ARECMO

Accueil > 90.archives des voyages > Pélerinage en Terre Sainte > Vendredi 7 novembre 2014 : Jérusalem

Vendredi 7 novembre 2014 : Jérusalem

lundi 15 décembre 2014, par Yvette Prigent

Vendredi 7 novembre 2014

Dès 7h30 nous quittons Bethléem pour nous rendre à Jérusalem. Notre matinée sera consacrée à la visite de l’église grecque melkite catholique dans la vieille ville de Jérusalem, où nous serons reçus par l’archevêque. Nous irons ensuite au Saint Sépulcre.

La vieille ville de Jérusalem est entourée de remparts qui ont été construits entre 1535 et 1538 par le sultan Soliman Le Magnifique.

JPEG - 111.3 ko

La circulation des bus y est interdite. Notre chauffeur nous dépose près de la porte de Jaffa qui est l’une des entrées principales. Mais ce matin elle est fermée en raison des événements. Nous pénétrons dans la ville ancienne par une ouverture pratiquée dans les remparts au niveau de la tour de David.

JPEG - 179.3 ko

Non loin de là nous sommes accueillis dans l’église grecque melkite catholique.

JPEG - 211.8 ko

Elle se trouve dans le quartier chrétien de la vieille ville de Jérusalem. Le pape Jean Paul II y est venu lors de sa visite en Terre Sainte en mars 2000.

JPEG - 209.9 ko

En attendant l’arrivée de Monseigneur Joseph Jules Zerey, le père Maurice Roger nous fait admirer la belle décoration de cette petite église dont il faut connaitre l’adresse pour la visiter.

JPEG - 206.3 ko

Au cours de l’entrevue, il nous raconte un peu son parcours. Il est né en 1941, à Alexandrie en Egypte, d’un père d’origine libanaise et d’une mère née sur l’île de Santorin en Grèce. On lui a donné le prénom de Jules, parce que son père s’appelait César … ! Il appartient à une famille de 10 enfants. Il a été élève des frères de Saint Jean Baptiste de la Salle et ensuite a étudié au séminaire des pères blancs de Sainte Anne à Jérusalem, de 1960 à 1967.

JPEG - 124.2 ko

Il est ordonné prêtre en Egypte en 1967 et exerce son ministère dans ce pays.
Ordonné évêque en 2001, il est, depuis 2008, Vicaire Patriarcal Général à Jérusalem.
Il nous parle ensuite de son église et du schisme de 1054 qui aboutit à la séparation des deux églises latine et byzantine.
Les Melkites sont des Chrétiens de rite byzantin ayant rejoint l’église catholique en 1724.
Cette église compte environ 2 millions de fidèles dans le monde. On les trouve essentiellement en Syrie, au Liban et en Jordanie. Il y a aussi une forte émigration au Canada et en Amérique latine, au Brésil.
Avec beaucoup d’humour il nous passe en revue les vices et les vertus auxquels nous sommes constamment confrontés … !

JPEG - 148.1 ko

En Terre Sainte l’église melkite est divisée en deux diocèses, un grand diocèse en Galilée et un petit à Jérusalem. Joseph Jules Zerey nous parle aussi des difficultés rencontrées par ces communautés à cause du mur de séparation.

Il nous commente avec beaucoup de fierté les peintures et icônes qui décorent son église.

JPEG - 197 ko
JPEG - 220.7 ko

Enfin, avant notre départ, il nous ouvre la porte centrale de l’iconostase et nous laisse entrevoir et photographier le saint des saints de son église, endroit où ne pénètre que le célébrant et qui peut rester fermé pendant les célébrations.

JPEG - 241.2 ko

Et c’est dans la bonne humeur que nous quittons ce prêtre.

JPEG - 194.9 ko
JPEG - 196.9 ko

Après cette visite nous empruntons les petites rues du souk qui mènent vers le Saint Sépulcre.

JPEG - 215.6 ko
JPEG - 168.4 ko

Au détour de l’une d’elles, nous arrivons sur la place par laquelle on accède au lieu Saint.

JPEG - 210.5 ko

C’est un monument très complexe, à la mesure de son histoire et de son fonctionnement. En effet trois confessions en sont les gardiennes : les Grecs orthodoxes, les Latins (franciscains), et les Arméniens. Elles se répartissent les horaires diurnes et nocturnes pour leurs services religieux respectifs.
D’autres confessions se sont vues attribuer des secteurs plus restreints de l’édifice : les coptes (chrétiens d’Egypte), les chrétiens syriens et les éthiopiens.

