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Vendredi 29 mai 2015 : après-midi libre à Saint-Pétersbourg

mardi 30 juin 2015, par Yvette Prigent

Après le déjeuner sur le bateau, nous partons pour une visite libre dans la ville de Saint-Pétersbourg. Notre car nous dépose sur la Place des Arts, non loin de l’Avenue Nevski et c’est cet axe qui traverse une grande partie de la ville que certains d’entre nous décident d’aller explorer. Nous l’avons déjà parcouru en bus lors de notre visite panoramique de la ville, mais cette fois nous allons à pied à la découverte de certains monuments ou de certaines curiosités.

Nous remontons l’avenue jusqu’au Pont Anitchkov. Il porte le nom de l’ingénieur militaire Mikhaïl Anitchkov qui dirigea les travaux du premier pont en bois sur la Fontanka, l’un des bras de la Neva. Il fut ensuite remplacé par le pont actuel et aux quatre coins du pont on peut voir des sculptures représentant les quatre phases du dressage d’un cheval sauvage.

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La petite histoire raconte aussi que le sculpteur Piotr Klodt, pour se venger de l’amant de sa femme, sculpta le portrait de celui-ci à la place du sexe de l’un des chevaux… !

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Au pont nous rebroussons chemin en direction de la Neva.

Une construction dotée d’une énorme verrière, abrite la plus célèbre épicerie fine de la rue. Elle appartint jadis aux riches marchands Elisseïev, propriétaires de nombreux magasins d’alimentation, maisons et auberges.

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Conçu en 1903, l’édifice est très particulier avec son revêtement en granit et ses grandes sculptures représentant le Commerce, l’Art, la Science et l’industrie.
A l’intérieur on y vend des charcuteries, fromages, boissons, confiseries.

En face, sur la place Ostrovski, une grande statue de Catherine II, réalisée en 1873 par Mikhaïl Mikechine, avec en arrière plan le théâtre Alexandra que nous avons vu sous la pluie lors de notre balade nocturne à Saint-Pétersbourg.

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La place a été conçue et réalisée par Carlo Rossi, l’un des architectes les plus brillants de Russie. Ce qui n’était qu’un terrain vague fut transformé par l’architecte en une des places les plus belles de la ville. Appelée jadis place Alexandra, elle porte depuis 1923 le nom du grand dramaturge russe Alexandre Ostrovski.

Légèrement en retrait de la perspective Nevski, l’église Sainte-Catherine. Construite entre 1763 et 1782 par les architectes Vallin de La Mothe et Rinaldi, elle possédait avant la révolution une belle décoration intérieure et une belle bibliothèque. Théophile Gauthier, Honoré de Balzac et Alexandre Dumas vinrent s’y recueillir. On y célébra la messe funéraire pour Auguste de Montferrand, l’architecte de la cathédrale Saint-Isaac.

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Transformée en entrepôt sous le régime soviétique, elle a été rendue à la communauté catholique en 1992.

Du même côté de la rue Nevski, la Maison de la société Singer construite pour la firme des machines à coudre du même nom. A des fins publicitaires, cette compagnie voulait posséder un immeuble de dix étages sur l’artère principale de la ville. La municipalité s’y opposa en vertu de la loi en vigueur à l’époque, qui fixait comme hauteur maximale de tous les édifices, celle du palais d’hiver. La société dut se contenter d’un bâtiment plus modeste, mais contourna l’interdiction en faisant couronner l’édifice d’un dôme surmonté d’un globe de verre.

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Bâti entre 1902 et 1904, cet immeuble abrite sur deux étages la plus grande librairie de la ville.

