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Jeudi 19 septembre : troisième jour à Istanbul

lundi 7 octobre 2013, par Yvette Prigent

Jeudi 19 septembre 2013

Ce matin Okay a prévu de nous faire visiter le Grand Bazar d’Istanbul, situé dans le quartier historique de la ville. Auparavant, un petit détour chez un marchand de tapis d’une rue très commerçante.
La Turquie est le royaume du tapis. Les marchands turcs sont habitués depuis des siècles à nous vanter la qualité de leurs produits, à grands renfort d’arguments et de thé. Nous n’y échapperons pas.

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Les tapis en laine, lin ou soie, à simple ou double nœud, avec des motifs caractéristiques de chaque région, n’ont plus de secret pour nous … !

Après les tapis, les dédales du Grand Bazar. La description de ce lieu donne déjà le vertige. Sur une superficie de 30 ha, près de 15 000 personnes animent plus de 4000 boutiques où vous pouvez trouver des millions d’objets en tout genre. Chaque jour le bazar est fréquenté par 500 000 personnes, c’est pourquoi le loyer ou le prix de vente des magasins coûtent une fortune.

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On y entre et on en sort par l’une des 18 portes. Marqueterie, tapis, cuivre, orfèvrerie, céramique, antiquités, vêtements, souvenirs, pipes d’écume, narghilés, sans oublier les bijoutiers et les joailliers qui ont pignon sur l’artère principale et les boutiques de cuir qui se regroupent un peu en retrait de la grand allée.
Malgré ces labyrinthes, il est facile de se repérer. De part et d’autre de la grande rue, que notre guide comparait à la grosse arête d’un poisson, partent des ruelles plus étroites pour le plus grand bonheur des touristes.

Après deux heures dans ce lieu très fréquenté, direction le Palais de Topkapi.
Avant le repas, notre guide Okay nous a donné quelques explications sur sa construction.
Après la conquête de Constantinople, le sultan Mehmet II le Conquérant fit construire le noyau de ce qui deviendra le futur palais.
Avec son enceinte de près de 5 km de long, il couvre une superficie de 700 000 m2, soit deux fois le territoire du Vatican et la moitié de celui de Monaco.
Dominant la Corne d’Or, le Bosphore et la mer de Marmara, Topkapi occupe un site de rêve.

Ce palais fut le siège durant près de 400 ans de l’un des trois plus grands empires du monde, l’Empire Ottoman. Son premier nom fut « Nouveau Palais », mais le peuple lui donna son nom familier de Topkapi (la porte du canon) à cause des grands canons qui se trouvaient devant la porte d’entrée.
On entre sur le site par la Sublime Porte

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Cette porte datant de 1478 a été recouverte de marbre au XIX° siècle
Elle est ornée dans sa partie supérieure par des versets du coran.
Cette porte donne accès à la première cour, la plus grande du palais aussi appelée Cour des Janissaires ou Cour des Parades. Sur la gauche en entrant, l’Eglise Saint Irène, élevée au IV° siècle par Constantin, en l’honneur de la Paix divine.

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Pour entrer dans l’enceinte du palais proprement dit, il faut passer la Porte du Salut.

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C’est un portail en ogive, flanqué de deux tours octogonales et qui date de 1524.
Durant la période ottomane, elle servit de prison pour les hauts fonctionnaires tombés en disgrâce
Elle mène à la deuxième cour ou Place du Conseil.
Cette cour était le lieu de rassemblement des courtisans et seul le sultan pouvait la traverser à cheval.

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Actuellement elle est très agréable avec ses longues allées ombragées de cyprès : elle évoque plutôt un jardin.

Dans cette cour, la salle du Divan surmontée de la tour de justice. C’est la plus haute structure du palais qui domine l’ensemble du paysage.

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Quatre fois par semaine le conseil se réunissait dans cette salle où le sultan se cachait derrière une fenêtre grillagée, ce qui interdisait aux membres du conseil de dire des choses contraires à sa volonté.