Les lieux du calvaire et du tombeau ont été relatés par les évangélistes qui permettent de situer les événements à cet endroit.

Sur le calvaire : le lieu s’appelle Golgotha et il est proche de la ville

Jean 19 (16 – 20)

Ils se saisirent donc de Jésus. Portant lui-même sa croix Jésus sortit et gagna le lieu dit du crâne qu’en hébreu on nomme Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent ainsi que deux autres, un de chaque côté et au milieu Jésus. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix : « Jésus le nazaréen, le roi des Juifs ». Cet écriteau, bien des Juifs le lurent car l’endroit où Jésus avait été crucifié était proche de la ville.


Sur le tombeau : il est situé dans un jardin.

Jean 19 (41)

A l’endroit où Jésus avait été crucifié il y avait un jardin et dans ce jardin un tombeau tout neuf où jamais personne n’avait été déposé.


A cette époque on enterrait les morts hors de la ville. Les remparts d’alors laissent le Golgotha à l’extérieur.

A l’époque romaine au 1er siècle une nouvelle enceinte engloba le Golgotha dans la cité et on combla l’endroit pour y construire un forum. Les travaux de remblayage masquèrent les lieux primitifs mais la localisation du Calvaire fut maintenue.

En 325, des fouilles entreprises sous le forum, mirent à jour le tombeau et avec la venue à Jérusalem d’Hélène, la mère de Constantin, commença la construction d’un sanctuaire, avec une grande basilique dont l’entrée était située sur le Cardo Maximus, la grande rue de la ville.

Cet édifice subit des saccages, des incendies, et les croisés en 1130 construisirent le monument que l’on voit actuellement et qui engloba ce qui restait des chapelles existantes.

On accède au Saint Sépulcre par une place qui parait très petite par rapport è l’édifice que nous allons visiter. Au fond de la place, la façade comprend deux portes romanes auxquelles correspondent au premier étage deux fenêtres. La porte de droite est murée depuis la reprise de Jérusalem par Saladin en 1187.

JPEG - 242.7 ko

Depuis le XIII° siècle l’ouverture de cette porte est confiée à deux familles musulmanes, qui tous les jours s’acquittent du même rituel : un membre de l’une des familles apporte la clef et c’est un membre de l’autre famille qui ouvre la porte.
Tous les soirs des représentants des différentes religions se font enfermer volontairement en ce lieu pour garder les parties qui leur ont été attribuées.
Après avoir terminé la façade, les croisés ont érigé un clocher dont la coupole qui abritait les cloches, s’est effondrée en 1545

JPEG - 228.7 ko

En pénétrant dans la basilique on arrive dans une salle contenant en son centre la Pierre de l’onction, évocatrice de l’endroit où le corps du Christ aurait été embaumé en vue de son ensevelissement.

JPEG - 197 ko

Les chandeliers qui l’entourent et les lampes qui y brûlent appartiennent aux communautés latine, grecque et arménienne qui possèdent l’endroit en commun.

JPEG - 218.5 ko

Face à cette Pierre de l’onction, un grand mur,

JPEG - 197.8 ko

décoré d’une belle mosaïque

JPEG - 256.3 ko

nous sépare du catholicon, partie réservée aux grecs et que nous visiterons plus tard.

Nous nous dirigeons ensuite vers la rotonde de l’Anastasie, à l’emplacement de l’église constantinienne qui a été conçue avant tout pour abriter un tombeau.
Au milieu de la rotonde, un édicule en bois dont la construction a été achevée en 1810 et qui marque l’emplacement du tombeau détruit par Hakim.

JPEG - 196.8 ko

On remarque les ouvertures pratiquées dans les parois qui servent le samedi saint aux orthodoxes pour communiquer aux fidèles le « feu sacré » venu du ciel.

JPEG - 212 ko

Nous nous dirigeons vers la chapelle de l’Apparition propriété des franciscains où nous devons ce matin célébrer l’eucharistie. Les lieux sont occupés par un office précédent et nous attendons dans la chapelle de Marie Madeleine

JPEG - 183.2 ko

La chapelle, appartenant aux Latins, est dédiée à la rencontre de Marie-Madeleine avec Jésus.
Sur l’autel se trouve un bronze qui évoque l’épisode.

