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Mardi 17 septembre 2013 : premier jour à Istanbul

lundi 7 octobre 2013, par Yvette Prigent

Mardi 17 septembre 2013

Ce matin attente du minibus qui récupère nos bagages pour les mener au car qui ne peut pas circuler jusqu’à l’hôtel.

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Pour passer le temps Michel s’improvise « mendiant », essayant de récolter quelques subsides pour s’acheter son raki quotidien … !

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Aujourd’hui la récolte est maigre et ne lui permettra pas de remplacer ses nu-pieds par les chaussures bateau que son voisin lui fait miroiter ...!

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Nous commençons notre visite d’İstanbul, cette ville tentaculaire qui ne compte pas moins de 15 millions d’habitants, plus peuplée à elle seule que des pays entiers comme le Luxembourg, la Belgique, la Grèce ou le Portugal… !

C’est au légendaire roi Byzas, vers 660 av. J.-C. que l’on doit la fondation de la première colonie qui s’établit à l’embouchure du Bosphore. Avant de partir, Byzas avait consulté les oracles pour savoir où il devait fonder sa future cité. « En face des aveugles « lui répondit l’oracle. Il se mit en route et conduisit ses navires à l’entrée du détroit, sur la côte européenne, dotée du port naturel de la Corne d’Or. Pour Bizas les aveugles étaient ceux qui s’étaient installés en face, côté asiatique.
Très vite Byzance devint un carrefour commercial prospère, convoité par les Perses, les Grecs et les Macédoniens qui s’en emparèrent tour à tour. La ville retrouva son opulence avec Alexandre Le Grand (333 av. J.-C.)
Constantin 1er, intronisé en 306, est le premier empereur romain à se convertir au Christianisme. Il déplace la capitale de l’empire romain et fonde Constantinople.
L’empire byzantin s’installe, avec des hauts et des bas au gré des guerres, des croisades …
En 1453 la prise de Constantinople par Mehmeth II marque la fin de cet empire.
La très chrétienne Constantinople, devient Istanbul la musulmane, capitale de l’empire ottoman. Des travaux sont entrepris qui transforment les églises en mosquées.
Les sultans se succèdent, tel Soliman Le Magnifique et l’architecte Sinan construit des chefs-d ‘œuvres comme le palais de Topkapi.

Nous quittons la partie asiatique d’Istanbul et passons sur l’un des deux ponts intercontinentaux qui relient l’Asie et l’Europe.
Dans la brume du matin nous apercevons la Mosquée Bleue que nous visiterons aujourd’hui.

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Notre première visite est pour la place de l’Hippodrome ou esplanade de Sultanamet. Le premier hippodrome a été construit par Septime Sévère en 203 de notre ère. C’est un lieu pouvant accueillir 30 000 spectateurs qui assistaient à des jeux, des compétitions sportives, des représentations théâtrales. Ce fut aussi un des hauts lieux de la vie politique de la cité.
Aujourd’hui il ne subsiste que des colonnes érigées au fil du temps

L’Obélisque de Théodose

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C’est le plus ancien monument d’Istanbul parce qu’il date de 1500 av. J.-C.. Il a donc 3500 ans, L’empereur byzantin Théodose 1er le fit venir d’Egypte en 390.
C’est un monolithe de porphyre qui mesurait à l’origine 32,5 m. Pour le transporter, on dut le couper et il mesure actuellement 20 m de haut

La base du monument repose sur quatre cubes de bronze, eux-mêmes posés sur un socle e marbre, décoré de bas-reliefs illustrant des scènes de l’hippodrome, comme ici la remise de couronne aux vainqueurs des courses de char

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La Colonne Serpentine.

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Elle a été rapportée de Delphes par l’empereur Constantin en 326. Elle avait été dressée devant le temple d’Apollon à Delphes, en souvenir de la victoire des Platées remportée par les Grecs sur les Perses.
A l’origine elle était constituée par l’enroulement de trois serpents. Au sommet les têtes portaient un vase en or. Au cours de la période ottomane, les têtes furent mutilées à coups de pierre.

La Colonne de Constantin ou Obélisque Muré.

