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Jeudi 1er octobre 2015 : Wroclaw

lundi 9 novembre 2015, par Yvette Prigent

Jeudi 1er octobre 2015

Ce matin nous quittons Cracovie pour rejoindre Wroclaw.
Sur le trajet une centrale à charbon amène Pavel à nous parler du nucléaire en Pologne. A la fin des années 1980, des physiciens ont essayé de mettre au point des centrales nucléaires dans le pays. Les Verts se sont opposés au programme. Puis Tchernobyl a mis un frein à l’étude et Fukushima un terme au programme.

Wroclaw est la capitale de la Basse Silésie. C’est la quatrième ville de Pologne avec 640 000 habitants et une cité jeune avec ses 22 écoles supérieures où étudient 140 000 étudiants. La ville est entourée d’espaces verts. L’Oder et ses multiples bras en font une ville originale. 100 ponts et passerelles enjambent les cours d’eau et unissent une douzaine d’iles avec la terre. On la surnomme la « Venise du Nord ».

Wroclaw nait vers le IXe siècle sur l’une des îles. Boleslas le Vaillant, sacré premier roi de Pologne par le pape en 1025, la dote d’un évêché et d’une cathédrale. A cette époque les frontières du royaume correspondent environ à celles de l’actuelle Pologne.
La ville se développe puis passe sous domination prussienne. Au XVIIIe siècle elle prend le nom de Breslau et fait partie de l’Empire allemand.
Entre la première et la deuxième guerre mondiale, elle connait un essor économique important. En 1945, après les accords de Potsdam, la région est rendue à la Pologne et la ville reprend son ancien nom polonais. La population allemande a fui, et la ville, meurtrie par les bombardements, est repeuplée par quelques dizaines de milliers de Polonais exilés en Ukraine.

Nous arrivons à Wroclaw à l’heure du déjeuner.

Avec notre guide locale nous prenons ensuite la direction du centre, autour de la place de l’hôtel de ville.

Notre visite commence par l’église Saint Elisabeth, située près de la place du marché. Cette église qui date des XIVe et XVe siècles est d’abord catholique. Du haut de sa tour qui s’élève à 91 m de hauteur, on a une vue panoramique sur l’ensemble de la ville.

Elle devint protestante en 1525. Les fidèles catholiques ne pouvaient pas accepter la perte d’une si belle église. Quand en 1529 un violent orage fit tomber le toit de la tour ils ont considéré cela comme la punition divine pour le changement de confession. Les protestants ont immortalisé l’événement par un bas-relief qui se trouve au pied de l’édifice.

Depuis la seconde guerre mondiale elle est rendue au culte catholique.

L’église a vécu plusieurs catastrophes, notamment un incendie en 1976 qui a détruit les orgues. L’intérieur est très sobre et rappelle un peu son affiliation protestante.

Dans le chœur un tabernacle qui mesure 15 m de hauteur.

A la sortie de l’église nous rencontrons de drôles de petits personnages, des gnomes, qui sont presque 300 répartis dans toute la ville. Ils sont devenus le symbole de Wroclaw. Placés dans les rues depuis 2001, pour commémorer le mouvement anarchiste Alternative Orange dont l’origine est à Wroclaw, parmi les étudiants. A l’époque ils portaient des tee-shirts avec les dessins de lutins pour marquer leur opposition au régime communiste de la république populaire de Pologne. Le mouvement a repris avec vigueur en 2001 au moment des élections.

Le gnome hallebardier montant la garde devant la maison des gnomes

et les gnomes pompiers en action avec leur lance à incendie

Nous quittons la place de l’église pour rejoindre la place du marché en passant sous une arche qui relie deux maisons : Jeannot et Margot.

Dans la maison gothique Jeannot située à gauche sur la photo, se trouve l’atelier d’un graveur qui a mis son autoportrait près de la porte d’entrée.

L’autre maison Margot, de style baroque, est le siège de l’association des amis de Wroclaw.

La place du marché ou Rynek, est une très grande place qui était le cœur de la cité médiévale dessinée en 1241. Tout autour de cette place, des maisons gothiques à l’origine, mais qui furent remaniées dans les styles Renaissance, baroque ou classique.

Au centre de la place, l’ancien hôtel de ville. Construit à la fin du XIIIe siècle, il a été par la suite agrandi et reconstruit. Aujourd’hui il renferme un musée. Ses différentes façades ont beaucoup d’intérêt.

La façade Est avec une horloge astronomique qui indique les phases de la lune.

Elle est entourée des symboles égyptiens des quatre saisons. De l’une des petites fenêtres à encorbellement du premier étage on annonçait au public les jugements de la cour.

Sur cette partie de la place, le pilori

La façade Sud est aussi très belle.

