Compte rendu du voyage ARECMO en Normandie, par Danielle

           

     Ce matin, 2 juin 2026, le réveil sonne de très bonne heure (premier départ à  5 h 15 de Lanester).

50 arecmistes, le cœur en fête malgré la météo (ciel plombé et averses de pluie) partent découvrir la vallée de la Seine.

Les kilomètres défilent et c’est déjà Rouen où nous attend un bon repas (le petit déjeuner est  loin !)  avant la visite à pied et en car de la ville.

Rouen

Que dire de la capitale de la Haute Normandie et la préfecture de la Seine Maritime ?

     D’abord que c’est une ville d’art et d’histoire. Située sur une boucle de la Seine, un peu en hauteur,(les falaises crayeuses du Mont –Gargan) elle est plusieurs fois envahie, par les Romains, puis les Normands, Rollon leur chef deviendra même le premier duc de Normandie.

Au début du XIIIe siècle, la ville est rattachée au royaume de France et devient la 2 è ville du pays (port important, commerce des draperies). Hélas, au XIVe les inondations, la peste noire déciment la population. De plus, les Anglais assiègent la ville en 1419 et y restent  30 ans. En 1431,on leur livrera même Jeanne d’Arc.

     Peu à peu, la prospérité revient. C’est l’époque des belles maisons à encorbellement, des grandes églises de style flamboyant mais aussi du superbe palais de justice de style renaissance.

Rouen connaîtra une nouvelle période de déclin avec les guerres de Religion et l’exil forcé des artisans protestants. Les travaux d’aménagement de la vieille ville stagnent ainsi, elle  gardera longtemps son cachet médiéval.

   Mais avec l’arrivée des Allemands en 1940 et les nombreuses explosions (port et ponts détruits) un incendie ravage la vieille ville. Pourtant, le pire est à venir avec le débarquement. En avril 1944, pendant la « semaine  rouge» on compte plus de 900 victimes et plus de 500 immeubles détruits. En mai, le feu se propage à nouveau dans les vieux quartiers et la cathédrale brûle. Les Allemands quittent Rouen le 30 août après avoir mis feu au port. La ville est en ruine avec près de 10000 maisons détruites et près de 3000 morts.

    Aujourd’hui, que dire de Rouen ? C’est une ville portuaire, reconstruite en urgence mais qui a su garder le charme de ses vieilles rues principalement la rue du Gros-Horloge avec ses belles maisons à colombages rénovées après la guerre et ses nombreux commerces.

Le Gros –Horloge est la carte postale de la ville. C’est une construction renaissance formée d’un beffroi et d’une arche enjambant la rue, ornée de chaque côté d’un riche cadran en plomb doré, avec des scènes sculptées comme le Bon Pasteur avec ses brebis.

     Quelques rues plus loin, nous découvrons la cathédrale, véritable dentelle de pierre, 28 fois peinte par Monet.(2) C’est l’une des plus belles constructions de style gothique français. La façade présente une série de clochetons et de fenestrages ajourés, encadrée par deux grandes tours de style différent sans parler des trois portails sculptés. Il ne faut pas oublier la tour centrale et la flèche qui s’élève à  151 m (la plus haute de France).Après le raffinement de l’extérieur, on est un peu frappé par la sobriété de la décoration intérieure, toutefois avec des vitraux remarquables (bleu de cobalt).(3)

     On ne peut pas évoquer Rouen sans parler de Jeanne d’Arc, brûlée vive sur la place du Vieux-Marché en 1431.(4) Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est livrée aux Anglais et présentée au tribunal de l’Inquisition, présidé par le tristement célèbre évêque Cauchon. Au cours de la visite à l’historial Jeanne d’Arc, grâce au parcours numérique, nous comprenons mieux son histoire. A 16 ans, portant l’habit masculin, à la tête d’une petite armée, elle délivre Orléans, puis fait sacrer Charles VII à Reims avant de mourir à  19 ans (ses cendres seront jetées dans la Seine).

Sur  les murs de la crypte romane, de la salle des Etats en passant par la chapelle ou les combles, nous suivons les deux procès de Jeanne, l’un en 1431 qui la mena au bûcher et l’autre en 1456, à l’initiative de Charles VII qui la réhabilitera.

Place du Vieux-Marché,

Aujourd’hui, une église à l’architecture très moderne (particulièrement la forme du toit) avec de très beaux vitraux a été érigée sur le lieu même du supplice.