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Elle a été érigée au X° siècle. A l’origine elle était couverte de plaques de cuivre qui ont été arrachées au XIII° siècle par les croisés et fondues pour faire de la monnaie.

Après la visite de cette place, direction la Mosquée bleue.
Elle a été construite par le sultan Ahmet 1er , monté sur le trône à l’âge de 14 ans. Se sachant malade, il souhaita qu’elle soit construite très rapidement. Commencée en 1609, elle fut achevée en 1616.

On entre dans la salle des prières par la cour aux ablutions, avec tout autour un cloître coiffé de petites coupoles. Une magnifique fontaine trône au centre.

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Dès qu’on pénètre à l’intérieur de la mosquée, on est frappé par la clarté et l’immensité de la salle de prières, au sol couvert d’une multitude de tapis.
La coupole centrale, haute de 43 m est portée par quatre énormes piliers circulaires dits « pattes d’éléphants ». Quatre demi-coupoles de part et d’autre du dôme central complètent la toiture

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260 fenêtres éclairent les carreaux de faïences d’Iznik. On en compte 21 043 sur les murs et une partie des piliers.

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Le nom de Mosquée Bleue était dû au fait que les vitraux, de la couleur du même nom, projetaient la lumière teintée de bleu sur les murs.

Côté est du monument, le Mihrab, niche qui indique la direction de la Mecque
Près de cette niche, le Minbar qui est une chaire perchée en haut d’un escalier d’où l’on prononce le prêche du vendredi.

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Les prières cinq fois par jour font partie de la règle de vie d’un bon musulman. A cela s’ajoute la profession de foi (acte de conversion à l’Islam), l’obligation de faire le voyage à la Mecque au moins une fois si on en a les moyens, distribuer 1/40 de sa fortune aux pauvres et respecter le jeûne du ramadan
On ne se lasse pas de lever les yeux au ciel … !

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Près de l’un des piliers en « pattes d’éléphant », une tribune pour le prêche

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et répartis dans toute la mosquée, des lustres qui autrefois étaient des lampes à huile

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Sur trois côtés court une galerie réservée aux femmes pour leur prière… !

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Vue de l’extérieur la Mosquée bleue en impose aussi, avec ses six minarets dont seulement quatre sont visibles sur la photo. Ces quatre tours ont chacun trois balcons, alors que les deux autres n’en comporte que deux.

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C’est la seule mosquée ottomane d’Istanbul et de toute la Turquie à posséder 6 minarets. A propos de ceux-ci il existe une légende : le sultan de l’époque souhaitait avoir un minaret couvert d’or. L’architecte avança que son prix serait trop élevé et proposa de le remplacer par six minarets. C’est ainsi que la mosquée bleue est la seconde, après celle de la Mecque, qui elle en possède sept.

Après la mosquée bleue, une pause au restaurant où nous mangeons au bord de l’eau avec vue sur la mer de Marmara.

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En début d’après-midi, direction à nouveau le quartier ancien d’Istanbul pour visiter la citerne de Yerebatan.
A l’époque byzantine, on construisit 60 citernes à Istanbul pour alimenter la ville en eau. La construction de cette citerne en 532 fut terminée en quelques mois. Elle était à l’époque alimentée par l’aqueduc de Valens et ce jusqu’au XVI° siècle.
Longue de 140 m et large de 70 m, elle a une hauteur de 8 m.
Sa structure est maintenue pat 336 colonnes à chapiteaux de style corinthien qui proviennent d’anciens monuments romains.
Elle couvre une superficie de 10 000 m2 et sa capacité est de 80.000 m3

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On y circule sur un ponton en ciment, dans une semi-pénombre humide et fraîche.

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Au fond, deux socles de colonnes sont formés de deux têtes de Méduse, l’une de profil et l’autre à l’envers, provenant d’un temple antique.

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Nous terminons notre journée par la visite d’un autre joyau du vieux quartier : la Basilique Sainte Sophie ou Aya Sofia.