Au fond de la cour, la Porte de la Félicité.

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Elle marque l’entrée de la troisième cour ou cour intérieure où commencent les appartements privés du sultan. Coiffée d’une coupole, à l’époque, nul ne peut la franchir sans l’autorisation du maître des lieux.

La porte de la félicité franchie, on arrive face à la Salle d’Audience.

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Elle doit son nom au fait que c’était ici que le grand vizir venait pour présenter au sultan les résolutions adoptées par le conseil. Elle servait également à recevoir les administrateurs de l’état, les ambassadeurs ou le clergé

En attendant de faire la visite complète du Palais, notre guide nous invite à nous diriger vers le Kiosque d’Abdülmecit qui date de 1840. C’est l’un bâtiment les plus récents de l’enceinte du palais, d’inspiration française. Il abrite actuellement un agréable restaurant en terrasse, endroit idéal pour un pause-déjeuner bien méritée, après nos deux heures de déambulation dans le Grand Bazar … !

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Le restaurant a une vue imprenable sur la mer de Marmara et sur le Bosphore. On peut même y voir le va-et-vient des bateaux qui traversent le Bosphore et qui débarquent le pilote turc qui les a assistés pendant la traversée
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Après ce bon déjeuner, la visite du palais commence

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Une première approche des extérieurs du palais a été faite avant le repas. En parcourant les différentes cours, notre guide nous a indiqué les lieux à visiter. Pour la visite du palais, nous refaisons le chemin à l’envers.

La Quatrième cour

C’est un jardin d’agrément, dont l’accès était strictement réservé au sultan et à sa famille. Au premier plan le Pavillon à Terrasse et au fond le Pavillon de Bagdad. De la partie inférieure on aperçoit certains bâtiments qui composent les pavillons de cette cour

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On y accède en montant un escalier qui débouche sur un jardin fleuri qui mène par la suite à la Terrasse Impériale.

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La Terrasse Impériale, toute en marbre, donne accès au Pavillon de Bagdad, au Pavillon à terrasse, au Pavillon des Circoncisions, au Pavillon d’Erevan et à la Pergola pour rompre le jeûne.

Le Pavillon à Terrasse a été bâti entre 1676 et 1683. Il donne d’une part sur la terrasse impériale et d’autre part sur le jardin inférieur. Le brasero à charbon en bronze plaqué or, envoyé au sultan Mahmud 1er, est l’œuvre la plus importante de ce pavillon.

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Le Pavillon de Bagdad que le Sultan Murad IV demanda de construire quand il partit pour la campagne de Bagdad.

Les ornements floraux du dôme sont brodés sur de la peau de gazelle, selon la mode du temps.

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Les volets des fenêtres et des armoires sont incrustées de nacre, d’ivoire et d’écaille. Autre élément caractéristique, la cheminée dont l’intérieur est revêtu de plomb pour prévenir les incendies. L’extincteur n’est pas loin au cas où … !

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A côté, la Salle des Circoncisions, qui a pris ce nom à l’occasion de la circoncision des fils de l’un des sultans.

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La Chambre Privée Impériale donne sur un vaste cloître à doubles colonnes
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Sur l’esplanade de marbre blanc, la Pergola pour rompre le jeûne. Elle repose sur quatre colonnes en cuivre plaquées d’or. Cette tonnelle était utilisée pour les célébrations les jours de fête et le sultan avait pour habitude d’y rompre le jeûne lors que le ramadan tombait en été.

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Le Pavillon d’Erevan est une structure octogonale dont les voûtes du porche sont décorées de dessins dorés faits à la main. Les volets de fenêtres et des armoires sont incrustées de nacre. La façade extérieure du pavillon est couverte de panneaux de marbre jusqu’au niveau des fenêtres, alors que la partie supérieure est couverte de céramiques décorées.