A notre tour nous entrons dans la chapelle de l’Apparition pour la célébration de l’eucharistie

JPEG - 225.6 ko
JPEG - 183.7 ko

Après l’eucharistie, retour vers la rotonde surmontée de l’une des deux coupoles du Saint Sépulcre.

JPEG - 195.5 ko

Donnant sur la rotonde, une petite salle, très sombre. Il s’agit de la chapelle dite « des Syriens » parce que les syriens orthodoxes y célèbrent la messe le dimanche.

JPEG - 188.2 ko

Au fond une petite ouverture dans le mur mène à un tombeau que l’on attribue à Joseph d’Arimathie.

JPEG - 234.5 ko

Selon la tradition, après avoir offert son tombeau pour y mettre Jésus, Joseph aurait été enterré à cet endroit. La découverte de cette tombe montre bien que ce lieu était une zone funéraire.

Puis direction le catholicon, endroit réservé aux grecs. C’est la nef centrale et l’abside de l’église romane des croisés. Le chœur à été entouré de hauts murs, ce qui réduit l’espace.

JPEG - 207.8 ko
JPEG - 189.9 ko

La coupole qui surmonte cette partie, avec son Christ Pantocrator, est la deuxième de l’édifice.

JPEG - 189.4 ko

Pour les croisés cet endroit était le nouveau centre du monde d’où la présence de l’omphalos, vase de couleur rouge, marqué d’une croix.

JPEG - 185.2 ko

On monte ensuite à la plate-forme du Calvaire par un escalier très raide. Elle repose pour un quart sur le rocher et pour le reste sur des piliers. En haut de l’escalier, l’espace est réparti entre deux chapelles : à droite celle des Latins et à gauche celle des Orthodoxes.

Dans la chapelle latine de la crucifixion, l’autel en bronze argenté avec au-dessus une mosaïque murale de la scène du crucifiement.

JPEG - 213 ko

Au même endroit, au niveau de la voûte, une mosaïque de l’époque médiévale représentant un Christ en gloire.

JPEG - 245.5 ko

Puis la chapelle grecque, avec derrière l’autel une iconostase en bois recouverte par endroits de plaques d’argent, représentant la Vierge et Jean de chaque côté de la croix.

JPEG - 209.9 ko
JPEG - 233.5 ko

Sous l’autel, une cavité où l’on peut toucher le roc du Calvaire.

JPEG - 146.9 ko

Selon la tradition, cette cavité marque l’endroit où était fixée la croix du Christ.

JPEG - 193.4 ko

En redescendant, visite à la chapelle d’Adam où l’on peut voir derrière une vitre le rocher du Golgotha.

JPEG - 190.3 ko

Vision aussi d’un fût de colonne où le Christ se serait tenu assis, tandis qu’on le couvrait d’injures (impropères)

JPEG - 137 ko

Puis on descend par un escalier vers la crypte de Sainte Hélène. Dans la basilique de Constantin, cette chapelle se trouvait sous le martyrium, mais ce n’est que sous les croisés qu’elle reçut sa forme actuelle. Cette chapelle est la propriété des Arméniens.

JPEG - 200.6 ko

En 1950 ils ont fait réapparaître les belles mosaïques du pavement qui représentent des églises d’Arménie avec leurs clochers caractéristiques.

JPEG - 268 ko

Un escalier nous mène ensuite jusqu’à la chapelle de la découverte de la vraie croix où le roc original apparaît à nu. D’après la tradition, c’est à cet endroit qu’Hélène, la mère de l’empereur Constantin, venue en Palestine en 326, aurait découvert la vraie Croix.

JPEG - 219 ko

Après cette visite, nous quittons le Saint Sépulcre, encore étonnés parce tout ce que nous avons découvert dans cet édifice.
Nous déjeunons dans le souk, non loin de là.

JPEG - 207.4 ko
JPEG - 170.4 ko
JPEG - 176.7 ko

Repas terminé, nous traversons le quartier arménien de la vieille ville, en direction de la porte de Sion.

JPEG - 173.3 ko

Cette porte, au sud de la ville mène au mont Sion, promontoire de terre entre la vallée du Cédron et la Géhenne où David avait établi ses quartiers.