Lui faisant face, la Cathédrale Notre Dame de Kazan
Elle fut édifiée entre 1801 et 1811 pour abriter l’icône miraculeuse de la ville de Kazan, qui selon la légende assura la victoire des Russes sur les envahisseurs polonais en 1612, ce qui allait permettre au premier Romanov, Mikhaïl Fiodorovitch, d’accéder au trône. Depuis lors, l’icône fut considérée comme la protectrice de la famille. C’est Pierre le Grand qui la fit transférer de Kazan à Saint-Pétersbourg en 1710. Elle fut alors placée dans l’église de la nativité de la Vierge, principale église de la nouvelle capitale, que Paul 1er décida de remplacer par une cathédrale. Sur les conseils du comte Stroganov, celui-là même qui fit construire un palais tout près dans la même rue, Paul 1er confia son édification à des artistes exclusivement russes. Ce fut Andreï Voronikhine qui fut choisi pour diriger les travaux.
Inspirée de Saint-Pierre de Rome, elle est caractérisée par son dôme de 76m de haut et ses 96 colonnes en hémicycle.

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A l’intérieur, on peut observer des colonnes monolithes en granit rose de Finlande.

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Il y a une queue impressionnante de personnes venues en cet après-midi de mai, vénérer l’icône.

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Après la victoire des Russes sur Napoléon en 1812, la cathédrale devint un monument à la gloire de la Russie. On y exposa les étendards des régiments vaincus, les clés des forteresses prises par les Russes, ainsi que le bâton du maréchal Davout, saisi sur le champ de bataille.

Devant la cathédrale deux monuments en bronze. Le premier à la gloire du feld-maréchal Mikhaïl Koutouzov, commandant en chef de l’armée russe pendant la guerre avec Napoléon

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et le deuxième, à la gloire de Barclay de Tolly, autre héros de la guerre de 1812. D’origine française, mais émigré à la révolution, après avoir vu guillotiner une partie de sa famille, il combattit du côté des Russes.

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Avec l’alphabet russe que nous avons reçu, vous pouvez traduire les deux plaques.

En 1932 la cathédrale fut transformée en un musée de l’Athéisme qui exposa de nombreux objets saisis au clergé. Elle fut rendue au culte au début des années 1990.

Légèrement en retrait se dresse l’une des églises non orthodoxes de Saint-Pétersbourg : le Temple luthérien Saint-Pierre. Conçue par l’architecte Alexandre Brioullov, elle fut édifiée entre 1833 et 1838.

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L’église accueillait une importante communauté évangélique jusqu’en 1936. Elle fut alors transformée en entrepôt pour légumes. A partir des années 1950 elle fut réaménagée en piscine pour une société de sport amateur. Gravement endommagée par ces affectations incongrues, elle fut rendue au culte dans les années 1990.

Le palais Stroganov.

A l’angle de la rue Nevski et de la Moïka sur laquelle nous avons navigué, ce palais rose et blanc est un exemple de baroque russe. Il fut construit en 1753-1754 par l’architecte Bartolomeo Rastrelli pour le comte Stroganov, richissime propriétaire des usines et des salines de l’Oural.

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Nous passons ensuite sur le pont vert avec de part et d’autre une perspective sur le canal que nous avons emprunté en bateau.

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En continuant de remonter l’avenue Nevski, nous arrivons, non loin de la Volga, sur la place du palais de l’Ermitage. Nous l’avons déjà découverte rapidement en bus, mais aujourd’hui nous avons le temps de nous y arrêter et d’admirer cet espace.

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La vaste place d’une superficie de 8 ha, avec au milieu la colonne Alexandre et à gauche la façade du palais d’hiver, l’Ermitage, dont nous avons déjà visité une partie du musée.

Dressée au centre de la place du Palais en l’honneur de la victoire remportée en 1812, cette colonne érigée entre 1830 et 1834 porte le nom d’Alexandre 1er, le vainqueur de Napoléon. C’est la plus haute colonne du monde puisque, avec son pièdestal et l’ange doré à son sommet, elle atteint 47,50 m de haut.

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Une des particularités de ce monolithe de granit pesant près de 600 tonnes, est qu’il tient sur son piédestal, sans fixation aucune, comme un verre sur une table. Pas d’inquiétude pourtant. Ni les bombes allemandes, ni les défilés soviétiques n’ont réussi jusqu’à présent à l’ébranler. Un paradoxe : ce monument à la gloire de la Russie fut construit par un français, Auguste de Montferrand, ancien soldat de Napoléon, décoré de l’ordre de la Légion d’Honneur.

