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Sortie Culturelle à Bordeaux 7,8,9 octobre 2021

mercredi 27 octobre 2021, par armelle le loer

Sortie culturelle à Bordeaux 7,8 et 9 octobre 2021

Jeudi 7 octobre

C’est sous un soleil radieux que Bordeaux nous accueille. Nous sommes 42 Arecmistes parés pour la découverte .Nous avons une pensée pour les amis qui ont dû annuler leur voyage au dernier moment.
Notre chauffeur Alain, déjoue avec calme et habileté les pièges de la circulation bordelaise à cette heure de pointe. Notre première halte sera pour déjeuner chez Jean dans le quartier des Chartrons, restaurant typique bien qu’un peu exigu pour des Arecmistes au verbe déjà haut.
Deux groupes se forment autour des guides Carl et Olivier. Ils nous entraînent sans tarder dans le dédale des quartiers historiques de la ville.
La visite commence sur la place du Parlement entourée d’immeubles de style rocaille qui se distinguent par les mascarons au-dessus des portes et des fenêtres, les balcons sur trompe, les monogrammes en fer forgé et très souvent l’emblème de la ville, les trois croissants entrelacés.
Notre guide profite de ce moment pour nous rappeler l’histoire de la ville.

Au 18è siècle, le marquis De Tourny, intendant de Guyenne, fait de cette ville entourée de marais, l’une des plus belles de France aux solides constructions de pierres.
Bordeaux exploite au maximum les avantages de sa situation maritime et devient le premier port du royaume où s’installent armateurs, financiers et négociants. L’exportation du « claret » au temps de la domination anglaise ainsi que le trafic des denrées et des esclaves ont déterminé son dynamisme portuaire.

Place de la Bourse



Cette jolie place fut aménagée dans les années 1730- 1755 d’après les plans des architectes Gabriel père et fils.
Deux édifices, sont caractérisés par des colonnes portant des frontons triangulaires, le palais de la Bourse et le musée national des Douanes.
La fontaine des trois Grâces orne le centre de la place.
Plus loin, la porte Cailhau, arc de triomphe datant du 15è siècle, était à l’époque intégrée dans les remparts qui protégeaient la ville. On aperçoit la statue du roi Charles VIII.

Place Pey-Berland



En remontant la rue du Loup, nous découvrons la célèbre tour Pey-Berland et la cathédrale Saint André qui fut consacrée par le pape Urbain II en 1096.Elle a été reconstruite dans le style gothique du XIIè au XVIè siècle après avoir subi des destructions pendant les invasions médiévales.

Un peu d’histoire


C’est dans cette cathédrale que Louis VII futur roi de France épouse Aliénor d’Aquitaine qui lui apporte en dot le duché d’Aquitaine, le Périgord, le Limousin, le Poitou, l’Angoumois, la Saintonge, la Gascogne, la suzeraineté sur l’Auvergne et le comté de Toulouse. Après quinze ans de vie conjugale, le roi, au retour des Croisades fait prononcer le divorce. Aliénor recouvre sa liberté et sa dot. Elle se remarie 2 mois plus tard avec Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou, suzerain du Maine, de la Touraine et duc de Normandie. C’est pour les Capétiens une catastrophe politique. En 1154, Henri II Plantagenêt devient roi d’Angleterre .La lutte franco-anglaise s’engage et durera trois siècles.

Dépouillée de ses œuvres liturgiques remarquables pendant la Révolution de 1789, la cathédrale Saint-André servira tantôt d’entrepôt à fourrage tantôt de temple de la Raison.
On aperçoit également l’imposante statue de Chaban-Delmas, célèbre maire de Bordeaux pendant près d’un demi-siècle.

L’Hôtel de ville ou Palais Rohan



Il occupe l’ancien Palais épiscopal construit au XVIIIè siècle pour l’archevêque Ferdinand Maximilien de Mériadeck, prince de Rohan.