JPEG - 214.6 ko

Sur le fronton, des traces de balles, témoins de combats qui ont dû s’y dérouler.

JPEG - 237.9 ko

Non loin de la porte, l’édifice qui accueille le cénacle et l’église de la Dormition de Marie que nous allons visiter.

JPEG - 172.7 ko

Pour les juifs cette montagne est à l’origine de leur appartenance : le sionisme.
Pour les chrétiens on y célèbre le dernier repas du Christ avec ses disciples : la cène.
On y évoque aussi la première apparition du Christ à la pentecôte.
C’est aussi le lieu où aurait habité Marie après la mort de son fils.

Notre visite commence par le cénacle qui est aujourd’hui une salle haute, d’un style gothique, construite au XIV° siècle.

JPEG - 189.6 ko

Au sud, un mihrab, niche indiquant la direction de la Mecque, rappelle que cette salle servit de mosquée, après que les franciscains eurent été chassés de l’endroit par les musulmans.

JPEG - 144.6 ko

En ce lieu on commémore deux événements de la vie de Jésus.

La cène, dernier repas de Jésus avec ses disciples.

1ère épitre de Saint Paul aux corinthiens 11 (23

Moi, voici ce que j’ai reçu du Seigneur, et ce que je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, le jour où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ». Il fit de même avec la coupe après le repas, en disant : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi »


Luc en parle également 22 (19 – 20)

Puis il prit du pain et après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna en disant : « Ceci est mon corps donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi » Et pour la coupe, il fit de même après le repas : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang versé pour vous »

C’est là aussi que selon la tradition, Jésus ressuscité apparut aux apôtres, le jour de la Pentecôte.

Jean 20 (19-23)

Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison dans laquelle se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous » Tout en parlant il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les pêchés, ils leur seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.


Nous visitons ensuite l’église de la Dormition de Marie. C’est une rotonde prolongée par un chœur. Elle a été construite entre 1900 et 1910.

JPEG - 199.1 ko
JPEG - 147.4 ko

Elle rappelle l’endormissement de Marie. Alors que l’église latine vénère l’Assomption de la Vierge Marie, vers le ciel, emportée par les anges, la piété orthodoxe a choisi de la montrer dans sa dormition, sur son lit de mort, entourée par les apôtres.

Dans la crypte un gisant rappelant le trépas de Marie.

JPEG - 212 ko

Dans cette même crypte une icône évoque la vision orthodoxe de la Dormition de Marie : son âme, sous la forme d’un petit enfant emmailloté, est prise dans les bras du Christ, évocation inverse et profondément suggestive de ce qui se passa à la Nativité à Bethléem, où c’est la mère qui porta l’enfant dans ses bras.

JPEG - 151.3 ko

Nous continuons notre route en descendant vers le Cédron.

Avant de visiter l’église de Saint-Pierre-en-Galicante, le père Maurice nous conduit sur un belvédère d’où nous avons une très belle vue sur la vieille ville de Jérusalem, avec ses remparts, les coupoles des deux mosquées : le dôme du Rocher

JPEG - 125 ko

et Al Aqsa.

JPEG - 186.9 ko

Un peu plus loin, le mont des Oliviers que nous découvrirons demain,

JPEG - 159.4 ko

et la vallée du Cédron

JPEG - 233.4 ko

Sur les pentes du mont Sion où nous sommes, l’église Saint-Pierre-en-Gallicante, au milieu de vestiges de la Jérusalem juive et byzantine.

JPEG - 202.3 ko

Sur le site de l’église, une magnifique maquette de la Jérusalem byzantine qui permet de découvrir cette période de la ville sainte.

JPEG - 190.3 ko

L’église, construite en 1930, a la forme d’une croix avec un octogone en son centre. Les murs sont décorés de mosaïques évoquant les scènes du procès de jésus devant Caïphe.
Deux illustrations aussi du reniement de Pierre, relaté dans l’évangile de Luc 22 (54 – 62)

JPEG - 175.1 ko
JPEG - 140.5 ko

Ils se saisirent de lui, l’emmenèrent et le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait à distance. Comme ils avaient allumé un grand feu au milieu de la cour et s’étaient assis ensemble, Pierre s’assit au milieu d’eux. Une servante le voyant assis à la lumière du feu, le fixa du regard et dit : « Celui-là aussi était avec lui » Mais il nia : « Femme dit-il, je ne le connais pas » Peu après un autre dit en le voyant ; « Toi aussi, tu es des leurs » Pierre répondit : « Je n’en suis pas » Environ une heure plus tard un autre insistait : « C’est sûr dit-il, celui-là était avec lui ; et puis il est galiléen » Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et aussitôt, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur se retournant posa son regard sur Pierre et Pierre se rappela la parole du Seigneur qui lui avait dit : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois » Il sortit et pleura amèrement.