Sur cette même place, faisant face au palais de l’Ermitage, le monument de l’Etat-major général. Sa façade courbe atteint 580 m de longueur. Bâti entre 1819 et 1829, les deux ailes en hémicycle sont reliées par un majestueux arc de triomphe. L’arc est surmonté d’une Gloire Ailée dressée sur son char et évoque la victoire russe sur l’armée de Napoléon.

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Nous rejoignons l’avenue Nevski en passant sous l’arc de triomphe. Avant de rejoindre le lieu de rendez-vous, un petit détour par la cathédrale Saint-Sauveur sur le sang versé. On ne se lasse pas de regarder cet édifice avec ses décorations multiformes et multicolores.

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Le but ultime de notre promenade, la place des Arts, cœur de la vie artistique. Ce quartier rassemble de nombreux théâtres, salles de concerts et de nombreux musées.

L’un d’entre eux, le Musée Russe possède l’une des plus riches collections de l’art russe du pays. On y découvre les trésors de la peinture, de la sculpture et de l’art populaire russe, rassemblés en ce lieu. C’est pourquoi on en voit peu dans les autres musées.

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Il a été construit entre 1818 et 1825 par Carlo Rossi pour le grand-duc Michel, un fils de Paul 1er.

Sur cette place des Arts, la statue de Poutchkine.

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Cet écrivain est né à Moscou en 1799. Il fit des études au lycée impérial dont nous avons vu les bâtiments ce matin. Auteur d’innombrables poèmes, drames et œuvres en prose. Epris de liberté, proche des décembristes, ce groupe d’officiers qui en 1825 réclamaient l’abolition du servage, il a souvent connu l’exil.
Il fut tué en duel à l’âge de 38 ans, à Saint-Pétersbourg, en 1837. Il est considéré comme le véritable fondateur de la littérature russe.

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C’est au pied de sa statue, colonisée par les pigeons en cette fin d’après-midi, que nous attendons notre ange-gardien Inna. Elle doit nous reconduire au bateau pour une heure précise : aujourd’hui nous quittons Saint-Pétersbourg pour suivre le cours de la Neva en direction de Moscou, but ultime de notre voyage.

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Retour au bateau avec un dernier aperçu du pont à haubans près duquel nous sommes restés amarrés pendant notre séjour dans la ville.

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Ainsi se termine notre visite de Saint-Pétersbourg et de ses environs.

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Notre bateau est amarré sur la Neva, à l’est de la ville. Nous ne sommes donc pas tributaires de la levée des ponts et pouvons appareiller à 19h précises. Un dernier au-revoir aux quais et au pont à haubans, la croisière peut commencer … !

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Dans la salle de conférences nous avons une présentation du commandant et de son équipage, avec un cocktail de bienvenue.

Après le diner, dans la même salle, un concert est donné par les animateurs de la croisière : Alexeï à l’accordéon,

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Victor au piano

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Catherine aux chants russes.

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et son acolyte dont j’ai oublié le prénom.

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A la tombée de la nuit, nous passons près de la Forteresse Chlisselbourg.

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Elle est inscrite au patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Située sur l’embouchure de la Neva sur le lac Ladoga, à 35 km à l’est de Saint-Pétersbourg, elle a d’abord été construite en bois en 1323. Puis entre 1330 et 1353, elle fut reconstruite en pierres. Les Suédois s’en emparent en 1611. Les Russes, sous Pierre le Grand, la reprennent en 1702. Elle reçut alors son nom actuel.

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A l’époque de la Russie Impériale, elle fut une prison politique. Ivan VI y fut assassiné en 1764 et le frère de Lénine pendu en 1887. Actuellement c’est un musée.

Avant d’aller dormir, un dernier coup d’œil sur le lac Ladoga où des pêcheurs tentent leur chance aux derniers rayons du soleil.

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