Ouzbékistan : Jour 9

Samedi 17 mai

Visite de la nécropole de Chakhi Zinda qui signifie «  le roi vivant » ou immortel.

C’est un ensemble de mausolées et de mosquées dont les plus anciens datent du XI è siècle. Depuis 2021, l’ensemble du site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO..

Nous y pénétrons par une entrée monumentale crée par Ulugh Beg, passons entre une mosquée affichant les horaires des prières et une madrasa puis nous arrivons au pied de l’escalier du paradis.

A l’époque soviétique, ce site fut transformé en musée de l’athéisme. Touristes et pèlerins y reviendront en masse après l’indépendance, car parmi les mausolées se trouve celui du cousin du Prophète, Kussam Ibn Abbas. Selon la légende, décapité alors qu’il était en prière, il se serait saisi de sa tête pour se rendre dans un puits menant à l’ Eden.

Plus de 40 mausolées médiévaux ont été érigés, beaucoup se sont effondrés au fil des siècles et ont été reconstruits mais certains, sans les décorations de majoliques.

Sur les plus beaux, les spécialistes ont retrouvé l’influence de quatre écoles d’architecture différentes. On peut y lire des inscriptions en Koufi ou en arabe comme par exemple celle-ci :

Le terre est un fardeau pour les gens et les gens sont un fardeau pour la terre.

Un mausolée attire notre attention, il n’a pas la même forme que les autres, ce mausolée octogonal est dédié à cinq femmes de la famille de Timour.

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Puis nous dirigeons vers la mosquée Bibi Khanum.

Edifiée il y a plus de 600 ans , grâce à l’argent récolté lors des campagnes en Inde, cette grande mosquée du vendredi, a subi des accidents, et des reconstructions à maintes reprises. On y entre par un portail monumental, au centre de la cour carrée, un immense lutrin entouré par des mûriers dont les troncs sont badigeonnés à la chaux comme dans toutes les villes et les villages pour les protéger contre les insectes.

Au XVIII è siècle la mosquée a été rebaptisée Bibi Khanum, du nom de l’épouse préférée de Timour qui ne lui donna pas de descendance mais qui a élevé son petit-fils l’astronome et souverain Ulugh Beg..

En quittant la mosquée nous faisons un tour dans le Siat Bazaar , où nous flânons en admirant les étals d’épices et de marchandises de toutes sortes.

Puis nous reprenons le car et nous nous arrêtons pour visiter la Cathédrale orthodoxe Saint Alexis. Cette église a été consacrée en 1912 et fut fermée en 1920.

Elle a ensuite servi à divers usages administratifs et militaires, puis fut un musée d’histoire naturelle avant d’être rendue au culte en 1996.

Après restauration, l’édifice a retrouvé une partie de sa splendeur et nous avons pu admirer un ensemble d’icônes de beaux vitraux ainsi qu’un sol et un plafond colorés.

Nous avons regagné le bus qui nous a conduits à la gare où nous devions prendre le train direction la capitale Tachkent.

Le groupe a été partagé en deux, 7 personnes avec Féruz dans le 1er train puis 40 mn plus tard, le reste du groupe dans un autre train.

Pendant le trajet, qui a duré environ 2 h et demie, nous avons vu défiler des paysages de steppe, des endroits un peu plus verts avec des cultures, des villages .

Une collation nous a même été servie.

Et tout à coup, le vent s’est levé, le ciel s’est assombri, et ce que nous avons pris pour de la brume était en fait une tempête de sable, nous nous en sommes bien rendu compte à l’arrivée à Tachkent où les gens avançaient en se protégeant le nez et les yeux. Féruz nous expliqué que ce phénomène est malheureusement de plus en plus fréquent depuis environ cinq ans. En plus de causer de graves problèmes respiratoires à la population, cela accentue le dessèchement des sols.

Nous avons dîné en arrivant à l’hôtel et nous nous sommes préparés à passer une bonne nuit avant la découverte de la capitale, dernière étape de notre voyage.

Ouzbékistan : Jour 8

Vendredi 16 mai

Le lendemain, départ matinal pour le village de Qoratori, à une demi-heure de Samarkand. C’est ici que Pouchkine Tours a choisi de poursuivre sa démarche de tourisme solidaire en apportant son financement pour l’aide à la scolarité des enfants de ce village.

Nous sommes accueillis très chaleureusement par le Directeur de l’école en place depuis 10 ans, et par l’équipe enseignante. Les élèves (maternelle, primaire et secondaire) au nombre de 500,  y sont accueillis de 8 h à 13 h ou de 13h à 18h répartis en deux demi journées. 36 Professeurs y enseignent. L’école est aussi équipée d’un stade de foot.

Nous sommes dirigés vers une salle où un groupe d’élèves (d’âge primaire et surtout collège) nous offre des chants dont quelques solos très jolis à écouter et danses ouzbèkes avec quelques petites surprises : des comptines françaises qu’ils apprennent en classe.  De très jeunes musiciennes, au son d’instruments ouzbeks,  s’exécutent sous la houlette de leur professeur. Cette école dispense également des cours de dessin et peinture. Certaines œuvres circulent aussi parmi nous, pour notre plus grande admiration.

Puis nous déposons les cadeaux (petit matériel scolaire, livres, … souvenirs de Bretagne, de France) qui sont de suite repérés et choisis par les enfants présents. Les enseignants  verront à les partager équitablement entre les classes, bien évidemment.

Nous faisons nos « curieux » pour aller voir les autres classes qui travaillent très sérieusement. Les enfants sont tous très sages et très polis.

Nous quittons l’école et nous nous dirigeons à pied, vers une ferme agricole où nous sommes accueillis par une famille au grand complet : grands parents, enfants et petits enfants. Feruz est là pour faire le lien entre la famille et nous et tout se passe pour le mieux. Nous rencontrons une famille chaleureuse et attachante, pour qui un sourire vaut plus que mille paroles.

Après la présentation de la famille, nous assistons à la préparation du plov, plat traditionnel ouzbek, réalisé à partir de riz sauté et de viande de mouton ou de bœuf accompagné de pois chiche, de raisin, d’ail…  Chaque région a  sa spécialité. Il est traditionnellement cuisiné le vendredi ainsi que pour les grandes occasions.

Avant de passer à table, nous avons le droit au cérémonial de la journée du mariage. Patrick et Christine se prêtent de bonne grâce à ce rituel. Suit le « rituel » de l’emballage du bébé : lorsque l’enfant naît, il est déposé dans un berceau et on l « emballe » comme un paquet et il peut rester jusqu’à 18 mois. Mais bien souvent il reste un peu moins longtemps. Tout est prévu pour le change. Nous avions eu le droit à une démonstration identique il y a quelques jours .Ce rituel  nous semble un peu «désuet voire barbare »  mais il a certainement des avantages !!!

