ARECMO

Accueil > 90.archives des voyages > IRLANDE : mai 2016 > Mercredi 25 mai 2016 : de Castlebar à Milford

Mercredi 25 mai 2016 : de Castlebar à Milford

mardi 28 juin 2016, par Yvette Prigent

Mercredi 25 mai 2016 : de Castlebar à Milford

Ce matin nous quittons Castlebar pour nous rendre à Milford au nord de l’Irlande ;
En cours de route Margareth nous parle encore de l’Histoire du pays.
Les Celtes, peuple d’origine asiatique qui s’était fixé en Europe centrale, envahirent l’Irlande à partir de 5° siècle avant J.C. Répartis en tribus, ils s’emparent progressivement de tout le pays. Ils montrent un goût certain pour les choses de l’esprit. Ainsi apparaissent les druides, les poètes, les historiens et les bardes. Politiquement l’île est divisée en 150 royaumes belliqueux. A la tête de chacun se trouve un roi élu qui n’a de cesse de faire la guerre à ses voisins.

Puis vint Saint Patrick, ce fils d’un fonctionnaire romain de Bretagne insulaire. Il aurait été enlevé par des pirates à l’âge de 16 ans et emmené comme esclave chez un druide de l’actuelle province de l’Ulster. Il s’en évade six ans plus tard et parfait en France une solide instruction religieuse. Il revient convertir l’île de 432 à 461. Le pays se couvre alors d’églises et de monastères.

Le christianisme irlandais développe les arts et spécialement la calligraphie et l’enluminure, dont le livre de Kells que nous verrons à Dublin. Puis les moines irlandais essaiment partout en Europe occidentale. On a retrouvé trace de plusieurs d’entre eux dans notre Bretagne et même outre Atlantique comme le suggère le voyage de Saint Brendan qui serait allé jusqu’à Terre-Neuve. En 1976, l’Irlandais Tim Severin construisit une barque en peaux de bêtes tendues et en atteignant Terre-Neuve par les îles Féroé et l’Islande, prouva que le voyage de Brendan jusqu’en Amérique était techniquement possible.

De la religion nous passons à la passion des Irlandais pour le sport. Certains d’entre eux sont spécifiques au pays, comme le hurling et le foot gaélique.
Le hurling se joue entre deux équipes de 15 joueurs, chacun étant muni d’un hurley, une sorte d’étroite crosse en bois de frêne de 1 m de long qui sert à frapper une balle de liège recouverte de cuir et à lui faire franchir des poteaux semblables à ceux de rugby. La camogie ou hurling féminin suit les mêmes règles mais avec 12 joueuses dans chaque camp et un terrain plus petit.

Le football gaélique se joue avec un ballon rond et oppose deux équipes de 15 joueurs. Les sportifs peuvent utiliser le pied ou la main (le temps de quatre pas).

Puis Margaret nous parle un peu du système scolaire.
La scolarité commence à 5 ans et l’école primaire dure 7 années. Puis au bout de trois années d’études secondaires, les collégiens passent l’équivalent de notre brevet.
Ensuite quelques écoles proposent une année de transition avant deux années d’études pour l’équivalent de notre baccalauréat.
L’inscription dans l’enseignement supérieur est subordonnée à l’obtention de bonnes notes pendant la scolarité.
En approchant de Sligo, Margaret nous parle de l’un des prix Nobel Irlandais, le poète William Buttler Yeats.

Il vécut une partie de sa jeunesse dans le comté que nous traversons, au pied de la montagne Benbulben.

Ses poésies sont imprégnées des mythes et du folklore irlandais. A l’âge de 24 ans il rencontre Maud Gonne, une jeune héritière qui s’occupait des pauvres et des rebelles politiques. Deux ans plus tard il la demande en mariage, mais elle refuse. Il se tourne alors vers une autre jeune fille qu’il quitte et à nouveau essaie de conquérir le cœur de Maud. Il la demande en mariage à trois reprises, mais finalement elle épouse John Mac Bride.
A son tour il se marie et aura trois enfants.

