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Lundi 5 octobre 2015 : Wadowice

lundi 9 novembre 2015, par Yvette Prigent

Lundi 5 octobre 2015

Notre voyage tire à sa fin. Ce matin nous prenons la direction de Wadowice, petite ville de la Petite Pologne, à une cinquantaine de kilomètres de Cracovie. Elle est située dans une région vallonnée et est devenue célèbre parce que c’est la ville natale de Karol Wojtola, le futur Jean Paul II, élu pape le 16 octobre 1978.

La dernière fois que le pape est venu dans cette ville, il a laissé un témoignage émouvant :
« C’est avec une grande émotion que je contemple cette ville de mes années d’enfance, témoin de mes premiers pas, de mes premiers mots… » Depuis le balcon de sa maison natale sur la grande place de Wadowice, le 16 juin 1999, Jean-Paul II, s’écartant de l’homélie préparée, avait laissé remonter ses souvenirs d’enfance avec une joie évidente.
C’était la troisième fois que, en tant que pape, il revenait dans « sa » ville, après le 7 juin 1979 – moins d’un an après son élection pontificale – et le 14 août 1991 – il avait alors consacré la nouvelle église de Saint-Pierre l’Apôtre, érigée par les habitants de Wadowice en signe de gratitude pour l’élection à la papauté de leur compatriote et pour remercier la Vierge de Fatima, qui l’avait protégé lors de l’attentat de la place Saint-Pierre dix ans plus tôt.
Mais ce 16 juin 1999, sans doute parce qu’il savait qu’il n’y reviendrait plus, le pape polonais avait longuement évoqué : « l’école élémentaire » où se trouve maintenant la mairie, « le collège et lycée Marcin-Wadowita » qu’il a fréquenté pendant huit ans, le club Sokol où il allait faire de la gymnastique, « le théâtre où nous avons récité les plus grandes œuvres classiques en commençant par Antigone », « la caserne » où son père militaire travaillait, ainsi que « la pâtisserie où nous allions manger des gâteaux à la crème »… « C’est ici, dans cette ville de Wadowice, que tout a commencé : la vie, l’école, les études, le théâtre… et le sacerdoce », avait-il alors résumé.
Le 18 mai 1920, il faisait déjà très chaud. Emilia Wojtyla, restée avec la sage-femme dans le petit appartement de la rue Koscielna, tandis que son mari et son fils aîné étaient allés aux vêpres à l’église toute proche, avait demandé d’ouvrir les fenêtres. Les litanies de la Vierge chantées par les fidèles emplissaient la chambre, et la sage-femme témoigne plus tard qu’elle n’avait jamais procédé à un accouchement dans une telle ambiance de prière et de chants.

Sur cette photo nous voyons à droite sa maison natale où il vécut jusqu’à l’âge de 18 ans et à gauche l’église, qu’il a fréquentée dans sa jeunesse.

Celle-ci est devenue basilique mineure en 1992, après que Jean-Paul II eût offert une couronne d’or à l’icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

Sur le parvis de la basilique, une exposition de photos retrace la vie du pape.

Karol est le troisième enfant du couple, après Edmund, né en 1906 et Olga Maria, morte dès sa naissance en 1914.

Très tôt, le petit Karol perd sa mère, atteinte d’une infection rénale (1929) et son frère aîné, devenu médecin, emporté par la scarlatine (1932).

Resté seul avec son père militaire,

il quitte Wadowice en août 1938 pour poursuivre des études de lettres à l’Université Jagellonne de Cracovie. La guerre qui commence en 1939, entraine la fermeture de l’établissement et Karol travaille d’abord dans une carrière puis ensuite dans une usine chimique.
Son père meurt en 1941. A l’automne 1942, il décide de devenir prêtre et pendant l’occupation allemande il suit des cours au séminaire. Il est ordonné prêtre le 1er novembre 1946. Il a 26 ans.
Le 28 septembre 1958, le pape Pie XII le nomme évêque auxiliaire de Cracovie. À 38 ans, Karol Wojtyła est le plus jeune évêque de la République populaire de Pologne. C’est à cette époque qu’il choisit sa devise « Totus tuus » (« Tout à toi »), inspirée de la spiritualité de Louis-Marie Grignion de Montfort et illustration de sa dévotion à la Vierge Marie.
Paul VI le nomme archevêque de Cracovie le 30 décembre 1963 puis cardinal le 26 juin 1967.
Elu pape le 16 octobre 1978, il inaugure son pontificat le 22 du même mois. C’est cette date qui a été choisie pour célébrer Saint Jean Paul II.
Infatigable voyageur, il a visité 129 nations, la plupart d’entre elles accueillant un pape pour la première fois.
Il meurt le 2 avril 2005 au Vatican, après un pontificat de 9673 jours.
Toute la vie de Jean Paul II est résumée dans ce musée que nous allons visiter et où les photos sont interdites. Installé dès 1984 dans le trois-pièces occupé par la famille Wojtyła, il est resté fermé pendant quatre ans pour être agrandi et entièrement rénové. Il vient de rouvrir pour la canonisation, et s’appelle désormais « Nouveau Musée de la maison familiale de Jean-Paul II ». Sur quatre niveaux, sont exposés divers souvenirs des dix-huit premières années de la vie de Karol – avant qu’il ne déménage avec son père pour Cracovie – mais aussi de sa vie d’homme de Dieu.
À côté de quelques meubles et ustensiles de cuisine, d’une paire de skis que Karol chaussait dans les monts Bieszczady, on peut voir trois soutanes qu’il a portées : comme aumônier d’étudiants à Cracovie (après avoir été ordonné le 1er novembre 1946 dans la cathédrale de Wawel par le cardinal Adam Sapieha, et avoir poursuivi ses études à l’Angelicum à Rome) ; comme évêque auxiliaire puis comme archevêque de Cracovie et enfin comme cardinal se rendant au conclave où il a été élu, le 16 octobre 1978, successeur de saint Pierre.
Plus loin, le pistolet d’Ali Agça, utilisé contre le pape polonais le 13 mai 1981 place Saint-Pierre, et provisoirement prêté par l’Institut de criminologie de Rome.
Une autre salle est consacrée à ses nombreux voyages, avec au sol, des petites urnes contenant des échantillons de terre des 129 pays où Jean-Paul II s’est rendu. Aux murs, des photos rappellent des dates historiques, notamment le 8 juin 1991, dans le château royal de Varsovie, lorsque le président polonais Lech Walesa baise la main de Jean-Paul II en tenant le premier exemplaire de la Constitution polonaise.