 Inutile de vous préciser que nous avons fort apprécié ce copieux repas et le temps passé avec cette famille !

Après cette immersion dans la vie ouzbèke, nous visitons un atelier de papier où nous découvrons la technique du parchemin. Ce papier, réputé comme étant l’un des plus lisses et résistants au monde, est fabriqué depuis le IXème siècle. La technique de fabrication est ancestrale.

Avant de rentrer nous nous arrêtons dans une cave pour une dégustation de 6 vins  (chardonnay, merlot, … ) accompagnée d’une petite assiette garnie d’aliments « solides » et pour finir une petite dose de vodka. Moment agréable au frais.

La mer d’Aral est alimentée par 2 fleuves : Le Syr Daria et l’Amou Daria. Avec 66 000 km² en 1960 la mer d’Aral était la quatrième plus grande mer intérieure de la planète. En 1990, le niveau des eaux avait baissé de 16,5 m, sa surface était réduite de moitié, le volume d’eau avait décru des deux tiers et l’eau était 4 fois plus salée. La catastrophe écologique dont la mer est victime s’étend aux terres avoisinantes : des millions de tonnes de sel et de sable sont transportées par le vent chaque année désertifiant de nouvelles terres. Tout l’écosystème de la région s’en trouve déséquilibré. Tous les acteurs économiques s’en rendent compte mais si la culture intensive du coton n’est plus privilégiée, d’autres cultures se mettent en place progressivement (arbres fruitiers, légumes….). Ils correspondent davantage aux besoins et au climat.

Ouzbékistan : Jour 7

Jeudi 15 mai Samarkand- Shakhrisabz

Nous quittons l’hôtel en voiture particulière à la découverte de Shakhrisabz : «  la ville verte » la ville natale de Tamerlan et des Timourides. En effet, pour des raisons de sécurité, la route est interdite aux bus …

Nous empruntons une route sinueuse, un peu cabossée vers  le col  de Takhtakaracha (ça ne s’invente pas !) qui culmine à 1600m. La route traverse  des villages qui semblent coupés du monde. A  des intervalles réguliers des stands sont installés au bord de la route et  les villageois y proposent leurs produits : légumes, fruits, boules de fromage…… Après le col, nous observons des paysages très minéraux, puis plus bucoliques avec des champs, des petits troupeaux de vaches, des agriculteurs  qui récoltent le foin. A chaque changement de région un check point est installé.

Visite de Do out Tilavat : Cette maison de la méditation et de la contemplation a été construite par Tamerlan en 1373. La ressemblance des deux coupoles surmontant les deux mausolées est frappante. Son nom « Dôme bleu » en référence au dôme immense est recouvert de carreaux de céramique bleue. L’ensemble fut achevé par Oulough Beg. Dans la cour centrale on peut y admirer des arbres pluri centenaires et  une belle  fontaine à ablutions.

Nous découvrons également la mosquée Kok Gumbaz (1435-1436) traduite par la coupole bleue. Elle fût construite par Ulugh Beg , le petit-fils de Tamerlan dans l’enceinte du Dorout Tilavat. Le père de Tamerlan et son conseiller spirituel reposent tous les deux  dans un mausolée voisin. Plus loin nous voici face au mémorial qui comptait parmi les créations les plus grandioses de Tamerlan. Richement décoré d’or et d’azur, le mausolée dispose dune inscription sur le fronton : « Le sage agit avec de nobles intentions tandis que l’idiot compte sur de nobles intentions ». Jehangir, le fils de Tamerlan et son second fils Omar Sheikh y sont inhumés. Le Conquérant voulait s’y faire enterrer. En fait, mort à Otrar, son corps a été inhumé à Samarkand au Gur-I- Mir.  En 1943, la crypte prévue pour recevoir sa dépouille a été découverte à proximité et un caveau en marbre s’y trouve.

Nous utilisons de petits bus électriques pour nous rendre au restaurant créé dans un ancien caravansérail. Au dessert, Marie-Renée  a  eu le droit à un incident « diplomatique »  réglé de main de maître par Féruz et Patrick par quelques tours de passe-passe et un défilé de mode improvisé.

Ak Sarai : le palais blanc réalisé au début de l’époque timouride sous les ordres de Timour fut détruit  par l’émir de Boukhara .le mot « ak » a été traduit par blanc alors que le vrai sens est « noble ».les dégradations sont anciennes et ont des origines diverses ( jalousies,conflits, fragilité du sol..) Il n’a pas été possible de reconstituer les vertigineuses tours d’entrée (65m de h.) ni les intérieurs : murs tapissés d’or et de faïence bleue, plafonds peints, jardins luxuriants…) seuls quelques vestiges sont protégés et  montrés au public à l’extérieur. Une grande statue de Tamerlan semble veiller aujourd’hui sur les lieux.

Tamerlan aurait voulu faire de sa ville natale un lieu prestigieux mais  sa vie très courte et ses soifs de conquêtes ont mis à mal cette ambition.

Au  retour nous sommes un peu surpris par des  troupeaux de petites vaches qui semblent rentrer  sans berger au bercail. D’instinct, elles doivent connaître l’heure et le chemin à suivre.

A notre retour nous visitons l’Observatoire d’Ulugh Beg. Construit en 1420 par ce petit-fils de Tamerlan son successeur, l’observatoire est considéré comme un monument historique. Gouverneur passionné par la science. Il a su s’entourer des plus grands maîtres de l’époque. Mais  il fût assassiné par le peuple qui n’appréciait pas son régime politique et son manque d’assiduité au pouvoir. Sur le site, on peut apercevoir l’emplacement d’un sextant géant d’un rayon de 40m. , laissant imaginer la grandeur de l’édifice qui l’abritait.  Le sextant avait été construit sous terre pour le protéger des tremblements de terre.

Le sextant

Le musée adjacent nous relate l’importance de la science dans la vie de cet homme dont on retient les qualités de bâtisseur et de savant.

Le soir nous dînons dans un superbe restaurant où nous avons le droit à un  concert folklorique suivi d’un duo de jeunes violonistes. Un vrai bon moment très agréable où nous nous sommes invités sur la piste de danse.

Ouzbékistan : Jour 6

Mercredi 14 mai

Nous voici à Samarcande «  la ville bleue »

Cité millénaire et ancienne capitale de l’empire Timouride, elle fut aussi capitale de l’Ouzbékistan de 1924 à 1931, elle est réputée pour la splendeur de ses édifices religieux mausolées et nécropoles.

Le mausolée Gur Emir (ou tombeau du roi)

construit au début du XV è, est une splendeur. Son dôme cannelé, le portail immense, les couleurs bleu et or, les peintures, les matériaux utilisés (onyx, marbre, jade), tout contribue à en faire un chef d’œuvre

d’architecture.

