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Lundi 23 mai 2016 : de Tralee à Galway

mardi 28 juin 2016, par Yvette Prigent

Lundi 23 mai 2016 : de Tralee à Galway

Ce matin nous quittons le comté du Kerry pour entrer dans le comté de Clare où nous visiterons les falaises de Moher et la région du Burren. Ce soir nous entrerons dans le comté de Galway pour dormir dans la ville du même nom.

Pour rejoindre le comté de Clare, nous allons vers le nord et traversons une région où l’on peut voir de nombreux troupeaux de vaches. Cette région est célèbre pour son beurre.

L’énergie nécessaire au pays est importée à 87%. L’Irlande dispose de centrales à charbon, à tourbe et des éoliennes.

Nous arrivons au village de Tarbert où un bac embarque engins roulants et piétons pour traverser le Shannon. Ce moyen de voyager nous évite 130 kms de bus.

Le comté de Clare dans lequel nous arrivons est plus pauvre et moins fertile que le Kerry.
Nous longeons la mer en direction de Liscannor et des falaises de Moher

Pendant notre parcours Margareth continue l’histoire du pays.
Au VIII° siècle l’Irlande est dirigée des petits rois qui se livrent bataille pour agrandir leurs royaumes. A cette même époque les Vikings débarquent et s’installent sur les côtes d’Irlande. Ils utilisent les voies navigables pour entrer à l’intérieur du pays. Pour se défendre les Irlandais construisent des tours rondes. Les hommes venus du Nord fondent aussi un certain nombre de villes côtières : Dublin, Cork, Limerick. Quelquefois les petits rois d’Irlande s’associent à eux pour combattre les royaumes rivaux.

Au 12° siècle Dermott Mc Murrough, le roi déchu du Leinster, province où nous sommes, fit appel au roi normand d’Angleterre Henri II Plantagenet pour le rétablir sur le trône. Richard de Clare, seigneur du roi Henri, débarque alors en Irlande en 1169. L’écrasante supériorité militaire des Normands eut en peu de temps raison de la résistance irlandaise. Le roi irlandais donna sa fille Aoife en mariage à Richard de Clare. Il avait 40 ans de plus qu’elle : il en avait 56 et elle 16 … !

Visite des falaises de Moher.

Ces falaises noires, composées de strates de grès et de schiste, sont l’un des sites naturels les plus spectaculaires d’Irlande. Hautes d’environ 200 m, elles s’étirent sur 8 kms. Des aménagements importants ont été faits pour protéger cet endroit qui est visité tous les ans par plus d’un million de touristes.

Sur le parking, une sculpture en bois résume l’intérêt du site que nous allons visiter : des falaises abruptes où l’on se sent tout petit, la tour O’Brien, point culminant et des oiseaux qui trouvent refuge en faisant leurs nids dans la roche.

En quittant le parking, une rampe d’accès nous mène à la Tour O’Brien construite en 1835 comme tour d’observation.

Elle a été construite sur le plus haut point du site. Nous y sommes accueillis par un joueur de cornemuse.

De là-haut le spectacle est saisissant : les falaises plongent à la verticale dans l’océan

et les vaches n’ont même pas le vertige … !

La roche est d’une couleur noire sombre,

profondément marquée par l’érosion du vent et des flots.

Ce paysage a accueilli l’une des scènes d’un film de Harry Potter.

Pour déjeuner, nous sommes revenus à Lahinch, petite station balnéaire avec sa plage idéale pour le surf.

Sous le soleil nous prenons la direction de Kilfenora, un peu à l’intérieur des terres. Sur le bord de la route un mémorial en souvenir de la terrible famine qui sévit en Irlande au milieu du 19° siècle.

On peut y voir un jeune enfant, frappant à la porte d’une maison un soir pour demander à manger. La porte était restée close et le lendemain matin il a été retrouvé mort de faim près de la maison.
Introduite dans le pays au 17° siècle par Walter Raleigh, la pomme de terre était devenue la nourriture de base de la majorité des Irlandais de l’ouest, du sud et du centre, à la différence du Nord où l’orge jouait ce rôle. La dépendance à l’égard de la pomme de terre s’avéra catastrophique lorsque le mildiou fit son apparition en 1842

