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De Séville à Cordoue .15 mai 2017

mardi 13 juin 2017, par armelle le loer, Danielle le Bohec

LUNDI 15 MAI

Séville-Cordoue

Ce matin, visite de Cordoue avec une guide locale
Cordoue avec sa célèbre mosquée- cathédrale et ses patios (cours intérieures avec arbustes et pots de fleurs) est située sur le grand Rio Guadalquivir. Les Romains y construisirent le premier pont (Puento romano). La Juderia (ancien quartier juif) est proche de la cathédrale avec le monument à Maimonide (philosophe, médecin avec sa célèbre question « que mangez-vous ? » mais aussi théologien juif – toucher son pied porterait bonheur alors il brille !), à la Calle Judios .

Cordoue fondée par les Carthaginois devint ensuite un municipe romain (où naquit Sénèque) mais son âge d’or remonte au Xème siècle quand elle était la capitale d’un califat indépendant. Elle était alors la plus grande ville et centre culturel du monde connu … Elle est conquise en 1236 par Ferdinand III de Castille .C’est ici qu’Isabelle la catholique décida de soutenir l’aventure de Christophe Colomb (sculpture unique des deux personnages ensemble sur une des places de la ville)

La Mezquita est le symbole le plus célèbre de la domination musulmane en Espagne
Avec sa cour très ombragée par des orangers aux oranges amères et aux mini canaux collectant la pluie pour la fontaine aux ablutions, la mosquée occupe un grand rectangle de 128 x 175 m. La mosquée construite sur les fondations d’une cathédrale wisigothique fut achevée à la fin du Xème siècle. La salle des prières avait plus de 1000 colonnes de granit, de jaspe et de marbre. .La bichromie des arcades produite par la combinaison des briques rouges et des pierres calcaires disposées de manière radiale eut tant de succès qu’elle s’étendit amplement dans l’art islamique et même au style roman . Aujourd’hui, il ne reste que 850 colonnes après les nombreux remaniements pour intégrer en 1523(après la reconquête) la cathédrale chrétienne et les diverses chapelles où voulaient être enterrés les notables de la ville( en fermant les patios, rendant ainsi la cathédrale beaucoup plus sombre). Il faut remarquer les chaires et le chœur en bois d’acajou venant de Cuba, les deux grandes orgues et les nombreuses représentations de st Raphaël… . .Le Mihral, très richement orné, était la niche à prières abritant une précieuse copie du Coran.
La Torre del Alminar de 83 m de haut renferme l’ancien minaret
Non loin de la mosquée, Alphonse XI fit construire une forteresse carrée dotée de tours pour son palais. L’Alcazar fut le lieu de rencontres des rois catholiques avec Christophe Colomb puis abrita les geôles du tribunal de l’Inquisition et fut prison civile et militaire jusqu’en 1951. Il est aujourd’hui entouré de beaux jardins avec 5 bassins.
Après la découverte du centre historique de Cordoue et un passage « obligé » par les petites ruelles si bien fleuries (Callejon de las Flores) , nous déjeunons en ville ,au frais dans un patio, avec des tapas( mais assis à table !). Les tapas sont des amuse-gueules créés en Andalousie pour accompagner le xérès.(le tapas était la petite coupelle avec quelques olives qui protégeait le verre des mouches). Chaque village possède son ou ses bars à tapas. La coutume est de faire la tournée des bars pour en déguster les spécialités, mais debout ou sur un tabouret de bar... Nous avons découvert le salmorejo, soupe froide épaisse avec des dés de jambon et de l’œuf dur, la tortilla (omelette froide avec oignons et pommes de terre, le jambon serrano (séché dans la Serra mais beaucoup moins cher que le jambon ibérique- venant d’un cochon noir élevé 2 ans en liberté dans les forêts de chênes- lièges- séché 36 mois dans la montagne et qui vaut de 90 à 250 euros le kg !) les chorizos au paprika, à l’ail…

Cordoue est aussi célèbre pour ses fêtes : la Semaine Sainte, les croix de mai en fleurs, le concours des patios, la féria…

Nous prenons la route de Grenade. Après la siesta, (moment sacré en Espagne !) nous nous arrêtons à Luque, au cœur de la première région mondiale de production d’huile d’olive  : 1 507000 t par an contre 450000 t pour l’Italie. L’Espagne exporte surtout en Italie, au Portugal, aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, au Japon, en Chine.
L’olivier fut introduit en Andalousie par les Phéniciens ou les Grecs. Les olives sont récoltées en hiver jusqu’à avril, elles sont immédiatement broyées avec les noyaux pour obtenir une pâte homogène puis pressées.
L’huile obtenue peut être extra vierge (1ère pression à froid), vierge ou raffinée selon la qualité ; 5 kg d’olives donnent 1 l d’huile ; un arbre donne environ 80 à 90 kg d’olives par an.
Selon le terrain, les arbres sont plus ou moins serrés : on utilise le vibrateur qui secoue l’arbre ou la gaule pour faire tomber les olives. L’olive d’abord verte devient violette mais jamais noire. Nous passons par un petit musée avec différents pressoirs et diverses machines pour l’extraction de l’huile avant de déguster deux sortes d’huile sur un morceau de pain et de faire quelques emplettes : huile, amandes ou cerises au magasin attenant.

Nous reprenons la route car nous sommes attendus dans le quartier gitan de l’Abayzin pour un spectacle de flamenco.

Le flamenco, plus qu’une danse accompagnée de chants a capella ou de guitare, est l’expression des souffrances et des joies de l’existence. Cet art, purement andalou, remonte au XVIIIème et est exécuté traditionnellement par les Gitans. Les danseurs et danseuses en longues robes à volants improvisent suivant le rythme de la guitare et leur inspiration. Les Gitans mêlent à leur culture d’influence indienne les folklores andalous et maures et même la musique juive et chrétienne. Le rythme est donné par la guitare et parfois les castagnettes mais le battement des pieds de la danseuse (mis en valeur par Carmen Amaya) et les mouvements compliqués des doigts et des mains sont aussi très importants. Aujourd’hui, après un léger déclin, l’intérêt pour le flamenco est en nette progression : traditionnaliste ou moderne avec des influences de jazz ou de musique latino-américaine. Carmen Linares est connue comme l’une des plus grandes chanteuses de flamenco, Paco de Lucia lui comme meilleur guitariste tandis que Sara Baras est une danseuse internationalement reconnue pour sa rythmique.

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