Amir Timour le conquérant, dit Tamerlan, ses deux fils et ses deux petits-fils y sont inhumés. Cependant, les tombes que l’ont voit sont des cénotaphes (monuments funéraires vides) leurs corps se trouvant sans la crypte fermée.

Redoutable chef de guerre, Tamerlan avait aussi un côté raffiné et savait s’entourer d’artistes et d’architectes souvent réquisitionnés dans les pays conquis.

Commencé par Tamerlan, l’édifice fut terminé par son petit-fils Ouloughbek.

La place réghistan

En arrivant face à cette place, nous ne pouvons qu’être admiratifs devant cet ensemble grandiose et harmonieux qui l’est plus encore le soir avec les lumières qui le mettent en valeur. Elle est d’ailleurs une sorte de carte de visite de la ville et même du pays pour attirer touristes et investisseurs .

Les trois medersas, celle d’Ouloughbek, Chir-Dor et Tilla Kari entourent cette place construite à un endroit qui était autrefois une steppe semi-désertique traversée par une rivière. Le mot réghistan signifie « place de sable » en Perse, et était autrefois un lieu d’exécution et de châtiments corporels.

Construites à des époques différents, elles ont accueilli des étudiants, une mosquée , des salles d’études , un caravansérail, puis certaines parties sont tombées en ruine.

Restaurées au XIX et XXè siècles certaines cellules destinées aux étudiants abritent aujourd’hui des commerces.

En quittant la place, nous rencontrons une joyeuse bande d’étudiants qui s’apprêtent à se faire photographier pour clore leur année de droit.

Visite du Musée archéologique d’Afrasyab , ancien nom de Samarcande, autrefois située sur la colline du même nom, au VII siècle avant J.-C., avant la conquête de la région par Gengis Khan. Le musée retrace la vie, les traditions, la culture des habitants de l’époque. Les archéologues qui y ont travaillé ( dont des français) ont rapporté des fresques, des objets de la vie quotidienne, statuettes bijoux, ossuaires …

Il est temps de rentrer prendre le repas, précédé d’un apéritif offert par l’agence de Féruz, car nous devons être à l’heure pour assister à un spectacle au théâtre Merosi.

En 12 épisodes, nous découvrons les traditions et les coutumes à travers les siècles, sous forme de danses à la chorégraphie raffinée interprétées par des acteurs qui nous éblouissent dans leurs costumes multicolores.

Ce fut un enchantement. Nous rentrons à l’hôtel de belles images dans la tête.

Ouzbékistan : Jour 5

Mardi 13 mai

Pour ce dernier jour à Boukhara, nous visitons les coupoles des marchands. Au nombre de quatre, elles ont été construites au XIVème siècle. Le temps où Boukhara (Buxoro à l’époque) hébergeait 40 bazars, outre ses 24 caravansérails et ses bourses d’échanges. Ces coupoles sont reconnaissables à leur portail très haut permettant aux marchands d’y faire entrer leurs chameaux et leurs caravanes. Maintenant les vendeurs de souvenirs ont remplacé les marchands d’autrefois, mais ces marchés sous coupole conservent un parfum particulier. Des étals de produits de coton, des fabricants et des revendeurs de tapis, des fabricants ou vendeurs en tous genres attirent les touristes. Outre les l’effervescence des lieux marchands, on y trouve une  fraîcheur bien agréable due à la qualité de l’architecture. Plus loin nous arrivons au grand Tok-I Sarrafon ancien marché des changes et le marché des chapeliers.

Lyab-I Hauz

Ce lieu de vie s’organise autour d’un bassin bâti en 1620. Il était conçu pour alimenter la ville en eau « potable ». Aujourd’hui c’est un quartier animé et très agréable à toute heure de la journée. Entouré de mûriers pluri centenaires qui offrent un ombrage bienvenu, se dessinent les somptueuses façades de la madrasa et de la khanaka . Le bassin est une commande du grand vizir Nadir Divanbegi ainsi que la mosquée et l’hôtellerie pour les pèlerins. De l’autre côté le khan a inauguré par erreur un caravansérail comme madrasa qui a gardé ce nom. Deux oiseaux mythologiques ornent le portail tenant une colombe dans leurs serres. C’est là que nous avons admiré le spectacle mode-folklore il y a 2 jours.

La madrasa Ulugbeg  située dans le centre historique de Boukhara fut édifiée au XVème  siècle par le souverain  astronome du même nom, petit-fils de Timour (Tamerlan).Elle jouait le rôle d’Université.  Les étudiants  suivaient prioritairement des cours de théologie mais aussi d’astronomie, de mathématiques et de philosophie.

Sur une place, trône une statue de Khoja Nasreddin, saint et bouffon soufi dont les histoires et bons mots continuent d’enchanter le monde islamique. Claude se fera un plaisir, au cours d’un dîner, de nous raconter quelques histoires de son répertoire.

 Au sud de Lyab-I Hauz, nous entrons dans le quartier juif. Les Juifs sont arrivés à Boukhara dès le XIVème siècle. Ils y ont joué un rôle majeur. Autrefois forte de plus de 4 000 personnes, cette communauté a, en grande partie, opté pour le départ en Israël. Une synagogue et un cimetière, symboles de ce passé sont actuellement des lieux préservés.

L’après-midi nous prenons le TGV pour rejoindre Samarkand (250km). Pas de couchette cette fois. Pas beaucoup de grandes variétés de paysages , des steppes, quelques rares troupeaux et… beaucoup de désert !

Alors que nous allons « résider » quatre nuits dans un magnifique hôtel, Féruz est particulièrement heureux de nous présenter « sa ville » et de belle manière : en nous faisant découvrir les illuminations de la place du Registan ! Merci Féruz !

Ouzbékistan : jour 4

Carnet de route 12 mai

C’est une journée bien chaude et bien remplie qui nous attend. Aussi Féruz décide de modifier le programme pour notre confort ! Merci Féruz mais fallait nous  prévenir !!!

Nous commençons la journée par la Nécropole Tchor Bakr,  à l’ouest de Boukhara, construite en 1560. Peu de monde à cette heure, nous pouvons nous installer à l’ombre d’un mûrier. Cette nécropole abrite le tombeau et d’Abou Bark Saad d’Abou-Bakhr Ahmad descendants de Mahomet. L’ensemble est composé d’une mosquée, d’une khanqah et d’une madrasa construites sur le même alignement.  Elles font face à une importante nécropole.

