque du XVI° siècle, un grand orfèvre. Cette statue symbolise les nouveaux hôtes du pont.

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Ce matin nous avons eu un aperçu du Ponte Vecchio, mais nous le verrons plus en détail par la suite et en particulier les vues extérieures.

Direction maintenant l’église de Santa Maria Novella.

Dans la moitié du XIII° siècle, la Florence médiévale reçut une impulsion religieuse grâce à l’essor des ordres mendiants qui s’installèrent dans la ville. En 1246 deux moines dominicains Sisto et Ristoro entreprirent des travaux d’agrandissement du petit oratoire existant. En 1279 les nefs étaient achevées et le clocher et la sacristie étaient opérationnels en 1360.

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La façade, commencée vers le milieu du XIV° siècle, fut achevée en 1470 par Léon Battista Alberti qui sut harmoniser l’édifice existant, romano-gothique, avec l’architecture de la Renaissance.

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Après cette visite matinale, déjeuner dans le quartier de Santa Maria Novella.

L’après-midi est libre.
Nous choisissons d’aller visiter les chapelles Médicis situées dans ce même quartier.
Ces chapelles sont le mausolée de la famille de Médicis dont le nom reste indissociable de l’histoire de la ville.

Après avoir franchi un portail de détection comme dans les aéroports, nous visitons la chapelle dite des Princes et la nouvelle sacristie de Michel-Ange.
Cet ensemble architectural est accolé à l’église San Lorenzo et n’est pas un musée comme les autres. Aucun architecte n’a été mandaté pour le concevoir. C’est une fraction de la basilique San Lorenzo qui a acquis depuis peu le statut de musée national.
Au début du XV° siècle, la famille Médicis qui habitait ce quartier décida d’agrandir un édifice sacré qui se situait à cet emplacement. Par la suite, pour répondre aux besoins de leur position, les grands-ducs s’installèrent au Palazzo Vecchio et au Palais Pitti, mais pendant 300 ans, San Lorenzo resta leur paroisse, leur basilique et leur mausolée, ce qui explique son destin historique.
La chapelle des Princes, qui fait partie du musée, était la chapelle funéraire destinée à accueillir les dépouilles mortelles des grands-ducs régnants. Elle a la forme d’un octogone. Son dôme est décoré de fresques représentant des scènes bibliques

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Les fenêtres du dôme en font un édifice très lumineux.

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Dans cette chapelle on trouve les six sarcophages des grands-ducs Cosme III, François 1er, Cosme 1er, Ferdinand 1er Cosme II et Ferdinand II.

Ces six tombes furent réalisées pour accueillir leurs dépouilles, mais ils sont en réalité ensevelis dans la crypte de la chapelle.

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Dans l’ancienne sacristie on peut voir des cadeaux du pape Léon X, tels que sa mitre
et sa crosse qui porte l’image de saint Laurent,

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son étendard de procession en soie et or.

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Visite ensuite de la Nouvelle Sacristie.
La famille Médicis a donné naissance à deux papes : Léon X et Clément VII.
La nouvelle sacristie naquit de la volonté du pape Léon X qui voulait rendre hommage à ses parents avec des ornements funèbres. Tout d’abord à son père, Laurent le Magnifique, puis à son oncle Julien, ainsi qu’à son frère Julien et à son neveu Laurent.
L’engagement fut concrètement réalisé par l’autre pape Médicis : Clément VII qui chargea Michel-Ange de la décoration de cette chapelle.
Le travail de Buonarroti architecte et sculpteur dura quatorze ans.
Sur l’un des murs de la sacristie est adossé le groupe de la Vierge avec les saints Côme et Damien. La Madone à l’enfant est une œuvre de Michel-Ange. Les deux saints ont été sculptés par deux élèves du maître.
Aux pieds de la Vierge reposent les dépouilles mortelles de Laurent le Magnifique et de Julien de Médicis.

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Le monument qui devait célébrer leurs mémoires, projeté par Michel-Ange, ne fut jamais réalisé.

Ceux dont les tombes sont en lumière en ce lieu ne sont donc pas ceux dont parlent les livres d’histoire, mais deux personnages mineurs, deux cadets de la maison Médicis : Julien, duc de Nemours et Laurent, duc d’Urbin.
Julien était le troisième fils de Laurent Le Magnifique et le frère du pape Léon X.

