De Pogradec à Berat, la ville aux « mille fenêtres » , par Geneviève.

Mercredi 6 mai

Le ciel est nuageux, mais tout va bien.


Nous quittons Pogradec en longeant le Lac d’Orchid vers le nord. Le lac est propice à la baignade. Il a une surface de 358 km² dont 110 appartiennent à l’Albanie et le reste à la Macédoine. C’est le lac le plus profond des Balkans : 280 m au maximum, 155 en moyenne et est situé à 700 m d’altitude. C’est l’un des lacs les plus anciens au monde, d’origine tectonique datant d’environ 3 millions d’années. Près de la frontière le petit village de Lin aurait mérité une visite : c’est un ancien ensemble architectural européen sur pilotis. Nous longeons la rivière Shkumbin après avoir franchi le col de Theth Nous voyons de nombreux genêts et des acacias en fleurs.

Nous longeons une voie ferrée désaffectée avec de nombreux tunnels et ponts. Près de Qukës nous voyons beaucoup de ruches. Plus loin, un viaduc construit par « des étudiants volontaires » sous le régime communiste.

Nous sommes arrêtés par des travaux dans la vallée. L’axe stratégique de transport est-ouest des Balkans est en pleine rénovation. Plus loin, nous roulons sur une partie de la nouvelle voie dans la plaine de Xibrakë proche d’Elbasan.
A l’entrée de la ville, Irma achète un gâteau traditionnel pour nous le faire goûter, le ballokume. Elbastan est une ville industrielle. En 1970, plus de 10 000 ouvriers travaillaient dans la grande usine métallurgique. Elle a été partiellement rachetée par des Turcs et elle fonctionne encore.

La montagne de Dieu est un endroit sacré pour les bektachis. Il y a un sanctuaire, une tombe au sommet et un pèlerinage a lieu fin août.  

En Albanie, la tolérance religieuse est très développée et dans la plupart des familles plusieurs religions peuvent coexister sans problème.
Nous continuons notre voyage vers la plaine centrale : la petite Toscane, avec de nombreux champs d’oliviers ainsi que des cultures variées.

A Kuçovë, nous avons la surprise de voir des puits de pétrole : L’extraction a commencé en 1928 et il y a eu jusqu’à 400 puits. L’Albanie exporte un million de tonnes de pétrole brut par an vers l’Italie car elle n’a pas de raffinerie. La « Ville de Staline » possède aussi des usines textiles et une base aérienne dont la piste a été construite en 1936.On y a également construit des avions de chasse Mig pour les soviétiques. Actuellement, c’est une base de l’OTAN.

Nous voilà arrivés à Berat. Nous allons dans l’enceinte du château prendre un repas traditionnel dans une auberge typique.

Au cours du repas, le soleil apparaît. Nous entrons dans le château. Nous visitons l’église orthodoxe et le musée exposant les icônes d’Omifri (XVIe).

Puis nous faisons le tour du site par les ruelles et les places. Nous entrons dans l’église Ste Marie Blachemae pour voir des fresques. Nous observons le buste de Constantin de Macédoine, nous entrons dans l’église de la Trinité (XIVe s) Une garnison a occupé le site et l’on remarque les ruines de la mosquée blanche à l’intérieur des murs. A l’extérieur des murs d’enceinte, nous voyons la Mosquée rouge.


Nous allons sur un point de vue qui surplombe la rivière Dosung pour admirer l’œuvre des « larmes de la Princesse » qui alimentent le fleuve. Sur la rive gauche se trouve Gorica, le quartier chrétien, tandis que sur la rive droite s’élève Mangalem, le quartier musulman.

Nous revenons visiter la ville. Nous entrons dans la mosquée, puis la cathédrale. Nous longeons la rivière sur une avenue animée. Nous allons ensuite sur la passerelle pour admirer les maisons accrochées à flanc de coteau sous la forteresse. Nous marchons dans la vieille ville : la poste, la mosquée des célibataires. Nous irons dîner de l’autre côté du fleuve.