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Ce pavillon était destiné à conserver les turbans que le sultan utilisait pour des occasions spéciales.

La troisième cour

Dans l’une des ailes de cette cour, des salles renferment le Trésor de Topkapi. Les photos ne sont pas autorisées. On peut y admirer les splendides cadeaux offerts aux sultans par les princes et empereurs de Chine, de Russie et des cours européennes. Quatre trônes incrustés de pierres précieuses, un assortiment de 50 diamants dont le fameux Pigot de 86 carats … ! De nombreux objets précieux : poignards ciselés, vases de cristal, chandeliers en or. Les vêtements des sultans, cafetans et culottes traditionnelles, turbans et chemises sont exposés.
Autre lieu de visites, la salle des Reliques qui abrite des épées ayant appartenues à des califes, ainsi que des reliques ayant appartenues au Prophète Mahomet : un poil de barbe, une dent, l’empreinte de son pied, un arc etc… Puis une galerie de portraits des 36 sultans depuis la fondation de l’Etat ottoman en 1299, faisant appel à différentes techniques telles que la gravure, la peinture à l’huile, l’aquarelle, la peinture sur ivoire. Une dernière salle réservée aux armes et armures.
Toujours dans cette cour, la Bibliothèque et sa Fontaine.

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Située près de la salle d’Audience, c’est le sultan Ahmed III qui la fit construire en 1718. On y conservait des livres qui participaient à l’éducation de l’époque. Il y avait deux écoles dans le palais, celle de l’Enderun et celle du harem. Cette bibliothèque a permis de conserver des manuscrits exceptionnels

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Elle est éclairée par deux rangées de trente-deux fenêtres, ce qui crée un environnement clair et favorable à la lecture.

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En 1966 les manuscrits de cette bibliothèque ont été déplacés

Dans cette troisième cour, la Salle d’Audience. C’est le lieu où le grand vizir venait pour présenter au Sultan les résolutions adoptées par le Conseil.

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Dernière curiosité de cette troisième cour, ses arbres creux. Ces arbres sont victimes d’un champignon parasite qui en a évidé le tronc au cours des siècles, même si les arbres sont encore en vie aujourd’hui.

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La deuxième cour

Visite du Harem.
Le mot harem dérive du mot arabe harim qui signifie protégé, interdit.
Roxelane, une esclave chrétienne d’origine slave devenue l’épouse de Soliman le Magnifique, prit prétexte d’un incendie au vieux palais pour le faire bâtir à Topkapi et se rapprocher ainsi du siège du pouvoir.

A l’entrée du harem, la cour des eunuques noirs.

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Au travers d’une grille on peut voir leurs cellules.

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Confier la garde des appartements réservés aux femmes à des hommes castrés, est une très ancienne tradition dont l’origine remonte aux Assyriens de la Mésopotamie et qui fut ensuite adoptée dans les palais impériaux chinois aussi bien que Romains.
Les eunuques du harem étaient sélectionnés parmi les enfants noirs amenés de l’Afrique Centrale, et surtout de l’Abyssinie. Ils étaient placés dans le harem et recevaient une éducation très rigide.

A suivre la Cour des épouses et des concubines
. C’est la plus petite cour du harem sur laquelle donnaient à la fois les dortoirs des concubines et les appartements des épouses du sultan. Les filles du harem étaient amenées au palais entre 5 et 16 ans.

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Elles recevaient un enseignement similaire à celui des eunuques. La plupart de ces filles étaient Caucasiennes, mais il y avait aussi des filles arabes et noires. La première chose qu’on leur apprenait était le Turc et les règles de bonne conduite du palais. Comme la plupart de ces filles étaient destinées à devenir des servantes, après une courte période d’enseignement, elles étaient dirigées vers leurs lieux de travail comme la blanchisserie, le cellier ou les cuisines.