Porte Dijeaux



C’était une entrée à l’ouest de la ville dès l’époque romaine et la première ligne de fortification.
Par le cours de l’Intendance, autrefois fossé bordé de remparts qui délimitaient la ville historique, nous accédons au Grand Théâtre.
Situé place de la Comédie, il fut élevé de 1773 à 1780 sur les vestiges d’un temple franc-maçonnique sur les plans de l’architecte Victor Louis. Dans le vestibule, on peut admirer le plafond à caissons et l’escalier monumental qui constitue la pièce majeure de l’édifice.
Notre guide nous entraîne avec bonheur dans l’auditorium au plafond richement peint et aux murs ornés de dorures et de tableaux de maîtres. Nous ne cachons pas notre émerveillement devant tant de magnificence.
La salle de spectacle parée de lambris et de douze colonnes dorées à l’or fin pouvait accueillir, à l’époque, 1800 spectateurs .Du plafond peint en 1907 par Rogagneau se détache un lustre scintillant de cristaux de Bohême. C’était le lieu idéal, pour se faire voir nous précise notre guide.
Le grand Théâtre accueille aujourd’hui des concerts lyriques et de la musique classique.
Un peu de lèche-vitrines rue Sainte-Catherine s’imposait et voilà nos Arecmistes envolés dans la rue commerçante la plus longue d’Europe.

Vendredi 8 octobre


C’est sans encombres qu’aussi patient que déterminé, Alain nous conduit à la Cité du Vin.
Inaugurée en 2016, ce lieu d’exposition sur le thème du vin a pour but d’assurer la transmission, la valorisation et la sauvegarde du patrimoine culturel universel et vivant du vin. La structure du bâtiment a la forme d’un cep noueux pour rappeler à la fois un vin tournant dans un verre et les remous de La Garonne qui borde le site.
Equipé d’audio-guide, chacun, à son rythme, entame un voyage à travers le temps et l’espace à la découverte du vin comme patrimoine culturel.
Au 8è étage,nous est offerte une sympathique dégustation des vins de Bordeaux et verre à la main nous profitons d’un dernier coup d’œil sur la ville et le port de La Lune.

Les Chartrons



Sur les quais, non loin du miroir d’eau, nous savourons un déjeuner « Confidentiel » dans un ancien chai aménagé en restaurant avant de poursuivre notre visite.
Les origines les plus lointaines du quartier auxquelles il doit son nom ,remontent au 14è siècle lorsque s’y installa une communauté de moines chartreux. Les grandes familles de négociants hollandais, Anglais, Irlandais y arrivent au XVIIè siècle .Au XVIIIè siècle le port de La Lune est le plus important de France .Son histoire est aussi marquée par le commerce colonial.
De nos jours, c’est un quartier bourgeois où fleurissent les boutiques des antiquaires et des brocanteurs.
Sur les quais, on peut encore admirer les maisons hollandaises du 16è siècle et l’Hôtel des douanes ou Hôtel des fermes du roi qui prélevait les droits et les taxes sur les marchandises qui transitaient par le port .Le dessin des façades fut confié à l’architecte Gabriel .Il est la réplique symétrique du Palais de la Bourse.
L’église Saint-Louis -des -Chartrons construite à la place du Couvent des Carmes présente des tours qui en font l’église la plus haute de Bordeaux.
Rue Notre-Dame, nous découvrons une maison de style mauresque qui fut un hammam au 19è siècle.
Au cœur du quartier se dresse le Centre des Congrèss, cité mondiale aux façades avant-gardistes.
Le temple protestant de style néo-classique construit en 1832-35 est désaffecté depuis 1970.
Sur le cours Arnozan, une fontaine Wallace attire notre attention. Elle fut financée par la famille Schyler, descendante du richissime anglais pour lutter contre la misère et l’alcoolisme.
C’est là que se trouve également l’Hôtel Fenwick, hôtel particulier construit entre 1793 et 1800 sous l’impulsion de Joseph Fenwick riche négociant du commerce de l’huile de baleine. Cet hôtel a accueilli le premier consulat des Etats-Unis.

Place Lainé


Elle est située sur les quais devant le magnifique bâtiment de la Bourse maritime de style néo-rocaille. L’entrepôt Lainé était destiné au stockage sous douanes des marchandises en provenance des Colonies avant leur expédition dans toute l’Europe.

C’est ainsi que se termine notre visite à Bordeaux.
Des images et des histoires plein la tête, nous quittons Carl et Olivier que nous remercions chaleureusement pour leurs commentaires denses et précis.