Il décède à France en 1939 à Roquebrune-Cap-Martin. A l’époque il est enterré dans une fosse commune et ses ossements sont exhumés en 1946. En 1948, un cercueil sensé contenir sa dépouille, est rapatrié en Irlande est inhumé au cimetière de Drumcliff. Sa tombe, sur laquelle est gravé l’un de ses vers : « jette un regard froid sur la vie, sur la mort, cavalier, et passe ton chemin ».

On a émis des doutes sur la provenance des ossements arrivés à Drumcliff, mais ce qui importe est que son « âme » est ici et repose à l’ombre du mont Benbulben où il voulait être enterré.

La petite église anglicane du cimetière et la simplicité du décor.

Dans le jardin du cimetière, des arbres ont été plantés. On peut y voir celui que le Princ Charles et Camilla ont mis en place en mai 2015, pour la paix et la réconciliation.

Plus loin Classiebawn Castle, la résidence de vacances de Lord louis Mountbatten.

Il y venait très souvent en famille, avec enfants et petits-enfants et s’adonnait à la pêche.
En août 1979, alors qu’il fait une sortie familiale en bateau, celui-ci explose sous l’effet d’une bombe qui avait été placée sur la coque par un membre de l’IRA.

Il décède dans l’explosion, ainsi que l’un de ses petits-fils et un autre jeune garçon. Une page sombre de l’histoire du pays.
Nous poursuivons notre route vers Donegal. Aujourd’hui nous ne sommes pas sûrs de pouvoir traverser la ville parce que le prince Charles et sa femme Camilla rendent visite à cette région et sont reçus à Donegal à cette occasion. Nous arrivons après les festivités et sommes autorisés à passer.
Sur la place du village, les chorales rangent leurs partitions après l’accueil du couple princier

En longeant la côte nous nous dirigeons vers Killibegs, petit port de pêche, où le déjeuner nous attend.

La présence du prince et de sa femme perturbe aussi notre visite de cet après-midi. Nous devions aller au le parc national de Glenveagh. Malheureusement aujourd’hui il est fermé parce que le couple princier y passe la journée. Nous irons donc visiter le petit village de Glencolumbkille.

C’est en ces lieux que Saint Colomba, l’un des trois saints patrons de l’Irlande avec Saint Patrick et Sainte Brigitte, s’est retiré pour une retraite, près de la belle plage en contrebas.

La principale attraction du village est le Folk Village Museum qui domine la plage. Quelques chaumières traditionnelles du Donegal qui montrent la vie dans la région les trois derniers siècles. A l’origine du projet, ouvert en 1967, le Père James McDyer.

Affecté en ce lieu en 1951, il découvre une communauté complètement délaissée, sans travail, sans électricité, sans eau courante, une communauté qui s’éteint peu à peu, au fur et à mesure que sa jeunesse émigre pour chercher du travail et des conditions de vie décentes. Pendant trente ans il va lutter contre l’abandon de la région par l’état irlandais. Il obtient l’installation de l’électricité et de l’eau courante. Il y instaure un système communautaire et permet le développement de petites industries et coopératives. Les limites de ce système furent atteintes lors de la crise économique du pays.

Le village est un groupe de plusieurs petits chalets perchés sur une colline, surplombant la baie. Chacun d’entre eux est une réplique exacte de ceux utilisés par la population locale des 17°, 18° et 19° siècles, et est équipée avec les meubles, objets et ustensiles de sa période particulière. Au 17° siècle l’ameublement est rudimentaire

Au 18° siècle

Et au 19° siècle

Une salle de classe reconstruite,

la demeure d’un pêcheur.

Un pub-épicerie complète le décor et montre ce qu’était la vie rurale dans cette province reculée d’Irlande.

En contrebas du village, une belle plage de sable fin où de promènent plusieurs arecmistes.

Après cet arrêt, nous reprenons notre route en direction de Milford. Nous passons près de l’entrée du Parc de Glenveagh que nous n’avons pas pu voir aujourd’hui pour cause de visite princière.

Nous apercevons le mont Errigal (752 m), pic de quartzite blanc, qui semble couronné de neige.

Vers le bas, une église en ruine au bord d’un lac.

Ce soir nous dormons à Milford et demain nous entrons en Irlande du Nord en direction de Derry.