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Visite du Parlement de Rennes et des jardins de Brocéliande

mercredi 22 juin 2016, par Yvette Prigent

Mardi 14 juin 2016

Ce matin nous sommes 59 arecmistes à braver la pluie et les menaces de manifestations pour prendre la route de Rennes afin de visiter le Parlement de Bretagne le matin, puis les jardins de Brocéliande, à Bréal sous Montfort, après le déjeuner pris dans cette commune. Chemin faisant, les éclaircies s’annoncent et c’est sans encombre qu’Alexandre notre chauffeur nous conduit en car au centre-ville de Rennes. Direction la maison du tourisme où nous rencontrons les deux personnes qui nous serviront de guide pendant la visite.
En attendant le départ nous prenons le temps de découvrir, dans la chapelle Saint Yves qui a été transformée en maison du tourisme, un film qui relate les jours sombres d’après l’incendie de 1994 qui a détruit une grande partie du parlement, en préservant certaines salles comme nous le verrons.

Avant de commencer la visite, un petit rappel de l’Histoire, que notre guide nous fera tout au long du parcours et après notre entrée dans les lieux.

Au milieu du XVI° siècle a été constitué en Bretagne un parlement dont les membres étaient répartis en deux assemblées : l’une siégeait à Rennes en août, septembre et octobre, l’autre à Nantes en février, mars et avril. La moitié des sièges était réservée aux Bretons et l’autre moitié aux Français. Le but était d’empêcher le particularisme provincial de régner dans cette instance.
Ce partage dura quelques années, mais en 1560 un édit attribua définitivement le parlement à la ville de Rennes. Depuis sa création le parlement n’avait à Rennes qu’une installation provisoire dans les locaux disponibles du couvent des Cordeliers. Dès 1564, il fût question de construire un palais et une maison royale. C’est sous Henri IV, en 1609, que cette construction fût décidée et la première pierre posée le 15 septembre 1618.

Les plans du bâtiment que nous découvrons sont établis par Germain Gaultier, architecte de la ville. Après son décès accidentel sur le chantier, Jacques Corbineau prend sa succession. La façade a été dessinée par Salomon de Brosse, l’architecte du Palais du Luxembourg à Paris. L’ouvrage est achevé en 1655, mais les décorations intérieures ne seront terminées qu’en 1709.

Entre temps, de 1675 à 1690, suite aux émeutes qui éclatent à Rennes lors de la « révolte du papier timbré », le roi transfère le parlement à Vannes. En 1690 la cour revient à Rennes et y siègera sans discontinuer jusqu’à la Révolution.

Une fois gravies les marches d’entrée, l’intérieur du rez de chaussée surprend par sa sobriété.

Ce niveau du bâtiment était autrefois réservé à la prison et abrite aujourd’hui des bureaux. Pour visiter les lieux, nous passons sous un portique, comme dans les aéroports.

On accède au premier étage en empruntant l’escalier construit dans la cour intérieure par l’architecte Jacques Gabriel en 1726, en remplacement de celui qui donnait autrefois directement sur la place. C’est ce même architecte qui construisit l’hôtel de ville de Rennes et dans notre département l’hôtel Gabriel à Lorient, pour la Compagnie des Indes.
Une porte monumentale à deux battants nous permet d’entrer dans la salle des pas perdus. Sur l’un des battants est représentée la justice avec le glaive et la balance

et sur l’autre la force avec un gourdin.

Cette salle, la plus grande du palais, n’est actuellement qu’un lieu de passage vers les autres pièces ou parties du palais. Elle nous impressionne par ses dimensions : 36 m sur 13

A l’une des extrémités, dans une grande vitrine, sont présentés les différents corps de métiers qui sont intervenus pour restaurer le bâtiment après l’incendie de 1994.

En effet, en février 1994, une manifestation de marins-pêcheurs dégénère en émeute dans le centre-ville de Rennes. Une fusée éclairante traverse en fin d’après-midi les ardoises du toit et se niche dans la charpente en bois du palais. Le feu couve et dans la nuit du 4 au 5 février détruit partiellement le palais. Durant l’incendie, la toiture s’effondre sur le premier étage. Plusieurs salles sont endommagées et des milliers de documents sont détruits. La plupart des œuvres et des tapisseries sont sauvées.

En novembre 1994 la décision est prise de reconstruire les bâtiments à l’identique. Les travaux commencent en 1997 et dureront 3 ans. Le coût des travaux s’élève à environ 56 millions d’euros. Il faut relativiser : cela correspond à peu près à 6 kms d’autoroute … !

Dans cette salle, après l’incendie, ne restaient que les murs et le sol en dalles de granit dont certaines gardent trace du sinistre.
La voute formant le plafond a été refaite à l’identique, mais la charpente a été reconstruite en métal, ce qui a permis de gagner de la place pour des bureaux à l’étage supérieur.

Au centre du plafond, une représentation des armoiries du Royaume de France (les fleurs de lys) et de la Bretagne (l’hermine)

De la fenêtre centrale de cette salle, qui était autrefois la porte d’accès au premier étage du parlement, on a une belle vue sur la place.

Notre visite se poursuit par la Grand ’Chambre qui est la pièce la mieux conservée du palais.

Pendant l’incendie, elle a bénéficié de la protection d’une couche de briques réfractaires, située entre le plafond et la charpente. Elles y avaient été posées lors d’une restauration de l’édifice au XIX° siècle.

Le plafond à caissons et toutes les peintures le composant ont été conçus par Charles Errard, né à Nantes en 1606.

Il fournit les dessins pour l’ensemble du décor et des tapisseries et c’est Noël Coypel qui réalise à Paris la totalité des peintures.

Elles arrivent par bateaux à Rennes en 1662 et l’ensemble du plafond est achevé en 1665.

Des loges ont été aménagées spécialement en cas de visites royales. Mais manifestement, elles ne furent jamais utilisées. Pour l’une d’entre elles, aucun escalier ne permet l’accès … !

Sur les murs, la tapisserie représente l’abeille et le lettre N (symboles de Napoléon III).

Au fond de la salle, une autre qui recouvre un mur entier, rescapée de l’incendie de 1994, représente la mort du connétable Du Guesclin.

Après l’incendie, un grand nombre de tapisseries ont été envoyées pour restauration dans un atelier qui lui-même a été détruit par un incendie en 1997… !

Nous terminons la visite en parcourant la galerie du premier étage et son plafond très travaillé.

Nous voyons aussi l’escalier reconstruit par Gabriel en 1726 et au sol de la cour, une « sculpture » moderne … !

Puis nous prenons la direction du restaurant qui nous accueille pour un déjeuner fort sympathique.

L’après-midi est consacré aux jardins de Brocéliande à Bréal sous Montfort.

Ce jardin a été créé en 1993. A cette époque le directeur du centre d’aide par le travail, recherchait une idée pour mettre en valeur le travail des handicapés. Passionné de botanique, il envisage la création d’un jardin où seraient associés l’humain et la botanique. Une belle réussite avec ce parc de 24 hectares où ont été créés différents jardins à thèmes. Pour la visite nous empruntons un petit train

et c’est avec plaisir que nous découvrons divers endroits du parc : une aire de jeu pour enfants,

le parcours des sens qui se fait à l’aveugle

un jardin japonais,

une collection d’iris

des pommiers

dont certains forment une tonnelle.

Dans le parc des animaux ont aussi leur place : des moutons et des vaches, un cochon qui cherche sa nourriture, et une collection de poules, qui dans des décors très inattendus, ont élu domicile.

Encore une belle journée, pleine de convivialité, de découvertes et avec l’envie que cela continue…

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