La crypte comporte deux grottes curieuses. La première montre une large ouverture d’où le regard plonge sur une seconde grotte en contrebas dont la voûte est percée d’un orifice circulaire assez large pour le passage d’un homme.

JPEG - 158.7 ko
JPEG - 168.9 ko

Cette disposition a amené à interpréter la grotte profonde comme une prison qu’un corps de garde pouvait surveiller de l’étage supérieur grâce au judas. On l’appelle la prison du Christ et il est impressionnant d’y entendre la lecture du psaume 88, que l’on met sur les lèvres du Seigneur enchaîné.

JPEG - 240.4 ko

Tu m’as déposé dans les profondeurs de la fosse, dans les ténèbres, dans les gouffres.
Ta fureur s’est appesantie sur moi ; de chacune de tes vagues tu m’accables.
Tu as éloigné de moi mes intimes, à leurs yeux tu as fait de moi une horreur.
Enfermé je n’ai pas d’issue.
Mes yeux sont épuisés par la misère. Je t’ai appelé tout le jour, Seigneur, les mains ouvertes vers toi.

En sortant de l’église nous voyons des escaliers qui ont été mis à jour, reliant le bas de la colline à la ville haute.

JPEG - 233.6 ko

De Gethsémani, Jésus fut amené chez le grand prêtre qui résidait dans la ville haute. On peut présumer que le cortège avait gravi cette voie.

JPEG - 198.9 ko

En regagnant le car, une dernière vue sur Jérusalem qui s’illumine le soir venu.

JPEG - 149.6 ko

Demain matin nous reviendrons pour descendre le Mont des Oliviers et découvrir tout ce qui nous rappellera les événements qui ont précédés la Passion du Christ.

Ce soir nous allons écouter le père Raed Abu Sahlieh, prêtre catholique et palestinien arabe, ancien curé de Ramallah, président de Caritas Jérusalem qui est le bras social de toutes les églises chrétiennes : Catholiques latins, melkites, maronites, syriens, Orthodoxes grecs, arméniens, coptes, éthiopiens, Anglicans, Luthériens ….

JPEG - 584.1 ko

Son association emploie 62 employés et 250 bénévoles qui viennent en aide aux gens sans ressources, aux drogués, aux étudiants. Ils octroient des microcrédits pour encourager des petits projets, ils forment les jeunes au bénévolat….
Et quand survient la guerre, comme à Gaza en 2008, 2010, 2014, ils organisent l’accueil des réfugiés, des blessés, aident à la reconstruction des maisons, ouvrent des cliniques pour accueillir femmes et enfants.
Par exemple, cette année à Gaza, il y a eu 11 000 blessés, 15 000 maisons détruites et il a fallu nourrir 2000 familles, prévoir 1000 prothèses. Sa voix tremble en évoquant le coût des 5000 tonnes d’explosifs lancés par Israël sur Gaza et des 4564 missiles pa Gaza sur Israël.
Les palestiniens souhaitent la fin de l’occupation du territoire qui leur a été octroyé, la levée du blocus, l’ouverture des frontières côté égyptien, laisser l’aide humanitaire entrer, avoir un port et un aéroport.

JPEG - 182.8 ko

Il termine son intervention en disant qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit et qu’il faut s’asseoir autour d’une table. Pourtant depuis 22 ans la négociation n’a rien donné et sur le territoire de la Palestine il y a 350 colonies et 650 000 colons juifs.
Son rêve : qu’un jour les présidents palestinien et israélien signent un accord de paix, soit pour deux états séparés, soit même pour un seul état démocratique laïc qui pourrait s’appeler CANAAN, du nom de la terre d’Abraham.
En nous quittant, il nous parle de ces petites lampes à huile, en forme de colombes, qu’il rêve de voir allumées dans toutes les églises du monde, alimentées par l’huile venant du pays d’Israël. En souvenir, il distribue à chacun une colombe en bois d’olivier.