Les Catholiques furent plus touchés par ce fléau que les Protestants. La première année, les gens dépensèrent leurs maigres économies pour subsister, mais la famine fut bien réelle les années suivantes.
Il y eut quelques tentatives pour donner du travail aux miséreux en les employant à construire des murs servant de clôture aux pâturages, ces « famine walls » que l’on voit encore dans les campagnes.
Voulant fuir la famine, de nombreux irlandais s’embarquèrent pour l’Amérique. Ils s’entassent dans ce que l’on a baptisé à juste titre des « cercueils flottants » En 1851 il y eût jusqu’à 255 000 départs. Selon certaines estimations 1 irlandais sur 5 n’est jamais arrivé à bon port. New York est aujourd’hui la première ville irlandaise et Boston peut être considérée comme la capitale du Connemara
L’Irlande qui comptait plus de 8 millions d’habitants en 1841, avait perdu plus du tiers de sa population dix ans plus tard, car à la famine avait succédé une émigration considérable vers l’Amérique, dans ces bateaux cercueils.

Arrivée à Kilfénora.

Un panneau signalétique qui illustre le fait qu’en Irlande certaines tournures françaises sont utilisées couramment

Nous sommes un peu surpris d’apprendre que la petite église à moitié en ruine de ce village est une cathédrale.

Les objets les plus intéressants de la visite sont trois grandes croix.

Nous commençons par celle qui se trouve dans un champ, non loin de l’église. Elles ont la particularité d’avoir des bras entourés d’un anneau, les bras dépassant celui-ci.

La plus grande, la Doorty Cross est présentée dans la partie en cours de restauration des bâtiments.

Sur l’un des côtés, on distingue un personnage, peut-être Saint Fatchnan,

donnant sa bénédiction à deux personnes : un évêque tenant une crosse irlandaise et un abbé tenant une crosse en T

Dans ce même lieu, une croix plus simple

et dans le cimetière, autour de la cathédrale, des croix très anciennes sur les tombes.

Nous prenons ensuite la direction du Burren en passant par Lisdoonvarna célèbre pour sa foire aux célibataires qui autrefois permettait aux fermiers du coin de trouver l’âme sœur, par l’entremise d’un marieur. Aujourd’hui, ce festival attire une grande foule qui trouve là prétexte aux excès de boissons, de chansons et de danses.

Arrivée au plateau du Burren. Le spectacle est lunaire : un plateau calcaire, sculpté par les glaciers, les vents et la pluie. C’est un relief de type karstique

« C’est un pays où il n’y a pas assez d’eau pour noyer un homme, pas assez d’arbres pour le pendre, pas assez de terre pour l’enterrer (...) et pourtant leur bétail est bien gras, car l’herbe, qui pousse sur des mottes de terre de quelques pieds carrés, entre les cailloux de calcaire, est bien douce et fort nourrissante » C’est ainsi qu’un officier de Cromwell, pendant la conquête de l’Irlande, décrivait cette région.

Au large nous pouvons voir les iles d’Aran, célèbres pour leurs pulls en laine, avec des points très compliqués. Autrefois chaque famille avait ses mailles particulières, ce qui permettait de reconnaitre les noyés... !

Dans les crevasses du plateau s’épanouissent des plantes alpines et méditerranéennes.

Certains se mettront à genoux, à la recherche de la fleur rare.

Margareth vient en aide aux plus curieux du groupe avec son herbier illustré.

Cette pause est aussi l’occasion de photographier de belles roses venues de Bretagne,

auxquelles on ajoutera quelques épines… !

Pour rejoindre notre ville étape du soir, nous poursuivons par la route côtière en passant à Fanore. Ce petit village jouit d’une belle plage de sable, ce qui explique la présence de caravanes et de bungalows installés sur les dunes

Un peu plus loin le petit phare de Black Head qui marque l’entrée sud de la baie de Galway. A l’horizon on voit les côtes du Connemara où nous irons demain.

Nous passons à Ballyvaugghan, la capitale du Burren, Puis l’abbaye de Corcomroe, fondée au 12° siècle et en ruine actuellement.

Enfin Kinvarra, jumelée avec Locoal Mendon depuis plus de 30 ans ;

Puis nous quittons le comté de Clare pour entrer dans celui de Galway. Ce soir nous dinons et dormons à Galway, capitale du lieu.
Après le repas, nous sommes conviés à une soirée au pub de l’hôtel pour écouter un groupe de chanteurs irlandais,

en sirotant une bière du cru.

Ce matin dans le car Margareth nous a distribué une feuille avec les paroles de la chanson Molly Malone que nous avons l’occasion de reprendre en chœur avec le groupe ce soir.

Demain nous irons découvrir une région mythique de l’Irlande : le Connemara.