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Quant aux filles plus jolies et plus brillantes, elles restaient au dortoir et les épouses du sultan leur enseignaient la lecture, l’écriture, la couture, la broderie, la musique ou la danse. Parmi les concubines favorites étaient celles qui donnaient naissance à un enfant. Certaines d’entre elles étaient données en mariage à des hommes choisis par le sultan et continuaient alors leur vie à l’extérieur du palais.

A suivre la visite de l’Appartement de la Sultane Mère.

L’appartement de la Sultane Mère est le plus grand et le plus imposant du harem, ce qui reflète la vénération dont les sultans ottomans faisaient preuve envers leur mère.

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En raison de cette importance attribuée aux mères, la Sultane était la femme la plus puissante du harem, plus que l’épouse favorite.

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C’est un bâtiment à deux étages. L’étage inférieur abrite la salle où la Sultane Mère passait une partie importante de sa vie, une salle à coucher et une salle de prière. Les filles du harem venaient parfois la distraire
Cet appartement donne sur la cour de la Sultane Mère qui était le lieu de rendez-vous des femmes du harem de haut rang.

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A suivre la chambre privée du Sultan Murad III. Elle a été conçue et construite par l’architecte Sinan. Elle servait d’appartement officiel et privé du sultan. Ses murs sont couverts de céramique d’Iznik

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Puis le Pavillon Jumeaux, construit près de la chambre privée du Sultan Murad III. Les murs sont décorés avec des céramiques, d’Iznik

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Ce pavillon donne sur la Cour du Majordome. Elle n’est pas complètement fermée et les appartements des favorites ont une ouverture sur cet espace.

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Pour terminer la visite du harem, passage dans l’Allée Dorée, le passage le plus long, le plus ancien et le plus important. Le sultan s’en servait comme raccourci pour accéder aux appartements du harem.

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Cette allée, à l’allure très simple, est pavée de pierres et ses murs sont enduits de plâtre. Elle a pris le nom d’Allée Dorée parce que, certains jours particuliers, le sultan avait coutume de jeter des pièces d’or aux habitants du harem qui faisaient la haie sur son passage.

La porte de sortie du harem donne sur la troisième cour, près de la salle d’Audience.

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Ainsi s’achève notre visite du palais. Il y a encore des choses à visiter, mais notre guide nous attend.

Nous avons rendez-vous près de la fontaine d’Ahmet III, sur la grande place menant à la Porte Impériale. Elle fut construite en 1728 et servait à alimenter en eau les habitants de la région. Elle est de style rococo turc

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Notre journée se termine par la visite d’un atelier où l’on travaille le cuir.
Défilé de mannequins, nous présentant leur collection.

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sous l’oeil avisé des connaisseurs.

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Après cet intermède, direction les rives du port d’Istanbul. Malgré cette heure tardive, une noria de bateaux attend pour traverser le Bosphore. Près de 300 d’entre eux franchissent cette route maritime tous les jours, assistés par un pilote turc.

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En passant près du marché aux poissons, notre guide nous met l’eau à la bouche. Ce soir nous mangeons dans un quartier très animé d’Istanbul.

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A notre arrivée , le soleil n’est pas encore couché et les terrasses des restaurants attendent leurs clients.

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Les guirlandes ne sont pas encore allumées et les rabatteurs sont en action pour garnir leurs tables.

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Notre guide nous conduit dans une rue moins mouvementée où des tables nous attendent

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Au son de la musique traditionnelle turque nous dégustons des petits rougets frits. Un délice … !

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Après le repas, retour au car en repassant par la rue principale qui a trouvé ses clients et allumé ses lanternes.

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Un peu plus loin, notre car nous attend pour nous conduire à l’hôtel où nous passerons une dernière nuit à Istanbul. Demain nous partons vers le sud, vers la ville de Kusadasi, ultime étape de notre voyage qui nous permettra de découvrir un autre haut lieu de Turquie : Ephèse.