A la sortie du musée, visite de la place centrale de la ville où nous pouvons voir une rétrospective en images de la vie du pape.

Sur cette place aussi cette maison verte, chère à ses souvenirs parce qu’à l’époque s’y trouvait la pâtisserie où ils allaient en famille manger des gâteaux à la crème, ce fameux kremowka, une sorte de millefeuille à la polonaise.

Notre visite se termine par l’église de la Présentation de la Vierge où la famille se rendait régulièrement.

A l’intérieur, la chapelle de la Sainte Famille où se trouvent les fonts baptismaux avec un panneau qui nous rappelle que : « c’est ici que le nouveau-né Karol Wojtyla a été baptisé, le 20 mai 1920 ».

Dans une autre chapelle dans la nef gauche de la basilique, on a accroché le tableau de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours couronné par Jean-Paul II le 16 juin 1999 lors de sa troisième visite dans sa ville natale.

La chapelle est séparée de la nef par une grille de couleur noire sur laquelle on a posé les armoiries papales et la devise « Totus Tuus ».

Les fidèles vouent à l’image de Notre-Dame un culte particulier depuis désormais un siècle. Le tableau jouit d’une popularité particulière parmi les enfants et les adolescents. Le futur pape Karol Wojtyła priait devant ce tableau chaque matin avant de partir à l’école.

Avant de quitter la ville, un dernier clin d’œil à la statue du pape Jean Paul II, représenté avec sa crosse papale

comme on l’a vu souvent sur des photos.

Sur la route du retour à Cracovie d’où notre avion décolle en début d’après-midi, nous faisons une petite halte au sanctuaire de Kalwaria Zebrzydowska. En 1999 il a été inscrit par l’UNESCO sur la Liste du Patrimoine Mondial pour la raison suivante : “Kalwaria Zebrzydowska est un paysage culturel de grande beauté et d’importance spirituelle. Son cadre naturel, à l’intérieur duquel sont placés des lieux symboliques de culte à la Passion de Jésus-Christ et à la vie de la Vierge Marie, est resté presque inchangé depuis le XVIIe siècle. Aujourd’hui c’est encore un lieu de pèlerinage”.

Comme le montre une maquette, le sanctuaire de Kalwaria Zebrzydowska est constitué d’une basilique de style baroque dédiée à la Vierge des Anges, d’un couvent des frères mineurs franciscains (appelés familièrement en Pologne les Bernardins), et d’une série de chapelles de style également baroque distribuées le long de six kilomètres et dédiées à la Passion de Jésus et à la vie de la Vierge.

Les travaux de construction commencèrent en 1601 quand Mikołaj Zebrzydowski, gouverneur territorial de Cracovie, décida de réaliser l’église de la Crucifixion en s’inspirant d’un modèle réduit en plâtre de la basilique Sainte-Croix de Jérusalem. Entre 1604 et 1609 furent édifiés l’église dédiée à la Vierge des Anges et le couvent des frères bernardins. En 1654, l’arrière-petit-fils de Michał Zebrzydowski fit agrandir l’église et le couvent et construire la précieuse chapelle de la Vierge du Calvaire.

Pour le développement du chemin de croix, Mikołaj Zebrzydowski s’aperçut d’une forte ressemblance entre le site choisi et la topographie de Jérusalem. C’est ainsi que la colline de Żarek fut appelée Golgotha, une hauteur près de Lanckorona Mont des Oliviers, la hauteur pour la construction du futur Palais de Pilate Mont Moriah, et le fleuve de Skawinka Cédron.

Nous ne visiterons que la basilique.

La chaire,

les grandes orgues.

La chapelle de la Vierge du Calvaire

Pavel nous montre dans le cloître un ensemble de tableaux dont un pour lequel il a une affection particulière : un tableau naïf, représentant une famille victime d’inondations et dont la volonté principale est de sauver l’icône de la Vierge.

A l’arrière de la basilique, un ensemble de bâtiments qui sont des lieux d’hébergement pour les pèlerins

et des lieux de vie pour les moines.

A la sortie, en descendant le parvis pour regagner notre bus

nous pouvons voir l’une des 40 chapelles qui font partie des édifices disposés sur ce chemin de croix.

Il nous reste à retourner à Cracovie, où après un déjeuner pris près de l’aéroport, notre avion décollera en direction de Paris.

Au cours de ce voyage nous aurons appris beaucoup de choses sur l’histoire de la Pologne, qui a vécu des heures difficiles, ballottée entre différentes nations, victime des guerres qui ont éclaté en Europe au XXe siècle, sous le joug des communistes et qui enfin a retrouvé sa liberté. Pavel et toutes les guides locales que nous avons eues, nous ont parlé avec beaucoup d’émotion de leur pays. On sentait dans leurs propos que leurs familles avaient sans doute vécu des événements douloureux dans le passé et qu’ils étaient fiers de nous montrer que leur pays avait réussi à redresser la tête.