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Les Chouanneries en Morbihan

mardi 15 mars 2016, par armelle le loer

La Chouannerie dans le Morbihan
Le 3 mars, nous étions une bonne quarantaine d’Arecmistes à nous masser dans le hall des Archives départementales de Vannes pour découvrir l’Exposition « La Chouannerie dans le Morbihan.
C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons écouté les explications détaillées du guide qui a su avec brio captiver l’attention de son auditoire. Après avoir brossé le contexte dans lequel a éclaté la révolte des Morbihannais dont la vie fut profondément bouleversée par la Révolution de 1789, il nous a entraînés sur les pas des chefs de file qui ont marqué cette période trouble de notre histoire. Si certains, les férus d’histoire ont eu leur content, d’autres se sont promis de revenir pour étudier plus en détail les reproductions sur panneaux géants, les originaux sous vitrine, la maquette de La Bastille , la cartographie et les documents sonores exposés dans le hall.
Pour ceux qui n’auraient pas pu se joindre au groupe, l’exposition est visible jusqu’au 17 juin.

Le débarquement de Quiberon (1795)

Les Archives départementales présentent une exposition retraçant l’histoire de la chouannerie dans le Morbihan dont l’un des faits les plus emblématiques menés par les contre-révolutionnaires et leurs alliés britanniques est le débarquement sur la presqu’île de Quiberon en 1795.
La vie des Morbihannais est profondément bouleversée par la Révolution française. Ces brusques changements déstabilisent les habitudes des hommes et des femmes, perturbés dans leur liberté de culte et pour certains déracinés de leur terre natale.
Premières insurrections
Dès 1791, des soulèvements ont lieu dans le département. Malgré de nombreuses tentatives de conciliation entre républicains et insurgés les assassinats et les mesures punitives se multiplient de part et d’autre. Désormais, l’insurrection porte un nom : la chouannerie. Les royalistes réfugiés auprès des monarchies européennes surveillent de près ces émeutes et espèrent la mise en déroute des républicains et de ce fait assister à la naissance d’une nouvelle offensive de la coalition des monarchies européennes.

L’offensive ratée des émigrés et des chouans.

Les Anglais acceptent de leur prêter main forte .Le plan prévoit une armée d’émigrés et du matériel nécessaire afin de provoquer une insurrection générale .L’objectif est de renverser la Convention nationale et de restaurer la monarchie .L’état-major choisit le Morbihan pour y débarquer. Le 25 juin les navires britanniques entre en rade de Quiberon après avoir vaincu la flotte française au large de Groix. Malgré des débuts prometteurs, des dissensions éclatent entre les deux chefs d’expédition Joseph de Puisaye et Louis Charles d’Hervilly. Leurs divergences sont telles que les opérations les mèneront à l’échec.

La reprise en main des républicains

Pour les sortir de ce marasme, des débarquements secondaires comme celui de Suscinio le 11 juillet 1795 seront organisés. Mais alors que les hommes s’apprêtent à retourner vers Quiberon, le responsable de l’opération Vincent de Tinténiac reçoit l’ordre de se diriger vers la baie de Saint-Brieuc .Malgré l’hostilité des chouans et de Georges Cadoudal, les hommes prennent le chemin des Côtes- du- Nord. L’expédition est un échec, le débarquement n’aura finalement pas lieu.
Le 15 juillet, le marquis de Sombreuil débarque à Port-Haliguen à la tête de 2 000 hommes .Ces renforts seront bien insuffisants face aux 23 000 soldats du général Hoche .Le fort de Penthièvre est rapidement repris.

Une répression sévère.

La déroute des émigrés et des chouans est cinglante. Des centaines meurent en tentant de rejoindre les navires britanniques. Certains parviennent à s’enfuir et regagnent l’Angleterre.6 262 prisonniers tomberont sous la loi condamnant à la peine capitale tout émigré pris les armes à la main, 748 seront fusillés dont 627 émigrés ou ecclésiastiques et 121 chouans. Malgré cet échec, la chouannerie ne désarme pas. Elle se réorganise désormais sous l’autorité d’un homme qui a pris de l’envergure : Georges Cadoudal.
D’après « Les coulisses de l’histoire » des Archives départementales.