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Fougères, 21 juin 2022

mardi 28 juin 2022, par Elyane Norvez

21 Juin 2022 : découverte de Fougères

Nous avons emprunté bien souvent cette autoroute qui nous mène vers Caen et ses plages du débarquement ou vers l’incontournable Mont Saint Michel… mais peu d’entre nous y ont pris la direction FOUGERES . C’est ce que nous avons fait, en ce premier jour d’été qu’on nous annonçait comme pluvieux et qui s’est avéré être une très belle journée.

Belle journée : les Arecmistes sont toujours heureux de se retrouver après cette longue période si difficile et les retrouvailles remettent bien des sourires sur les visages. Le programme est alléchant, de plus c’était une « nouveauté ». Nous espérions, comme Victor Hugo, avoir le coup de cœur pour cette ville « J’ai vu tout cela au soleil, je l’ai vu au crépuscule, je l’ai vu au clair de lune, et je ne m’en lasse pas. C’est admirable. »

Belle journée : à notre arrivée, nous attendait Christelle, Fougeraise convaincue et enthousiaste qui nous a accompagnés toute la journée et a partagé son amour de sa ville. A notre arrivée, s’impose tout de suite l’immense silhouette de cette forteresse dressée sur son éperon de schiste :

le château de Fougères est un vaste ensemble édifié entre le 12ème et le 15ème siècle. Mais, Christelle freine notre enthousiasme et notre impatience car nous attendent M. et Mme Le Floch, horlogers et collectionneurs au centre de la ville.
Belle journée nous pénétrons dans une boutique unique et surprenante au rez-de-chaussée d’une magnifique bâtisse du XVIème siècle où exercent Monsieur et Madame Le Floch : une vraie caverne d’Ali Baba ! Ici l’horlogerie est ici une passion qui se vit en couple depuis 53 ans.

Monsieur répare des horloges, des pendules, des montres et nous explique, exemples à l’appui, toutes les techniques pour leur redonner vie. Avouons que nous n’avons pas tout compris….. mais il en parle avec tant de conviction et d’enthousiasme que nous sommes prêt à croire qu’il est vraiment plus qu’un expert, un vrai magicien ! Avec fierté il nous présente une magnifique montre gousset en or qui a plus de 2 siècles et qui brille comme un sou neuf et a multiples fonctions…. presque autant que nos smartphones… Avec son regard vif et malicieux, il nous révèle l’émotion qu’il ressent lorsque, après des heures de travail, l’objet retrouve le « tic-tac » comme un cœur qui repart ! Combien de montres, de pendules, d’horloges attendent que ce magicien veuille bien se pencher sur leurs sorts ? Le sait-il vraiment ? non, sans doute ! Mais ici le temps n’a aucune prise. Au vu des petits papiers orange collés ici et là et indiquant une date, on peut penser certains attendent depuis… un certain temps !!!
Il a semblé très intéressé par l’information donnée par une de nos amies…. Elle possède un œil de bœuf, héritage familial et qui est estampillé « Le Floch ». De quoi émoustiller notre collectionneur. Affaire à suivre….
Dans l’arrière-boutique c’est Hélène qui prend le relais. Aussi prolixe qu’Alain, elle veille sur leur formidable collection.

Ce mini-musée possède plus de 300 pièces dont certaines sont exceptionnelles : l’horloge d’édifice de 1691, la pendule de cheminée présentée à l’exposition universelle de Paris qui indique la lune, les jours et les mois mais aussi tient compte des 30 et 31 jours…et des 28 et 29 pour les années bissextiles tout passe d’une manière automatique : un vrai génie cette pendule !

Hélène ponctue son propos d’anecdotes historiques et explique avec précision l’origine et l’histoire de ces objets. On admire aussi la collection de montres à gousset, des pendulettes de voyage. On s’extasie aussi devant les théâtres miniatures animés de scènes champêtres.

Belle journée : c’est aussi une bonne table pour le déjeuner. Chose faite au « Galon ar Breiz ». Voici l’heure du petit train, pardon ! de « l’Oriental Express »pour une visite commentée par Christelle.

Elle nous apprend entre autre que Victor Hugo a séjourné à Fougères pour y retrouver sa Belle Juliette Drouet née à Fougères au début de XIXème siècle. Un théâtre porte d’ailleurs son nom témoin de la période glorieuse de Fougères. Nous avançons sur la rue nationale bordée de belles demeures et d’hôtels particuliers où ont également séjourné Chateaubriand et Balzac.

Un coup d’œil sur le Beffroi (tour-horloge sans cadran) construit au XIVème siècle qui ponctue le rythme de la ville depuis six cents ans. Nous passons devant l’église Saint Léonard et nous entrons dans le grand jardin public qui offre une vue imprenable sur le Château et un panorama complet de Fougères.

En descendant vers la ville basse, juste un petit incident de parcours qui a obligé Christelle à jouer les éclaireurs au pas de course, à Geneviève à faire la circulation….pendant que notre chauffeur commentait les évènements politiques récents…(chercher l’erreur…)
Belle journée pour découvrir le Château de Fougères, un des plus imposants de France. Dressé sur son éperon de schiste, le château, est construit sur le site naturellement protégé d’un rocher émergeant du marécage cerné d’une boucle du Nançon, affluent du Couesnon, faisant office de douves naturelles.

En le contournant nous sommes impressionnés par la hauteur des fortifications qui, devaient aussi impressionner l’assaillant. Le guide nous relate l’histoire de cet édifice qui, à l’origine est un simple donjon.

Il se dote, au fil des siècles et de la vie mouvementée du Duché de Bretagne, de tours, de fortifications. Les remparts forment trois enceintes. Nous apprenons le rôle joué par la forteresse dans la défense du Duché au Moyen-Age, puis au long des siècles entre querelles internes et histoire mouvementée entre le duché de Bretagne et la France. Flanqué de 13 tours carrées et rondes astucieusement disposées sur les fortifications pour assurer la défense du site, la citadelle couvre une surface de 2 hectares.
On apprend, entre autre, qu’en 1793, le château est pris par les Chouans et les Vendéens. Ce qui inspira Honoré de Balzac pour l’écriture de son roman « Les Chouans 1829 ». Victor Hugo, dans « Quatre-vingt-treize », s’inspire aussi de la Tour Mélusine qu’il décrit longuement « une haute et large tour à six étages, percée çà et là de quelques meurtrières, ayant pour entrée et pour issue une porte de fer donnant sur un pont-châtelet ». En entrant dans cette tour, nous découvrons la grille par laquelle est visible la fameuse oubliette, tantôt prison, tantôt garde-manger !

A la sortie, on trouve un moulin à eau quadruple dont les roues ont été restaurées en 2013. Témoin du passé de Fougères ville de meunerie, de draperie, de tannerie et de teinturerie. Un petit temps de découverte, aussi pour les maisons à colombages qui ont résisté aux incendies successifs

et pour l’église Saint Sulpice

construite dans l’ancien quartier médiéval des tanneurs. De style gothique flamboyant, son culte est voué à Notre Dama des Marais dont la statue a été récemment détruite par un individu et est en cours de restauration. Au-dessus de la porte latérale sud, figurent une sculpture de la fée Mélusine et une gargouille du Satyre.
Tandis que dans les rues de la basse ville, au pied des remparts se prépare la fête de la musique, nous allons reprendre le bus non sans avoir chaleureusement remercié Christelle, charmante et érudite ambassadrice de Fougères.

Elyane :

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