Samedi 9 octobre


Levés aux aurores, nous poursuivons notre périple en direction de Saint-Emilion. Au soleil levant, nous admirons les vignobles noyés dans la brume.
Deux guides conférencières nous attendent pour la découverte de la cité médiévale dont l’histoire commence avec celle d’ Emilion.
Ce moine breton natif de Vannes abandonna sa Bretagne natale au VIIIè siècle et trouva refuge sur les pentes calcaires de la Dordogne. Il s’y aménagea une grotte alimentée en eau par une source. L’ermite breton fit des émules qui bâtirent là un monastère. Plusieurs communautés religieuses s’y installèrent au cours des siècles, les Bénédictins, les Augustins, les Franciscains, les Dominicains et les sœurs Ursulines.

Du IXè au XIXè siècle les hommes ont extrait la roche calcaire pour édifier des maisons notamment à Bordeaux. Les 200 km de galeries souterraines ont servi aussi de refuges pendant les guerres.
L’église collégiale et son cloître sont classés aux monuments historiques depuis 1840.
La Tour du roi est un donjon–citadelle édifiée en 1237 sur ordre de Jean Sans Terre, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine.
Pressés par le temps, nous ne verrons pas l’intérieur de l’église monolithique souterraine mais notre guide , en passant, détaille les origines de l’édifice creusée dans la pierre au début du 12è siècle.
Après cette intéressante visite, nous prenons la direction du domaine de Château Champion où nous attend Véronique Bourrigaud dont la famille produit du vin depuis plusieurs générations. Intarissable, c’est avec passion qu’elle nous renseigne sur la juridiction de Saint-Emilion, la culture de la vigne et ses aléas, le classement des vins, la vinification.
Après une visite dans les chais, nous nous attablons pour passer à la dégustation.
Mais pour commencer, nous bénéficions d’un véritable cours d’œnologie. Nous apprenons à tenir notre verre, à observer sa couleur, à sentir le vin, à le mâcher et à l’avaler bien sûr. Inutile de préciser que l’excellent repas qui a suivi s’est déroulé dans une joyeuse ambiance.
Car ....

« Le vin d’ici vaut mieux que l’eau de là »

 !!!

Saintes


Après une petite sieste bien venue dans le car, nous arrivons à Saintes, capitale de la province romaine d’Aquitaine.
Sans tarder, notre guide nous entraîne sur les vestiges de l’amphithéâtre commencé sous le règne de Tibère.(13-37 après J.C).
Jusqu’à 17 000 spectateurs pouvaient se presser sur les gradins pour assister à des représentations violentes et sanglantes. Deux grandes portes permettaient de communiquer avec l’extérieur : la porte des vivants par où entraient et sortaient les gladiateurs et la porte des morts d’où sortaient les gladiateurs et les animaux tués au combat pour être enterrés dans la nécropole non loin de là.

L’Arc de Germanicus



Ce n’est pas un arc de triomphe mais un arc routier à deux baies bâti à l’arrivée de la voie romaine Lyon-Saintes au niveau du pont romain sur la Charente.

L’Abbaye aux Dames



Ancienne abbaye bénédictine, construite en 1047, elle deviendra au fil du temps un des plus puissants monastères de femmes du sud-ouest français. Sa mission était d’éduquer les jeunes filles issues de la noblesse française, parmi elles, Madame de Montespan, favorite de Louis XIV
A la révolution elle est convertie en hôpital puis en prison. Sous le règne de Napoléon Ier, elle deviendra une garnison et le restera jusqu’en 1924.
Rachetée par la ville, après des travaux de restauration, elle est rendue au culte. Une partie du bâtiment est aménagée en conservatoire. L’abbaye est le théâtre principal du Festival de Saintes qui a lieu chaque année au mois de juillet.

L’église abbatiale Saint-Marie


présente un magnifique portail sculpté de style roman saintongeais, variant du style roman datant du Moyen-Âge.
A l’intérieur on peut admirer entre autres, les magnifiques tapisseries de Jean-François Favres illustrant La Genèse.

C’est ainsi que se termine notre périple non sans avoir pris le temps d’immortaliser cette sympathique échappée belle en Aquitaine et Saintonge.

Les photos sont de Michel Tavernier et Bernard Laly