Tchor Bakr était , à l’origine , un lieu de refuge pour les derviches qui soutenaient les Khans. Les quatre Bakr étaient les descendants du Prophète y sont enterrés. La secte des derviches s’est installée autour des tombes plus anciennes. Au centre on y trouve des dakhmas et des pierres tombales. Sont réalisés sous formes de portails autour d’arcades tandis que les façades latérales sont formées de loggias. Le lieu était appelé la cité des morts.

Féruz profite de cet environnement pour nous faire connaître les rites propres aux sépultures dans la religion islamique : les musulmans sont  enterrés enveloppé dans un linceul blanc. Le visage du défunt doit être tourné vers la Mecque.  On a ressenti beaucoup de respect  pour cette tradition.

Pour le déjeuner nous dégustons un plov, agrémenté du thé habituel et…pourquoi pas d’une bière ou d’un petit verre de vin blanc local ! Le tout sur une terrasse face à un joli jardin avec de magnifiques rosiers et un grand espace potager sans oublier la plantation de mûriers. Car après le déjeuner, nous sommes invités à visiter un atelier de transformation de l’écorce de mûrier en papier de soie. Ce papier étant destiné à la réalisation de magnifiques « miniatures »

L’après-midi, nous visitons le Palais d’été des Emirs. Cet ensemble construit en 1911, dans un grand parc très agréable, comprend plusieurs bâtiments.  Une cour intérieure donne sur les salons de réception reconvertis en musées des Arts appliqués, du Costume national et de la Couture : de magnifiques costumes en tissu très riches, des bijoux, des accessoires.

On y trouve également des porcelaines chinoises et japonaises. Dans un des salons nous est fait la démonstration de « l’emballage du bébé » coutume qui nous semble un peu « barbare » mais qui perdure encore. Le dernier bâtiment  se reflète dans l’eau du bassin et à droite se trouve le Harem. Le tout  est construit en style européen avec des rappels de l’architecture persane.

Toch Minor est une madrasa dont les quatre petits minarets symbolisent les 4 points cardinaux. Sa construction a été initiée par un riche marchand turkmène (1807). Chacune de ces tours n’a jamais rempli son rôle de minaret. Selon une opinion répandue la décoration des tours représentait la conception philosophique des 4 religions du monde.

Nous passons également dans les bazars de Boukhara qui abritaient autrefois 24 caravansérails et qui, aujourd’hui sont remplacés par des vendeurs créateurs ou non mais toujours typiques et attrayants.

Le soir à l’hôtel un concert de musique classique donné par un petit orchestre : un moment très agréable. Et c’est en fin de soirée que Georges apprend la bonne nouvelle : sa valise est retrouvée et l’attend à Boukhara. Ouf !!! on part demain !

Ouzbékistan : Jour 3

Dimanche 11 mai : Boukhara,

Après un solide petit-déjeuner, les « aventurières et aventuriers » de l’Arecmo, ont pris le bus pour découvrir la ville de Boukhara.

Son ancien nom est Buxoro qui signifie : Beau visage de Dieu.

Fondée au IV ème ou V ème siècle avant J.-C., elle a été, au cours de son histoire, la ville des savants puis la ville des marchands, car idéalement située sur la route de la soie.

La ville regorge de beaux monuments malgré les bombardements de 1917 par les soviets qui en ont détruit beaucoup.

Nous avons donc pu visiter le parc et jardin botanique Ismaël Simani :

Au centre, se dresse le mausolée d’Ismaël Simani.Ce cube parfait, plus que millénaire évoque la stabilité, la coupole représente le soleil.

Autre mausolée, la source de Job ou Ayyub.La légende attribue à Job, la découverte d’une source d’eau potable .Cette eau est également réputée soigner les maladies de peau.

Dans la ville, des canaux d’irrigation amenaient de l’eau jusqu’à des bassins faisant office de réservoir où l’on ne pouvait pas se baigner, ils étaient d’ailleurs surveillés par des gendarmes. Sur 49 réservoirs à l’origine, il n’en reste que 5.

Le métier de porteur d’eau a perduré jusqu’en 1960.

Les hammams publics, à peu près au nombre de 20, étaient interdits aux personnes malades ainsi que pour les toilettes mortuaires.

La mosquée Bolo Khaouz connue pour ses 20 colonnes en bois terminées par des mugarnas (motifs en relief) soutenant son iwan (avancée avec son plafond à caissons) était une mosquée-madrassa. Sa construction date de 1712 mais la terrasse fut rajoutée au XIXème siècle. Sa grande salle pouvait accueillir 450 pèlerins.

La citadelle des émirs :

elle était habitée par les élites. Devant l’entrée principale, la grande place ou régistan, a autrefois hébergé un hôpital puis un marché, elle était aussi le lieu d’exécution des condamnés. Nous visitons une mosquée aux différentes calligraphies avec des décorations en stalactites puis nous arrivons dans la salle du couronnement.

Féruz, installé sur le trône, se prend pour un émir et nous fait des tas de promesses alléchantes mais c’est sans compter sur un dissident épris de pouvoir du nom de Jean-Michel qui lui ravit sa place avant d’être lui même pris à partie par des locaux….Décidément la stabilité politique est difficile à maintenir !

Après un déjeuner au restaurant,nous visitons le complexe architectural Po i Kalon.L’ensemble comprend la mosquée du vendredi (ou grande mosquée),la Médersa Mir-i-Arab et sa bibliothèque et le grand minaret (presque 47m) richement décoré, et magnifiquement mis en valeur par les éclairages en soirée.

En fin de journée une surprise nous attend : nous nous rendons dans une medersa pour assister à une soirée mêlant folklore et modernité. Musique, danses et défilé de mode nous sont tour à tour présentés et nous en sommes ravis.

Après le dîner où nous dégustons d’excellentes ravioles en musique, qui clôt cette journée,nous rentrons à l’hôtel enchantés.

Ouzbékistan : jour 2

Samedi 10 mai

Le lendemain, nous prenons la route pour « Toprak Kala », site archéologique sur les collines du Kyzyl Koum. Cette forteresse en ruine,  appelée « citadelle d’argile » date du 1er siècle avant JC. Elle se fait souvent attaquer par les Huns qui, pour obtenir la victoire n’ont pas hésité à détruire toutes les canalisations d’irrigation. Elle était tombée dans l’oubli avant d’être remise en valeur après la seconde guerre mondiale. Les ruines sont impressionnantes face au désert implacable. La flore est rare… juste un petit serpent pas impressionné par notre présence semble être la seule faune locale !

Nous reprenons la route vers « Ayak Kala », « la forteresse du vent », construite au sommet d’une autre colline au 4ème siècle avant JC. Ses trois citadelles sont perchées sur des hauteurs différentes. Elles offrent une vue admirable sur le désert environnant. Elles ont conservé une bonne partie de leurs murailles et quelques travaux de consolidation permettent de rester optimiste sur leur pérennité. Au pied de l’une d’entre elles, on retrouve  les vestiges d’un immense palais où des armes ont été retrouvées et même les traces d’un minaret.

