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Dimanche 22 mai 2016 : de Cork à Tralee

mardi 28 juin 2016, par Yvette Prigent

Dimanche 22 mai 2016 : de Cork à Tralee

Ce matin nous partons visiter le comté de Kerry. Pour nous mettre en appétit Margareth nous apprend qu’en 1861, la reine Victoria avait fait le même circuit que nous, en calèche et pendant quatre jours… !
En cours de route la guide nous fait remarquer que les maisons irlandaises n’ont pas de volets. Elles sont équipées d’alarmes qui sont obligatoires lorsque l’on veut assurer son domicile.
Elle nous parle aussi de la langue du pays. L’anglais est utilisé sur toute l’île, mais dès la fin de la domination anglaise, le gaélique est devenu le symbole de l’identité retrouvée. En république d’Irlande les documents sont rédigés dans les deux langues. En revanche en Irlande du Nord, seul l’anglais est la langue officielle.
La langue gaélique a la même origine celte que le breton, le cornouaillais, le gallois et l’écossais. Elle ne possède que 18 lettres.

Le gaélique n’est parlé couramment que part une faible proportion de la population : environ 30 000 à 50 000 l’ont comme langue maternelle ou l’utilisent quotidiennement. Des zones de Gaeltacht, où l’on ne parle que gaélique sont quelquefois signalées sur le bord des routes.
Notre premier arrêt a lieu pour la visite des jardins du domaine de Muckross.

Le manoir est construit en 1843 pour le compte d’un député du Kerry et sa femme. Il se compose de 65 pièces. De gros travaux d’aménagement sont entrepris par les propriétaires pour préparer la visite de la reine Victoria en 1861. Ils espèrent tirer de la venue de la souveraine quelques avantages. Mais les dépenses aggravent les difficultés financières du couple qui doit vendre la propriété. La famille Guiness la rachète puis la revend à un couple d’américains dont la femme décède en 1942. Le domaine est depuis géré par l’état irlandais.

Nous faisons le tour du parc paysager, au bord du lac d’immenses rhododendrons de toutes les couleurs,

des plantes et des arbustes d’une grande variété, avec en arrière plan le lac de Muckross et des montagnes boisées.

Nous continuons notre voyage en direction de Killorglin.

Cette petite localité est le siège, tous les ans, du festival du bouc.

Tout commence le premier jour par le couronnement du roi de la fête, un bouc promené dans toute la ville, hissé sur son trône, un échafaudage de 15 m de haut et qui va devoir attendre patiemment sa libération. Les origines de cette coutume sont païennes et évoquent le culte du dieu Pan. Mais d’autres légendes courent, où l’on retrouve Cromwell et ses troupes. Fuyant devant leur avance, un bouc épuisé aurait atteint Killorglin et prévenu la population du danger imminent

Un peu plus loin nous faisons une halte dans un pub, près de Glenbeigh, au Red Fox Inn. Margareth veut nous initier à l’une des boissons caractéristiques de l’Irlande : l’irish coffee, boisson qui aurait été inventée en 1944.

La recette est simple. Dans un verre, verser le whiskey, le sucre puis le café noir. Ajouter la crème avec une petite cuiller et de la cannelle en poudre.
Ce pub en a fait une spécialité et dès l’entrée, les verres et leur dose de whiskey sont prêts pour accueillir le café à la demande.

C’est avec plaisir que chacun goûte ce café spécial

Nous continuons notre périple en direction de Cashersiveen, ville natale de Daniel O’ Connell.

En 1800, le pays se place sous la domination directe de la couronne d’Angleterre. Pour représenter l’Irlande il fallait siéger au parlement de Westminster et les catholiques en étaient exclus.

L’avocat Daniel O’ Connell se lança dans le combat en faveur des catholiques. Il arrache aux Anglais en 1829 l’acte d’Emancipation des Catholiques qui ouvre à ces derniers l’accès aux fonctions publiques et leur assure l’éligibilité. En arrivant dans le village nous pouvons voir les ruines de sa maison natale

et un buste le représentant.

Non loin de là, une statue de saint Brendan, embarqué dans un curragh, pirogue légère mais capable d’affronter les mers les plus tourmentées, tout en transportant de lourdes charges.

Il partit avec 14 autres moines à la recherche de terres lointaines.

L’histoire veut qu’il ait atteint l’Amérique et qu’il en soit revenu sain et sauf. Des passionnés qui tentèrent de renouveler l’exploit en 1976, mirent 13 mois avant de rejoindre Terre-Neuve… !

Nous continuons notre route en direction de Waterville, petite station côtière, célèbre pour avoir accueilli Charlie Chaplin et sa famille qui résidaient à l’hôtel Butler Arms, pendant la saison estivale.

Très fière d’avoir hébergé le père de Charlot, la petite station balnéaire lui a érigé une statue en bronze sur sa « croisette »

Un petit restaurant nous accueille pour le déjeuner avant de reprendre la route.

Nous continuons notre voyage en direction de Sneem. Au passage nous faisons un arrêt sur la corniche qui domine la mer. De là-haut nous avons une belle vue sur les îles au large

et sur un petit port en contrebas.

et tout cela au son de l’accordéon

et en compagnie de petits chevreaux

La route surplombant la mer nous mène à Sneem.

Ce village tout en couleurs de 300 habitants est situé à l’embouchure du fleuve du même nom, que franchit un vieux pont de pierres.

Il est aussi célèbre parce que le général de Gaulle y a séjourné, juste après son départ du pouvoir.

Nous y avons aussi visité l’église anglicane Saint Michel

Sur le dernier tronçon de route avant notre étape à Tralee, nous faisons un arrêt pour admirer un « chapelet » de lacs, appelés lacs du Pater Noster.

Dans cette région nous sommes frappés par l’abondance des rhododendrons sauvages qui causent des dégâts dans la nature. Tous les ans une opération de nettoyage est entreprise pour limiter leur prolifération et éviter qu’ils n’étouffent les autres plantes.

Notre trajet se termine aujourd’hui à Tralee, capitale du comté du Kerry. Tous les ans a lieu dans cette ville l’élection de la « Rose », super miss Irlande, choisie parmi des descendantes d’irlandais venant du monde entier.

Ce soir après le repas, nous sommes conviés à un spectacle donné par un groupe de 7 jeunes musiciens et danseurs, plutôt danseuses, qui se produisent, nous faisant découvrir leurs instruments de musique traditionnels et leurs danses typiques, avec des claquettes. Un bon moment. Les instruments de musique : le violon, l’accordéon, le uilleann pipe, sorte de cornemuse et le bodhrán, sorte de gros tambourin tendu d’une peau, sur laquelle on frappe avec une baguette ou avec les mains.

Certains d’entre nous vont même s’essayer à la danse irlandaise, sous l’œil admiratif des spectateurs

Ce soir nous nous endormons émerveillés par l’agilité des danseuses de claquettes par l’harmonie de la musique irlandaise.