Cette basilique fut construite alors qu’Istanbul était encore une ville romaine. Elle est considérée comme la plus grande basilique de la période byzantine. Actuellement, par sa superficie couverte, elle se classe au 4° rang mondial des églises, derrière Saint-Paul de Londres, Saint-Pierre de Rome et le Dôme de Milan.
C’est l’empereur Justinien qui en commanda la construction à deux architectes : Anthémios de Tralles et Isidore de Milet. Les travaux menés bon train durèrent moins de six ans et mobilisèrent 10 000 ouvriers.
Pour la construire on fit venir des matériaux provenant des cités antiques de Delphes, Athènes et Ephèse. Son inauguration eut lieu le jour de Noël 537 en présence du Patriarche Ménas et de l’empereur Justinien qui ému par la splendeur du bâtiment, s’écria : « Je t’ai vaincu, ô Salomon ».

Le 29 mai 1453 Mehmet II prit Istanbul. Une grande partie de la population s’était réfugiée dans la basilique. Le sultan entra dans l’église avec beaucoup de respect et ordonna que l’assistance rentre chez elle dans le calme et sans incident. Il ordonna qu’Aya Sophia soit transformée en mosquée. Son nom d’origine fut conservé et il y fit sa première prière du vendredi le 1er juin 1453. On y ajouta une niche de prière et un minaret fut construit. Selon la foi de Mahomet, les lieux de culte ne doivent pas être illustrés d’image. Aussi les mosaïques byzantines disparurent sous un badigeon de lait de chaux et certaines croix furent grattées.
Après la proclamation de la République de Turquie en 1923, elle servit encore au culte islamique jusqu’à ce qu’Atatürk la transforme en musée national.
On entre dans la nef de la basilique par la Porte Impériale au-dessus de laquelle on observe une magnifique mosaïque représentant un Christ en majesté devant lequel se prosterne l’empereur Léon VI, tandis que Marie et l’archange Gabriel figurent de chaque côté en médaillon.

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Une petite déconvenue à l’entrée de la nef : des échafaudages nous coupent un peu la vue d’ensemble de l’intérieur.

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Malgré tout la coupole apparait, éclairée par 40 fenêtres disposées à sa base.
Tout autour, ce ne sont que marbres et mosaïques de toutes les couleurs : blanc, vert, rose, jaune.

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De chaque côté, des colonnes de marbre dont certaines sont antiques, arrachées à des temples grecs et les autres ont été taillées pour l’occasion.
La coupole prend appui sur quatre gigantesques piliers dont les arcs sont ornés de chérubins à trois paires d’ailes.

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Sur la calotte de l’abside, une mosaïque de la Vierge à l’enfant. Au centre se trouve le Mihrab, ou niche de prière qui indique la direction de la Mecque.

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A gauche la loge impériale qui date de XIX° siècle

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A droite, le Minbar, chaire perchée en haut d’un escalier, d’où l’on prononce le prêche du vendredi.

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Au centre de la coupole, sur le sol, un grand cercle et quelques plus petits en mosaïque de marbre marquent l’omphalos, lieu où l’on dressait le trône de l’empereur pour la cérémonie du couronnement et dans les plus petits, la place des dignitaires qui l’accompagnaient.

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Dans les grands cartouches disposés sur les piliers de la nef centrale, sont inscrits les noms des grands prophètes de la foi islamique.

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Une galerie supérieure était réservée aux femmes et aux ambassadeurs pour assister au culte. On y accède par une rampe.

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En quittant la basilique, un dernier coup d’œil sur la mosaïque des donateurs qui couronne la porte. On peut y voir la Vierge, protectrice de Constantinople, entourée de Constantin portant une maquette de la ville et de Justinien tenant un modèle de la basilique.

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La journée n’est pas finie.
Dernière vue d’ensemble de tous ces monuments que nous avons visités aujourd’hui. Après avoir longé en bus la Corne d’or, nous prenons le funiculaire qui nous mène sur une colline où un cimetière a été implanté, tout près de la Mosquée d’Eyüp.

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Avec sa végétation folle et certaines de ses stèles laissées à l’abandon, le cimetière d’Eyüp a des allures de Père-Lachaise.

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Du café où Pierre Loti avait ses habitudes quand il était jeune officier, on a une vue magnifique sur la Corne d’Or.

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Notre première journée à Istanbul touche à sa fin. Ce soir nous nous endormons avec des images plein la tête.