Le déjeuner est pris dans une yourte près d’un grand lac  d’Ayaz voué à la plaisance.

Puis nous rentrons à Khiva et nous nous dirigeons vers la gare où nous prenons le train pour Boukhara pour un voyage de 5 heures environ. Dans des wagons couchettes, nous prenons le temps d’une pause, d’échanger ou de jouer aux cartes sérieusement ou prendre un cours de belote avec Marcelle et Irène… Le panier repas nous est donné au départ car nous arrivons sur place vers 23 heures. Le temps a passé très vite et c’est à Boukhara que nous découvrons notre nouvel hôtel qui nous hébergera pendant 3 nuits.

Sur la route, Feruz, notre guide, nous donne des renseignements sur la vie familiale en Ouzbékistan : L’homme est le « maître »  de la maison durant sa vie professionnelle. Il tutoie sa femme, sa femme le vouvoie et devient le « chef » de la famille à partir de la retraite de son mari. Les enfants vouvoient leurs parents et sont très respectueux envers eux et tous leurs proches.

 Les Ouzbèkes sont très attachés aux bonnes mœurs.

Chaque quartier a son organisation : bibliothèque, mosquée, salle de concert, et si possible un cimetière entre 2 ou 3 quartiers.

 L’âge de la retraite pour une femme est 55 ans et 60 ans pour l’homme.

A ce jour, l’espérance de vie d’une femme est  73,4 ans et celle de l’homme 71 ans.

Avant le mariage, les jeunes ne peuvent pas vivre ensemble. Le pacs n’existe pas.

 Le divorce se négocie après plusieurs rencontres avec les responsables du quartier pour être effectif.

Les jeunes peuvent se choisir mais à la campagne les proches cherchent dans le quartier. Pour ceux qui font des études à l’étranger et qui ont rencontré la personne qui leur convient, il est possible de se marier avec l’élu(e) de son coeur (6%). 

La jeune mariée va vivre chez et avec ses beaux parents.

Il y a 16 % de chômage et beaucoup vont travailler à l’étranger (Russie …)

Ouzbékistan, jour 1

Premier jour : 9 mai 2025

Nous débarquons à l’aéroport d’Ourguentch après quelques 20 heures de voyage : bus, avion, escale, avion et enfin atterrissage à Ourguentch et 3 heures de décalage horaire. Le dépaysement est total : 30° sans ombre. Féruz notre guide est déjà là et prend les choses en main. Nous le reconnaîtrons facilement avec sa calotte authentique (sic !) la doppa et son drapeau ouzbèke. « Salam Aleikoum » :c’est et ce sera notre salutation quotidienne auquel nous répondons par « Aleikoum salam ».

 Nous ne sommes pas dans les meilleures conditions d’écoute mais peu importe : en route vers Khiva… sans la valise de Georges !

Nous sommes le 9 mai date de célébration de la mémoire et du souvenir de 1948 sur toute l’Asie centrale.  L’Ouzbékistan est indépendant depuis le 1er septembre 1991. C’est une démocratie marquée par les traditions ouzbèkes. Après avoir subi le despotisme russe depuis 1917 et après 70 années sous l’occupation bolchévique, la libération est venue du démantèlement du bloc russe. La constitution et  le drapeau ont été approuvés le 18 novembre 1991. Le  pays est un état laïc. La religion pratiquée est un islam modéré où les coutumes priment sur les dogmes.

Khiva était, pour la route de la soie, une étape caravanière importante à l’ouest, un point de départ vers le nord et le sud-ouest. A peine le temps de se changer, une toilette de chat, et nous voici parés pour une première visite. La vieille  ville de Khiva. Sa légende attribue sa fondation  à Sem le fils de Noé qui y aurait trouvé une source. Itchan Kala, la vieille ville, est une forteresse avec  des remparts  du XVIIIème siècle d’une longueur de 2200m ouverts par quatre portes monumentales. Les remparts ont une épaisseur de 5 à 6 m et une hauteur de 8 à 10m et permettaient de se protéger des pillards. Le soleil de plomb  nous assomme littéralement et nous nous regroupons sous  le moindre recoin d’ombre pour mieux capter les commentaires  de Féruz. S’ouvre à nous une succession de monuments dignes de décors de cinéma, un vrai musée à ciel ouvert. Tout est très propre : une armée de « balayeuses » entretient les espaces publics.  

 La citadelle Kounya Ark date du VIIème siècle était l’ancienne résidence des Khans (rois de l’époque). Ce complexe merveilleux par son décor de faïence bleu glacier comprend une mosquée d’été, un harem et une salle de trône. Nous retiendrons aussi de Khiva son minaret inachevé  Kalta Minor construit en 1851 qui « culmine » seulement  à 29 m au lieu des 70 m prévus et  qui est magnifique couvert de carreaux de majolique . Le mausolée de Pakhlavan Makhmoud où est inhumé le poète lutteur saint patron de la ville décédé en 1325. C’est un lieu vénéré et de nobles souverains y sont aussi enterrés. Se dresse à 45 m, Le minaret Islam Khoja et la madrasa  qui comprenait 42 cellules actuellement transformée en musée. Le  minaret  bleu et blanc, est le lieu d’appel à la prière 5 fois par jour mais aussi un poste d’observation idéal pour prévenir les attaques et  un point de repère : d’où l’importance de sa hauteur. Le palais Tach Khovli le «  palais de pierre »qui abritait le harem  avec  5 iwans : 4 pour les épouses légitimes et le 5ème pour le Khan. Les carreaux de faïence, les plafonds peints et  plus de 200 pièces concentrées sur 3 cours forment un ensemble somptueux avec une avant-cour entourée de bâtiments à coupoles. La madrasa Rakhim Khan, la plus grande de Khiva. Elle comportait 125 cellules accueillant 260 étudiants.  Elle disposait  de salles d’études et d’une bibliothèque jadis la plus grande école coranique. Nous déambulons dans le site historique. A chaque détour se dessinent un minaret, des coupoles bleutées mais aussi des patios avec de magnifiques parterres des fleurs. Nous sommes étonnés des rencontres fortuites avec notamment la jeunesse qui se prête volontiers et même sollicite une photo, nous salue et toujours avec le sourire. Des sourires qui illumineront nos albums.

L a mosquée Djouma n’attire pas le regard au passage mais surprend lorsqu’on y pénètre par une imposante porte à double battants et qu’on y découvre une forêt de colonnes de213 piliers de  bois sculptés  qui semblent raconter chacun une histoire.

C’est largement suffisant pour aujourd’hui. Cette perle du désert nous envoûte littéralement  et c’est un autre monde que nous découvrons magique et un hors du temps.