Les deux tombeaux sont placés en vis-à-vis.
Julien, duc de Nemours est armé d’une cuirasse. Il a l’air prêt à l’action.
Aux pieds du capitaine, allongées sur les volutes du sarcophage, sont représentées deux figures qui personnifient le jour (à droite) et la nuit (à gauche).
La nuit est représentée sous les traits d’une jeune femme endormie.
Le jour est une figure masculine

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Laurent est le symbole de la réflexion et de la méditation..
A ses pieds deux autres figures, le crépuscule à gauche et l’aurore à droite.
L’aurore est une figure de femme qui semble émerger du sommeil, alors que le crépuscule est un homme se reposant

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Dans la nouvelle sacristie à voir aussi un autel pour les célébrations eucharistiques. Les deux candélabres en marbre sculptés placés aux extrémités de la table ont été projetés par Michel-Ange, mais ce n’est pas lui qui les a réalisés.

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Après cette visite, direction l’église San Lorenzo

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La façade dépouillée est à l’état brut. Elle est traversée par des lignes horizontales de pierres en relief, destinées recevoir les parements en marbre qui ne seront jamais exécutés.
C’est Michel-Ange qui en avait fait le projet, mais il ne put le réaliser.

Direction l’Arno pour rejoindre le palais Pitti. Cette fois nous traversons le fleuve en empruntant le pont Santa Trinita qui nous offre une belle vue sur le Ponte Vecchio et les rives du fleuve.

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En 1457 Brunelleschi fit les plans de ce palais pour Luca Pitti sur les flans de la colline Boboli.

A l’origine ce palais à trois étages surmontés d’une galerie correspondait en largeur à l’espace occupé par les sept fenêtres centrales de la construction actuelle.
Resté inachevé par manque d’argent, il fut acheté par Eléonore de Tolède, épouse de Cosme 1er de Médicis, qui voulait en faire la demeure des grands-ducs, en remplacement du Palazzo Vecchio.

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D’autres transformations furent apportées cent ans plus tard où deux ailes latérales furent ajoutées.
En 1919 le roi Victor Emmanuel III fit don du palais à l’état italien. Celui-ci aménagea les collections de manière à constituer quatre musées dont la Galerie Palatine, la galerie d’art moderne que nous allons visiter.

La galerie palatine.

Dans la première moitié du XVII° siècle, Cosme II de Médicis et son fils Ferdinand II créèrent cette galerie, demandant à Pierre de Cortone la décoration des salons, murs et plafonds. Par la suite les collections furent enrichies par les différents grands-ducs qui achetèrent ou reçurent en héritage de nombreuses œuvres.
On peut y voir des peintures de Titien, Raphaël, Filippo Lippi.

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Autres peintures : l’Amour endormi du Caravage

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ou les quatre philosophes de Rubens.

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Au deuxième étage du palais Pitti, la galerie d’art moderne avec des œuvres allant de la fin du XVIII° siècle à 1914, avec la salle des grands tableaux de l’histoire.

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La statue de Victor Hugo

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et en passant près d’une fenêtre, la perspective sur les jardins Boboli

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et la grotte de Buontalenti qui renferme des copies de statues de Michel-Ange

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Après la visite, retour au point de rendez-vous : la place de la Seigneurie près de la copie du David de Michel-Ange, à l’entrée du Palazzo Vecchio. En cette fin de journée la statue est prise d’assaut par une troupe de cinéastes et de photographes qui attendent l’entrée d’artistes qui participent à un gala de bienfaisance pour la fondation d’Andréa Bocelli qui recueille des fonds pour la maladie de Parkinson.

Ces vedettes allaient diner dans la plus grande des salles du Palazzo Vecchio, la salle des Cinq Cents où siégeait autrefois le conseil de la cité. Cette pièce monumentale est décorée de peintures et de statues.

Dans l’œil de mon objectif j’ai réussi à prendre une photo d’Andréa Bocelli au moment où il entrait dans le palais, sous les cris de ses admirateurs.

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Après ce petit intermède, et sous l’œil amusé des carabinieri à cheval ce soir-là,

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rassemblement autour de Francesca, sous la bannière bretonne pour un retour à l’hôtel.

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Demain nous revenons dans la région de Florence pour découvrir le site de Fiesole et l’après-midi sera consacrée à la visite de deux véritables joyaux d’architecture : la cathédrale Santa Maria del Fiore et son baptistère.