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20 et 21 mai 2016 : de la Bretagne à Cork

mardi 28 juin 2016, par Yvette Prigent

Voyage en Irlande
Avec l’ARECMO
Du 20 au 29 mai 2016

Vendredi 20 et samedi 21 mai 2016 : de la Bretagne à Cork

En cette fin du mois de mai 2016, nous sommes 46 arecmistes à prendre la direction de l’Irlande. Un petit contretemps, une panne de moteur du Pont-Aven, le ferry prévu initialement pour rejoindre l’île à partir de Roscoff, nous oblige à embarquer à Cherbourg pour rejoindre le port de Rosslare.
L’embarquement, à la pointe du Cotentin, sur un navire de la compagnie Stena Line a lieu en fin de journée.

Après un diner pris sur le bateau, chacun regagne sa cabine.

La mer un peu agitée aura raison de certains estomacs un peu fragiles.

L’ arrivée en Irlande dans le comté de Wexford, au petit port de Rosslare se fait sous le soleil. C’est de bon augure pour la suite du voyage.
Après les formalités du débarquement, nous rencontrons Margareth qui sera notre guide pendant le voyage. Elle a pour objectif de nous décerner un BTI : brevet de touriste irlandais, qui consiste à nous faire goûter la bière et le whiskey, recevoir un peu de pluie, chanter une chanson irlandaise et enfin apprendre quelques mots en gaélique. Vaste programme ...!

Le déjeuner pris à Rosslare, nous prenons la route de Cork. Au passage Margareth nous fait remarquer que beaucoup de bâtiments et même des maisons individuelles arborent le drapeau de l’Irlande. Elle nous explique que le pays vient de fêter les 100 ans d’une insurrection qui eut lieu à Dublin le lundi de Pâques 1916 et qui vit s’opposer deux groupes : les Volontaires irlandais, pour l’indépendance de l’Irlande et les Volontaires de l’Ulster, fidèles à l’Angleterre. Les Volontaires irlandais, ayant reçu des armes de l’Allemagne, s’emparèrent de plusieurs bâtiments publics. Mais au bout d’une semaine, l’insurrection échoua et il s’en suivit une répression sanglante.

Elle nous explique aussi les trois couleurs du drapeau irlandais :
-  le vert, la couleur du mouvement catholique de libération nationale
-  l’orange, la couleur des protestants en mémoire de Guillaume III d’Orange, vainqueur des catholiques de Jacques II
-  le blanc au centre, symbole de paix entre les deux communautés.

Sur notre route nous passons à New Ross, ville du comté de Waterford, d’où est originaire la famille de John Fitzgerald Kennedy, dont une statue sur le port commémore ce fait.

Dans le même port on peut voir une réplique, grandeur nature, d’un trois-mâts du même type que ceux qui traversèrent l’Atlantique, chargés d’immigrants, durant la grande famine de 1846.

On les appelle aussi les bateaux-cercueils parce que pendant la traversée, les organismes affaiblis par la famine entrainaient la mort de nombreux candidats à l’exil.

La zone sud-est que nous traversons est verdoyante, avec beaucoup de pâtures, où des troupeaux de vaches trouvent leur nourriture.

Cette région est aussi celle de Sir Walter Raleigh qui introduisit la pomme de terre en Irlande vers 1580. Cela permit de nourrir la population pendant un temps, mais le mildiou qui s’abattit sur la plante en 1842 provoqua une famine qui décima le pays et provoqua une forte immigration vers les Etats Unis et le Canada.
Margareth nous parle aussi du « tigre celtique » qui est une période de 1994 à 2008 pendant laquelle l’Irlande eût une croissance bien au dessus de celle de ses voisins européens. Elle devient terre d’élection pour les biens et services liés aux technologies informatiques. De jeunes cadres, formés aux Etats Unis, reviennent dans leur pays et créent leurs propres entreprises. C’est à ce moment que se développe aussi une industrie pharmaceutique. Cette prospérité sera freinée comme partout en Europe en 2008 et s’instaure alors une période d’austérité qui verra une réduction des salaires, une augmentation des impôts et des taxes.