 C’est face au minaret Islam Khodja que nous dînons et nous profitons des lumières de la ville pour regagner l’hôtel. Quelques uns ont profité des bienfaits de la piscine extérieure …mais une bonne nuit s’avère nécessaire pour tous !

Norvège, par Marie-Jo Le Goff

  VOYAGE  en NORVEGE du 14 au 22 juin 2024

En cette fin de printemps, 36 Arecmistes, nostalgiques des sorties scolaires d’antan et en quête de dépaysement total ont opté pour une échappée belle au pays des Vikings et des Trolls … Top départ  pour le Grand Tour des Fjords de Norvège, joyau de la nature !

Vendredi 14 : voyage en car vers l’aéroport ROISSY CdG et embarquement sur un vol Air France pour OSLO-Gardermoen où nous sommes accueillis par Ludivine, guide française, qui nous accompagnera tout au long du séjour et nous fera découvrir les plus beaux sites de la Norvège. Arrivée tardive à l’hôtel, mais première nuit scandinave reposante : ici, chacun sa couette, on ne la partage pas !

Samedi 15 : Départ de l’hôtel où Daniel, Norvégien des Iles LOFOTEN, nous attend sur le parking près d’un car flambant neuf.  Chauffeur expérimenté, il nous promènera sur les  routes  tortueuses du pays et fera défiler les kilomètres. Première destination : OSLO, ville entourée de collines et située au fond d’un fjord qui s’étend sur plus de 100 kilomètres et est parsemé d’îles intérieures. OSLO compte 700 000 habitants et c’est l’une des villes les plus étalées du monde. Le nombre de voitures électriques y est important : faire de cette capitale une ville écologique et durable est une ambition, des tunnels sont construits pour éviter les routes et des péages sont à franchir pour y accéder en voiture.

La première étape est le Parc Frogner, 2ème plus grand parc du pays, appelé aussi Parc Vigeland, un lieu incontournable.

Dans ce parc, terminé en 1949, sont exposées 214 sculptures en granit, bronze et fer forgé, œuvres de Gustav VIGELAND. Mireille, guide locale, nous décrit ces statues qui symbolisent le cycle de la vie. Les sculptures grandeur nature représentent des hommes, femmes et enfants nus dans toutes les poses. « La fontaine en bronze », ornée de 60 reliefs individuels, la « Roue de la vie », et le monolithe, un seul bloc de 14 mètres, composé de 121 figures humaines, sont impressionnants. Mais, la statue la plus célèbre et la star incontestée du parc est  « L’enfant en colère ».

La visite se poursuit en car et à pied. Autrefois appelée «Christiana», la ville est devenue OSLO, le 1er janvier 1925. Nous passons devant le Palais Royal, l’Institut Nobel, la Place du 7 juin 1905, l’Université, le Théâtre National, le musée d’Histoire, etc …  Cette partie ouest d’OSLO est la plus riche. Nous continuons vers le quartier le plus ancien : ici, les rues sont parallèles et perpendiculaires. Nos regards sont attirés par la forteresse (fin du XIII), le château d’OSLO, l’Hôtel de Ville, le port et ses énormes ferries, le musée MUNCH où est exposé le célèbre tableau : « Le Cri », la Bibliothèque et l’Opéra. Ce nouveau quartier, dénommé Bjorvika, autrefois habité par les classes inférieures, a beaucoup évolué et abrite désormais de nombreuses galeries d’art, des centres culturels, etc …

Après le déjeuner dans un restaurant au cœur d’Oslo, une courte halte a lieu devant le Palais Royal où se tient la relève de la garde. C’est la résidence du roi actuel Harald V et de son épouse, la reine Sonja. Le premier roi était originaire du Danemark ; la Norvège est devenue indépendante le 7 juin 1905 et la Fête nationale se célèbre le 17 mai : date de la signature de la constitution …

C’est un pays étroit aux reliefs pentus qui s’étire sur 2 500 kilomètres et possède de nombreuses îles ; la Norvège est toute entière tournée vers la mer : une très grande richesse (marine, pêche, cabotage). Plus de 50 % du pays sont des forêts et des montagnes : le ski de fond est ici un sport très populaire. La population est de 5,7 millions d’habitants et les Norvégiens parlent trois langues nationales et l’anglais ; beaucoup sont des protestants rigoristes. Ce pays ne fait pas partie de l’Union Européenne.

La visite d’OSLO doit s’arrêter là  … nous partons vers le Nord : direction Drammen et Kongsberg et la région du Telemark, berceau du ski. Un détour s’impose pour admirer la magnifique église du XIII è siècle, « en bois debout » de HEDDAL, la plus grande de Norvège ; seulement une vingtaine de ces églises ont été sauvegardées : le clocher était séparé et les intérieurs étaient souvent très sobres : ni bancs ni statues  … L’intérêt des Vikings pour la construction des bateaux et des habitations, a contribué à développer l’architecture en bois et avec la construction de ces églises, le travail du bois a  atteint son apogée.

Tout au long du trajet, nous apercevons de nombreuses fermes ; les bâtiments : grenier, garage, grange, étable sont de couleur rouge, mais la maison d’habitation est peinte en blanc. Si une petite lumière extérieure est allumée, les habitants sont chez eux et sont disposés à recevoir de la visite. Les dépenses d’électricité sont très importantes, mais le prix payé par  les Norvégiens est peu élevé du fait des barrages ou centrales hydro-électriques.

Le parcours se poursuit vers l’Hôtel Straand VRÄDAL, vieil hôtel typique et chaleureux  au charme norvégien d’autrefois, où le bois règne en maître : pins sylvestres et bouleaux sont utilisés pour les constructions et le mobilier. L’établissement regorge de meubles en bois et objets anciens. Dîner et logement dans cette région de ski, aussi appelée région des lupins bleus.    

Dimanche 16 : au programme de la journée, la descente de la « Route Lysevegen » et ses 27 virages en épingles à cheveux, inaugurée en 1984. Les paysages rocailleux et granitiques sont magnifiques : nombreuses cascades, lacs, forêts, rocaille, gouffres vertigineux. On aperçoit aussi de nombreux troupeaux de moutons, des biquettes en train de tondre les toitures végétalisées et … quelle belle surprise : un élan avec son bébé de quelques jours !  

Panier-repas en cours de route, en pleine nature, assis sur des pierres, avant de profiter d’une croisière sur le Lysefjord, célèbre pour sa falaise culminant à plus de 604 mètres et surtout le rocher du Kjerag,  coincé dans une fissure entre deux pans de montagne. Nous sommes gâtés par le temps, mais la randonnée sera pour une prochaine fois, car le trajet doit se poursuivre vers STAVANGER, la 4ème ville de Norvège, appelée « ville de la sardine ». C’est l’une des capitales européennes de la culture, mais désormais c’est surtout la capitale du pétrole et de l’énergie.