Des statues représentent des personnages qui vivaient autrefois à Wroclaw

Au rez-de-chaussée il y a l’entrée de l’auberge la plus ancienne de la ville. Au dessus de l’entrée se trouvent les sculptures d’un valet ivre et d’une femme furieuse qui tient un sabot. Cette scène est un avertissement clair aux amateurs de bière lorsqu’ils rentrent à la maison après de trop grandes libations … !

On y sert encore une bière de grand renom.

La façade Ouest est celle où se trouve la porte d’entrée principale. Une tour qui s’élève à 44 m.

Près de l’ancien hôtel de ville, le nouveau.

Aujourd’hui sur la place il y a une certaine effervescence. En effet c’est la rentrée universitaire et en Pologne cela se fête. Des étudiants en uniforme arrivent des quatre coins de la place et se regroupent pour célébrer en chansons le début de l’année. Alors que nous observons l’ancien hôtel de ville, un défilé arrive au son d’une marche militaire.

Tous, recteur, professeurs, étudiants se retrouvent sur la place du marché pour chanter le « Gaudeamus ». Peut-être se réjouissent-ils aussi qu’une banque française accompagne l’économie polonaise … !

Après cette visite de la place du marché, nous nous dirigeons vers la partie la plus ancienne de la ville. En chemin, un petit arrêt rue des Anciennes Boucheries.
Ce sont les boutiques dans lesquelles on vendait de la viande depuis le Moyen Age. Après 700 ans elles ont changé de fonction et à la fin du XXe siècle elles sont devenues des galeries d’art.

Le monument en l’honneur des animaux, exécuté en bronze, rappelle la vocation première de ce lieu.

Nous prenons la direction de l’Université fondée par les Jésuites en 1702. C’est un très grand bâtiment avec ses 170 m de façade.

Parmi ses étudiants et ses professeurs l’université de Wroclaw compte un bon nombre de prix Nobel.

Près de la porte d’entrée, un gnome figurant un professeur

et la matérialisation du passage d’un méridien.

Au bout de la rue, sur une petite place, un monument représentant un escrimeur nu.

Cette statue est souvent la cible des étudiants qui régulièrement remplace son escrime par tout autre accessoire.

Avant d’aller sur les bords de l’Oder, un petit arrêt dans un marché couvert. Une profusion de fleurs et de légumes dans un bâtiment en béton armé datant de 1906.

Wroclaw est appelée la « Venise polonaise ». Nos pas nous dirigent vers l’île au sable en direction du pont Tumski qui permet d’y accéder. Ce pont est aussi le rendez-vous des amoureux qui scellent leur union en accrochant un cadenas avec leurs deux noms.

Nous voyons déjà les deux tours de la cathédrale que nous allons visiter.

Une fois le pont franchi, nous entrons dans la partie la plus ancienne de la ville : Ostrow Tumski. La ville est née ici au Xe siècle, sur une ile qui cessa de l’être en 1810 lorsque fut comblé le bras de l’Oder qui l’isolait de la rive.
En direction de la cathédrale nous voyons d’abord l’église Sainte-Croix et Saint-Barthélemy. Bâti au XIIIe et XIVe siècle, cet édifice gothique présente la structure unique de deux églises superposées. L’église inférieure est dédiée à Saint Barthélémy.

Sur la place, le monument de Saint Jean Népomucène, l’un des saints les plus connus en Silésie,

Le saint est le patron des confesseurs et il doit en plus protéger l’ile contre les inondations.

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Non loin de là, la cathédrale Saint Jean-Baptiste.

Elle occupe l’emplacement de la première cathédrale romane bâtie autour de l’an mil, détruite en 1037, puis reconstruite au XIIe siècle et à nouveau ruinée par les Mongols en 1241. La construction de la nouvelle cathédrale en briques actuelle, la première édifiée en Pologne, commence sans tarder. La première pierre est posée en 1244, mais il faudra deux siècles pour terminer les travaux.
En 1945 la cathédrale est détruite à 70 %. On entre par le portail médiéval en bois

et à gauche on peut voir la statue d’un lion, provenant du sanctuaire du XIIe siècle.

A l’intérieur, à l’extrémité de la nef, le grand autel porte un triptyque représentant la Dormition de la Vierge.

Au dessus de l’autel, un très beau vitrail.

C’est sur cette visite que se termine notre balade dans la ville de Wroclaw.
Il nous reste à trouver notre hôtel qui parait-il est situé dans un château.
Demain matin nous retournerons dans la ville pour visiter le panorama de la bataille de Raclawice, œuvre monumentale qui évoque un moment important de l’histoire du pays. Nous y retrouverons le général Tadeusz Kosciuszko, dont nous avons vu la statue équestre à Cracovie.