Elle continue par un peu de géographie concernant son pays. Superficie : 84 421 km2, soit un peu plus du 1/7° de la France, dont 14 139 km2 en Irlande du Nord. 3152 km de côtes.
La distance maximale du nord au sud est de 483 km et la largeur d’est en ouest n’excède pas 275 km.
L’île compte environ 4,6 millions d’habitants en République d’Irlande et 1,6 millions en Irlande du Nord.
Le pays est divisé en quatre provinces : Au nord : l’Ulster, à l’est : le Leinster, au sud : le Munster et à l’ouest : le Connacht. Chaque province est elle-même divisée en comtés. Le pays en comporte 32 dont 6 en Irlande du Nord, sous domination britannique.

Notre première visite sera pour la distillerie Jameson de Midleton.

Elle fut fondée en 1825 par les frères Murphy (James, Jeremiah et Daniel), et fut bâtie dans la ville de Midleton, dans les murs d’une ancienne manufacture. Lorsque les différentes usines de productions de whiskey décident de fusionner, Midleton, devient immédiatement le lieu de centralisation où l’on produit la plupart des whiskeys du groupe.

Des travaux d’agrandissement des locaux sont menés à cette occasion, et une nouvelle distillerie est bâtie aux côtés de l’ancienne,

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L’usine ancienne est reconvertie en 1971 en musée que nous allons visiter.

C’est avec beaucoup d’attention que nous écoutons les explications de la guide locale guide qui nous expose les différentes étapes de la fabrication du whiskey, tout en nous faisant visiter les locaux de l’ancienne usine.

A ce jour, Midleton enregistre une production de plus de 19 millions de litres d’alcool par an.

Les différentes étapes nous sont expliquées au fur et à mesure de la visite

Le maltage
Pour obtenir du malt on étale la céréale (orge) et on l’humidifie pour qu’elle germe. Cette opération dure une à deux semaines. Lors de la germination, le grain fabrique des enzymes capables de découper la molécule d’amidon en sucres fermentescibles. On met fin au maltage en séchant les graines au-dessus d’un four, parfois alimenté par de la tourbe, qui donne à certains whiskeys leurs goûts particuliers. Lorsqu’il est sec, le malt est broyé, ce qui produit une farine grossière. On peut voir encore la roue du moulin qui permettait ce broyage.

La fermentation

La farine est ensuite mélangée à de l’eau chaude. Cette eau va typer le whiskey, en fonction des terrains qu’elle a traversés.. L’opération a pour but de transformer l’amidon contenu dans le malt en sucres fermentescibles sous l’action d’enzymes. Elle a lieu dans de grands baquets en bois ou en acier inoxydable. Le produit de ce brassage est le moût. Le moût obtenu est additionné de levures et la fermentation alcoolique se produit, transformant les sucres en alcool, dans de très grandes cuves

La distillation

Elle a pour but de séparer l’eau de l’alcool. L’un des secrets du whiskey irlandais est la triple distillation.

Nous voyons au cours de notre visite le plus grand alambic du monde qui pouvait contenir 180 000 litres.

Le vieillissement

L’alcool recueilli est mis en fûts de chêne où il vieillira pendant au minimum 3 ans. Pendant ce temps sa couleur évolue. Incolore au début, il devient de plus en plus foncé, pour devenir marron quand il y reste 18 ans. Pendant ce temps le volume de liquide diminue, (la part des anges) ce qui explique le prix plus élevé d’un whiskey vieux.

Comme de bien entendu, notre visite se termine par une dégustation.

Huit volontaires du groupe se prêteront au jeu de la comparaison entre trois whiskeys, le whiskey local étant bien entendu le meilleur … !

Chacun pourra savourer, soit un whiskey pur soit un cocktail à base de Jameson

Pour sortir, passage obligé par le magasin où l’on peut « admirer » une bouteille de whiskey de 20 ans d’âge, vendue 5000 euros. Il faut dire que pour le prix on a deux verres pour la dégustation … !

Pour finir la journée, il nous reste à rejoindre notre hôtel situé près de l’aéroport de Cork. L’activité aérienne est peu importante et ne gênera pas notre sommeil.

Demain nous commençons notre tour du pays en allant à la découverte de l’anneau de Kerry.