Depuis les années 60, les Norvégiens ont commencé à investir dans le pétrole et à s’enrichir. Ils vivent très bien : le salaire moyen mensuel est de 4 000 € pour environ 36 h par semaine, voire moins. Beaucoup possèdent une résidence secondaire, type chalet dans la montagne : « petit cocon avec bougies, plaids colorés » : ils y passent de nombreux week-ends.

Découverte pédestre de STAVANGER et principalement de la vieille ville, composée de plus d’une centaine de maisons en bois. Diner et logement à l’hôtel Clarion Energy.  

Lundi 17 : Départ de STAVANGER par le tunnel sous le fjord. Trajet de 25 minutes  en car et ferry de Mortavika à Arsvägen ; en longeant le fjord, les vues sont magnifiques et des ressemblances avec les paysages islandais ou irlandais sont frappantes … Passage devant les chutes de Lätefoss et les deux cascades, puis traversée du Verger de la Norvège : cerisiers, pommiers, poiriers ne sont pas encore fleuris. Dans cette région du Hardangerfjord, la route est touristique : beaucoup de petits villages sont adossés au flanc de la montagne, sur les sommets encore un peu de neige. Les cascades font partie du décor et déjà ne nous surprennent plus : ce lundi sera la journée des cascades et fjords !

A Norheimsund, petit village aux maisons blanches, nous marchons jusqu’à la célèbre cascade de Steinsdalsfossen, d’une hauteur de 50 m, derrière laquelle il est possible de passer et de se faire photographier… avec quelques éclaboussures en sus. Sur la route en travaux pour cause d’éboulements, nous passons devant plusieurs fermes à saumon où les poissons évoluent dans des bassins en pleine mer.  La région est riche en traditions culturelles et Ludivine nous raconte des histoires sur la vie, les coutumes et spécialités de la région : le violon Hardanger, la broderie et le bunad (costume traditionnel, LA tenue des grandes occasions). Sur le Hardangerfjord, 2ème plus long fjord du pays a été construit le plus grand pont suspendu de Norvège sous lequel peut passer le Queen Mary. 

 Nous poursuivons vers la 2nde ville de Norvège : BERGEN, dénommée « la Capitale des Fjords» et réputée être la ville de la pluie : 250 à 260 jours pluvieux par an, mais « en Norvège, il n’y a pas de mauvais temps, seulement des gens qui portent de mauvais vêtements ! » dit la légende. A bon entendeur, salut ! Diner et logement à l’hôtel Thon Bergen Airport, en centre ville.

Mardi 18 : Top départ pour la visite de BERGEN commentée par Romain, guide français, résidant dans cette belle cité … BERGEN a été fondée en 1070 par le Roi OLAF qui avait une ambition commerciale, la Norvège s’est donc rapidement ouverte aux influences extérieures. A l’origine, un petit port, la ville a vite englobé toute la baie sur 30 à 40 km. Comme Rome, elle est entourée de montagnes : Ulriken est la plus haute, mais le mont Fløyen est la montagne préférée des Bergenois. Dans le port, de nombreux bateaux de croisière et des navires travaillant pour l’industrie du pétrole témoignent de l’activité.

BERGEN est une ville de 300 000 habitants qui a été ravagée par 36 incendies importants : les maisons étaient en bois, il a donc fallu reconstruire même sur les remblais. Désormais, c’est une mosaïque de quartiers : le quai est le seul endroit de Norvège aux rangées de maisons continues ; le plus beau quartier est le vieux centre, Bryggen. La ville compte de nombreux bâtiments historiques dont la forteresse du XIIe siècle, la Tour Rosenkrantz, l’aquarium de BERGEN : le plus grand de Norvège, le Théâtre, l’université de BERGEN … Le nouveau port, la salle de concert, l’église St Paul, la cathédrale  font de cette ville un lieu incontournable pour les touristes.

L’histoire de BERGEN est également liée à celle de la ligue hanséatique. Au XII siècle, le port est devenu un centre important de commerce prospère qui reliait la Norvège au reste de l’Europe : les marchands sont venus prendre le contrôle du marché de poissons et cet endroit est devenu l’un des points de transit des marchandises. Des Allemands fondent un comptoir hanséatique à BRYGGEN : dans ce quartier en bois,  interdit aux femmes, ne vivaient que des hommes célibataires. Ils y arrivaient comme apprenti à l’âge de 13 ou 14 ans et y restaient plus de 40 ans. Désormais, ces bâtiments bien conservés sont la propriété d’une association qui loue des espaces commerciaux. Ce quartier, tout en bois, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et cette visite, un retour dans l’Histoire, fut passionnante.

Déjeuner en ville. Puis, dans l’après-midi : excursion en funiculaire au Mont Fløyen d’où une vue splendide de BERGEN et de toute la baie s’offre à nous ; descente à pied, chacun à son rythme et flânerie dans la ville avec une attraction touristique à ne pas manquer : le gigantesque «Fish Market» ou marché aux poissons avec sur les étals toutes sortes de poissons, de coquillages, de crustacés … Saumon, truite, baleine, grosses langoustines, crabes … peuvent se déguster sur place. Dîner et logement à l’Hôtel Thon Bergen Airport.

Mercredi 19 : Aujourd’hui sera la journée « tunnels » : environ 43 ! De BERGEN nous partons pour une traversée en ferry du Sognefjord d’Oppedal à Lavik, puis direction de Skei tout en admirant les splendides paysages du Sogh Og Fjordane et écoutant les histoires sur les « Samis»,  jadis dénommés péjorativement « Lapons » (pauvres, haillons). La littérature regorge de romans et d’histoires extraordinaires sur ce peuple nomade. Les Samis qui élèvent des rennes et vivent au rythme de leurs animaux, sont devenus sédentaires et ont désormais le droit de transhumer.

Après un arrêt-déjeuner dans un hôtel exploité depuis des générations par la même famille et où le vieil hôtelier était surnommé « la Momie », le car nous conduit vers le parc national de Jostedalsbreen, où se trouve le glacier le plus grand d’Europe continentale. Les plus sportifs se réjouissent de cette marche de 2,5 km qui les conduit au pied de l’un des bras du glacier de BRIKSDAL de 478 km2 et qui se ramifie en une cinquantaine de branches. A ceux qui appréhendent la marche, une montée en voiturette est proposée. Ce glacier descend par la vallée jusque dans un lac glaciaire : plus la glace est bleue, plus elle est chargée en oxygène. On ne peut que constater les effets du réchauffement climatique devant ce spectacle. Diner et logement à l’Hôtel Havila Raftevold.  

Jeudi 20 : Le tour des fjords se poursuit vers le Geirangerfjord, l’un des plus beaux du pays. Mais, l’impact négatif du tourisme de masse est à craindre car ici de gigantesques paquebots de croisière pouvant accueillir jusqu’à 200 personnes génèrent beaucoup de pollution. Geiranger est un endroit paradisiaque choisi par le Roi Harald et la Reine Sonja pour leurs noces d’argent et c’est ici aussi qu’en août, sera célébré, le mariage de la princesse Martha Louise et de Durek VERRETT, le médiatique shaman. C’est dans ce lieu paradisiaque que nous aurons le privilège de déjeuner et d’apprécier le luxe de l’Hôtel Union.
        Ici, encore, nous croisons de drôles de voitures bruyantes couvertes de tags et des vans décorés par de jeunes gens qui célèbrent le « russefeiring » : dernière année de lycée, avant de passer leurs examens de fin d’études. La célébration du « russ » qui dure un mois, fait partie de la culture norvégienne et surprend. Nous les laisserons faire la fête et poursuivrons vers le fjord.             

Une croisière sur le Geirangerangerfjord, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, nous offrira un spectacle féérique : les célèbres et impressionnantes cascades dénommées «les Sept Sœurs», «le Prétendant», «le Voile de la mariée» descendent des parois en ligne droite et déferlent dans le fjord en tourbillons … Clap de fin ! Le  spectacle s’achève et route vers ALESUND où nous passerons la nuit.  

Vendredi 21 : ALESUND, ville détruite par un incendie en 1904 a été reconstruite dans le style «Art nouveau» … Une balade matinale dans le port nous permet d’apprécier l’architecture de cette « petite ville bijou », ses ruelles, son port et les vieux bateaux. Un véritable décor de conte de fée nordique !  Après tous ces kilomètres en car, quoi de mieux qu’une ascension vers le Mont Aksla et gravir les 418 marches et paliers qui mènent au belvédère pour profiter du magnifique panorama et de la vue incroyable sur la ville et le port … Randonnée facile et vivifiante … D’ici, nous apercevons la Tour de la Saint-Jean, tour de 40 mètres construite en palettes en bois qui sera brulée lors de la nuit la plus courte entre le 21 et 24 juin. Nous assistons au départ de notre car qui, avec les non-marcheurs du groupe, vient nous chercher au promontoire pour la suite du périple.  

Le trajet continue vers la célèbre Route des Trolls, mais en raison de travaux suite à des éboulements, elle est fermée jusqu’en décembre 2024, c’est dommage ! Après le déjeuner à l’Hôtel des Trolls, nous traversons la vallée de Romsdal où coule la Rauma, rivière à saumon bien connue des Norvégiens. Puis, Ludivine improvise un détour vers une île où est bâtie une église entourée de murets en pierres calées. Une marche en front de mer et la montée au sommet du phare en bois nous ravigotent. Le car bifurque ensuite vers la vallée du Gudbrandsdalen : la route est non goudronnée et bordée de tourbières, les paysages de toundra sont sauvages. C’est le début du week-end : les Norvégiens sont dans leurs chalets en pleine nature. Nous continuons le périple vers HAFJELL où nous passerons la nuit à l’Hôtel Scandic.        

Samedi 22 : Départ pour LILLEHAMMER, station célèbre des Jeux olympiques d’hiver de 1994. La journée débute par une visite de la ville avec un guide local qui nous replonge dans l’histoire et celle des «birkebiners»… Sur l’une des places de la ville, nous profitons d’un concert par la fanfare de LILLEHAMMER avant de découvrir le site olympique de 1994 et les deux tremplins de saut à ski de Lysgards. Pour se dégourdir les jambes et profiter du panorama, pourquoi ne pas gravir les 936 marches sur le côté du plus haut tremplin ?  De là-haut, la vue est époustouflante et surtout vertigineuse. Après le déjeuner, nous avons le plaisir de voir quelques «fondeurs » descendre du haut du haut du tremplin pour décoller et aller le plus loin possible avant de finir leur course sur la pelouse et recommencer. Nous sommes au paradis des fondeurs et des mangeurs de myrtilles.

L’après-midi sera consacré à la visite de l’éco-musée de Maihaugen : un village reconstitué qui regroupe plus de 150 maisons du XVIII et XIX siècles de la vallée du Gudbrandsdalen. La tradition perdure : un mariage est célébré dans l’église en bois debout … La visite débute par un film chronologique puis nous flânons dans le village : accueil à la ferme, dans l’habitation principale, puis à l’école où le maître est présent, à l’église, au bureau de poste et dans les échoppes traditionnelles de l’époque.  Après cette plongée dans le passé norvégien, le moment est venu de repartir vers le Sud et OSLO : notre parcours initiatique se termine. Notre dernière nuit se passera à l’Hôtel Qality Airport de Gardermoer : la boucle se referme.       

Dimanche 23 : Départ très matinal d’OSLO et vol direction ROISSY CdG avec une surprise à l’arrivée : une valise fugueuse a décidé de « se faire la malle » et de prolonger le séjour norvégien à l’insu de son propriétaire ! … Retour vers la Bretagne et ARRADON, sans ce bagage espiègle qui arrivera à bon port un peu plus tard.

Avant de terminer le récit de ces quelques jours idylliques au pays des Trolls et du Grand Tour des Fjords, puisque la période des J.O s’y prête : LILLEHAMMER 94 et PARIS 2024, il nous faut faire monter nos champions sur les plus hautes marches du podium et distribuer des médailles. Nos lauréats sont :

– Ludivine à qui nous décernons la médaille d’Or de la meilleure guide, passionnée et passionnante, ses performances étaient bien au-delà de nos attentes. Bravo à toi et mille mercis. Tu nous as fait découvrir un pays magnifique et donné l’envie d’y revenir pour de nouvelles aventures captivantes.    

– Daniel qui obtient la médaille d’Or du chauffeur le plus performant ; il nous a promenés sur les routes en lacets et aux virages en épingles à cheveux, le long des fjords, près des ravins, dans les montagnes : un «sans faute» pour ce périple de 2 128 kilomètres. En toute confiance, nous avons pu contempler les plus beaux sites du pays et parfois sombrer dans les bras de Morphée (enfin, certains !). Tous nos remerciements et félicitations pour cette grande maîtrise du volant.        

 Merci aussi à Patrick et aux G.O de l’ARECMO qui ont concocté ce voyage : les hôtels étaient bien situés et très confortables, les buffets et repas copieux, d’une grande qualité (surtout le saumon) et le circuit nous a permis de découvrir une très grande variété de paysages magnifiques et des sites splendides qui diffèrent de ceux de notre péninsule bretonne qui néanmoins restera un joyau.